Isère : le boulanger de Domarin toujours menacé d’amende malgré la promesse de Lecornu

Quatre semaines après le 1er mai, l'inspection du travail n'a pas classé le dossier d'Éric Amieux, patron du Pétrin Dauphinois.

Isère : le boulanger de Domarin toujours menacé d'amende malgré la promesse de Lecornu
Illustration Julien Moreau / info.fr

Éric Amieux, boulanger à Domarin, a été contrôlé le 1er mai 2026 pour avoir fait travailler sept salariés volontaires. Sébastien Lecornu lui avait promis par téléphone qu'aucune sanction ne serait appliquée. Fin mai, l'amende de plus de 5 000 € n'est toujours pas officiellement abandonnée.

L’essentiel

  • 7 salariés : c’est le nombre d’employés volontaires (vendeuses, boulangers, pâtissiers) qui travaillaient au Pétrin Dauphinois le 1er mai 2026, lors du contrôle de l’inspection du travail.
  • 5 000 € : montant théorique de l’amende encourue, soit jusqu’à 750 € par salarié pour travail illégal le jour férié.
  • Promesse de Lecornu : le Premier ministre a appelé Éric Amieux le jour même pour garantir l’annulation de toute sanction - promesse non suivie d’effet fin mai, selon ICI Isère.
  • 29 mai 2026 : date de la dernière mise à jour du dossier publiée par ICI Isère, révélant que l’inspection du travail réclame encore des documents complémentaires.

Un contrôle dès 8h15 le matin du 1er mai

Ce matin-là, deux inspecteurs du travail se présentent au Pétrin Dauphinois, à Domarin, commune de l’agglomération de Bourgoin-Jallieu. Il est entre 8h15 et 8h30. Éric Amieux a ouvert sa boulangerie et sept de ses salariés - vendeuses, boulangers, pâtissiers - sont à leur poste, tous volontaires selon le gérant.

Le 1er mai est le seul jour férié légalement chômé et payé en France pour tous les salariés, sauf dérogations sectorielles strictes. Les boulangers peuvent ouvrir mais le travail de leurs employés ce jour-là doit respecter des conditions précises : double rémunération et, dans certains cas, un jour de repos compensateur. C’est précisément sur ces points que l’inspection du travail a demandé des justificatifs, selon ICI Isère.

Éric Amieux indique qu’il avait informé les inspecteurs de son soutien par le Premier ministre. Cela n’a pas suffi à stopper la procédure.

L’appel de Lecornu : une promesse verbale restée sans effet administratif

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Dans la journée du 1er mai, Sébastien Lecornu a appelé directement la boulangerie. D’après ICI Isère et Le Dauphiné Libéré, le Premier ministre a exprimé son soutien à Éric Amieux et lui a assuré que toute sanction serait annulée si elle intervenait. L’appel a rapidement circulé dans les médias, transformant le cas d’un artisan isérois en symbole d’un débat plus large sur le travail le 1er mai.

Mais une promesse politique ne vaut pas décision administrative. L’inspection du travail - qui dépend du ministère du Travail et non de Matignon directement - a poursuivi l’instruction du dossier. Fin mai, le boulanger attendait toujours une réponse formelle, selon le reportage d’ICI Isère publié le 29 mai 2026.

Des documents réclamés, pas d’abandon officiel

L’inspection du travail a adressé à Éric Amieux une demande de pièces complémentaires : preuves du doublement de la rémunération des salariés présents le 1er mai, justificatifs d’un éventuel jour de repos compensateur. La procédure est en cours d’instruction, ce qui signifie que la sanction n’est ni confirmée ni abandonnée à ce stade.

Le boulanger, lui, dit ne pas regretter sa décision. Il a indiqué, toujours selon ICI Isère, qu’il contacterait Matignon si la situation ne se débloquait pas. Les services du Premier ministre n’ont pas fait de déclaration publique complémentaire sur ce dossier depuis le 1er mai.

Contexte dans l’Isère

L’Isère compte environ 1 270 000 habitants et une économie artisanale dense, notamment dans le nord du département autour de Bourgoin-Jallieu, qui concentre de nombreuses PME et commerces de proximité. Le secteur boulangerie-pâtisserie emploie plusieurs milliers de personnes dans le département. La question du travail le 1er mai y est régulièrement soulevée par les professionnels de l’alimentation, qui arguent de la continuité du service à la population.

L’affaire Amieux intervient dans un contexte local où les sujets de droit du travail et de sanctions administratives animent régulièrement le débat public - à l’image, dans un autre registre, des rappels à la loi sur les infractions estivales dans d’autres départements. À Grenoble, la justice a par ailleurs rendu récemment une décision qui a suscité un large débat sur l’application des sanctions pénales.

L’affaire du Pétrin Dauphinois dépasse le seul territoire isérois : elle soulève la question de l’articulation entre décision politique et procédure administrative indépendante, un sujet que plusieurs organisations syndicales et patronales ont commenté au niveau national depuis le 1er mai.

Ce que dit la loi sur le 1er mai en boulangerie

Le Code du travail interdit en principe d’employer des salariés le 1er mai. Toutefois, des dérogations existent pour les établissements dont l’activité est indispensable à la population - dont les boulangeries. Dans ce cas, les salariés qui travaillent doivent recevoir, en plus de leur salaire habituel, une indemnité égale à ce salaire (soit le double au total). Le non-respect de cette obligation expose l’employeur à une amende pouvant atteindre 750 € par salarié concerné, soit plus de 5 000 € pour sept salariés, comme le rappelle La Dépêche du Midi.

C’est précisément le respect de ces conditions que l’inspection du travail cherche à vérifier dans le dossier d’Éric Amieux, sans que le résultat de cette vérification soit connu à ce jour.

Prochaine étape

L’issue dépend du traitement administratif du dossier par l’inspection du travail, une fois les documents fournis par le boulanger analysés. Éric Amieux a indiqué qu’il solliciterait Matignon si aucune décision d’abandon n’intervenait dans les prochaines semaines.

Sources

Julien Moreau

Julien Moreau

Julien est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Isère (38), avec Grenoble pour chef-lieu. Spécialité du département : recherche micronano (CEA-Leti) et stations alpines. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Auvergne-Rhône-Alpes.

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