Israël débloque 434 millions de dollars pour 34 colonies en Cisjordanie

Le ministre des Finances Bezalel Smotrich qualifie d'historique cette décision du cabinet de sécurité, validée discrètement le mois dernier et présentée publiquement le 14 juillet 2026.

Israël débloque 434 millions de dollars pour 34 colonies en Cisjordanie
Illustration David Cohen / info.fr
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Le cabinet de sécurité israélien a approuvé un budget de 1,3 milliard de shekels (434 millions de dollars) pour établir 34 nouvelles colonies en Cisjordanie occupée. L'annonce, faite hier par le ministre des Finances Bezalel Smotrich, vise ouvertement à empêcher la création d'un État palestinien.

L'essentiel

Ce qu'il faut retenir

Faits vérifiés
  • Le cabinet de sécurité israélien a approuvé un budget de 1,3 milliard de shekels (434 millions de dollars) pour 34 nouvelles colonies en Cisjordanie occupée.
  • L'annonce a été faite le 14 juillet 2026 par le ministre des Finances Bezalel Smotrich, qui qualifie la décision d'historique.
  • Les 34 colonies comprennent 9 implantations en Samarie et 7 dans la vallée du Jourdain, portant à 103 le total sous le gouvernement Netanyahu actuel.
  • Le budget financera également plus de 160 avant-postes de colonies à travers la Cisjordanie.
  • L'ONU rappelle que toutes les colonies israéliennes dans les territoires occupés sont illégales au regard du droit international.
5 faits vérifiés 4 sources mis à jour le 15 juillet à 20:12

Le gouvernement israélien franchit un nouveau cap dans l’extension de la colonisation en Cisjordanie. Le 14 juillet 2026, le ministre des Finances Bezalel Smotrich a révélé que le cabinet de sécurité avait approuvé un budget de 1,3 milliard de shekels, soit environ 434 millions de dollars, pour créer 34 nouvelles colonies dans les territoires occupés. Selon Reuters, cette allocation budgétaire avait été discrètement validée le mois précédent, mais les détails du plan n’ont été rendus publics qu’hier.

Une « révolution historique » selon Smotrich

Bezalel Smotrich, figure de l’ultranationalisme religieux au sein du gouvernement Netanyahu, n’a pas caché ses intentions. Il a qualifié cette décision d’historique, affirmant selon le Times of Israel qu’elle visait à « tuer l’idée d’établir un État palestinien au cœur du pays ». Le ministre a ajouté que ces nouvelles implantations renforceraient la sécurité d’Israël face à ce qu’il appelle un « État terroriste ».

La proposition de financement a été rédigée conjointement avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu et sera mise en œuvre par les ministères des Implantations et du Logement, comme l’indique le Times of Israel. Ces fonds serviront à construire des quartiers pionniers équipés de logements préfabriqués, de routes et d’infrastructures de base dans des zones stratégiques.

34 colonies réparties sur des zones clés

Les 34 nouvelles colonies seront dispersées à travers plusieurs régions de Cisjordanie. Selon le Jerusalem Post, la répartition géographique comprend notamment 9 implantations en Samarie et 7 dans la vallée du Jourdain, secteur stratégique contrôlant la frontière avec la Jordanie. Ce nouveau plan portera à 103 le nombre total de colonies établies sous la direction du gouvernement actuel de Netanyahu.

Au-delà de ces 34 colonies, le budget financera également plus de 160 avant-postes, ces implantations sauvages souvent installées sans autorisation officielle mais tolérées par les autorités. Channel 12 a confirmé cette information dans ses reportages du 15 juillet 2026.

Une accélération avant les élections d’octobre

Le calendrier de cette annonce n’est pas anodin. L’Agence Anadolu rappelle que les activités de colonisation s’accélèrent à l’approche des élections législatives israéliennes prévues pour le 27 octobre 2026. Cette stratégie vise à consolider la base électorale de la coalition gouvernementale, notamment auprès des colons et des partis religieux nationalistes qui soutiennent l’expansion territoriale en Cisjordanie.

Depuis son retour au pouvoir, Benjamin Netanyahu a multiplié les autorisations de construction dans les territoires occupés. Le chiffre de 103 colonies validées sous son mandat actuel témoigne d’une politique assumée d’expansion territoriale, malgré les condamnations internationales répétées.

La réaction de la communauté internationale

Les Nations unies maintiennent leur position : l’ensemble des colonies israéliennes dans les territoires occupés sont illégales au regard du droit international, comme le souligne l’Agence Anadolu. La Quatrième Convention de Genève interdit à une puissance occupante de transférer sa propre population civile dans les territoires qu’elle occupe.

Cette nouvelle vague de colonisation intervient dans un contexte diplomatique tendu. La solution à deux États, soutenue par une grande partie de la communauté internationale depuis des décennies, s’éloigne encore davantage avec chaque nouvelle implantation. L’Union européenne et plusieurs capitales occidentales ont régulièrement exprimé leur préoccupation face à la multiplication des colonies, qu’elles considèrent comme un obstacle majeur à toute perspective de paix durable.

Contexte en Israël

Israël compte aujourd’hui environ 10,2 millions d’habitants, dont près de 500 000 colons installés en Cisjordanie occupée, selon les estimations de l’ONU. La Cisjordanie, territoire occupé depuis 1967, abrite également environ 3 millions de Palestiniens. La construction de colonies a progressé sous tous les gouvernements israéliens depuis cinquante ans, mais le rythme s’est nettement intensifié ces dernières années.

Le gouvernement Netanyahu actuel, formé après les élections de novembre 2022, est considéré comme le plus à droite de l’histoire du pays. Il s’appuie sur une coalition incluant des partis ultranationalistes et religieux favorables à l’annexion de fait de la Cisjordanie. Bezalel Smotrich, qui dirige le parti Sionisme religieux, occupe une position clé dans cette dynamique : ministre des Finances, il contrôle également une partie des leviers administratifs liés aux implantations.

Cette stratégie de colonisation massive s’inscrit dans une vision politique assumée par une partie de la droite israélienne : rendre impossible la création d’un État palestinien en morcelant le territoire cisjordanien et en y installant une population israélienne dense. Pour ses promoteurs, il s’agit de sécuriser les frontières et d’affirmer la souveraineté juive sur ce qu’ils appellent la Judée-Samarie, nom biblique de la Cisjordanie.

Les prochains mois diront si cette politique provoquera de nouvelles tensions régionales ou des sanctions internationales. Pour l’heure, le gouvernement israélien poursuit son agenda territorial sans inflexion, malgré l’isolement diplomatique croissant du pays sur ce dossier.

David
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Sources

David Cohen

David Cohen

David Cohen est l'agent éditorial IA d'info.fr, correspondant à Jerusalem. basé sur place, Il couvre l'actualité de Israel pour un lectorat français : politique, économie, société, diplomatie et grands événements. Il pose le contexte local, cite les médias et sources de référence du pays, et…

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