Sud du Liban : des chars israéliens avancent à Beit Yahoun
Trois chars Merkava et des bulldozers ont pénétré aux abords est de Beit Yahoun, malgré un cessez-le-feu fragile entre Israël et le Liban.
Le 11 juillet 2026, l'armée israélienne a avancé avec des blindés dans les abords orientaux de Beit Yahoun, au sud du Liban. Des frappes ont aussi visé Mansouri et des incendies s'sont déclarés à Houla, alors qu'un accord de retrait signé à Washington reste largement lettre morte sur le terrain.
L’essentiel
- Fait 1 : le 11 juillet 2026, l’armée israélienne a avancé aux abords est de Beit Yahoun avec trois chars Merkava et des bulldozers blindés D9, selon l’Agence nationale de presse libanaise (NNA).
- Fait 2 : des frappes israéliennes sur Mansouri, dans le district de Tyr, ont blessé sept personnes, dont cinq hospitalisées, selon la NNA.
- Fait 3 : un accord-cadre signé fin juin 2026 à Washington entre le Liban et Israël prévoit un retrait progressif des forces israéliennes de certaines zones.
- Fait 4 : depuis le 2 mars 2026, les attaques israéliennes ont fait 4 321 morts et 12 203 blessés au Liban, selon le ministère libanais de la Santé.
Trois chars et des bulldozers aux portes de Beit Yahoun
Selon l’Agence nationale de presse libanaise (NNA), une force israélienne s’est avancée ce samedi 11 juillet 2026 vers les abords est de Beit Yahoun, une localité du sud du Liban. Le dispositif comptait trois chars Merkava et deux bulldozers blindés D9, engins habituellement utilisés pour ouvrir des voies ou détruire des structures. L’Orient-Le Jour précise que cette progression a été appuyée par des tirs et des obus d’artillerie sur l’ensemble de la zone entourant la ville. Le média régional The Cradle rapporte que des tirs de mitrailleuses lourdes ont précédé l’avancée.
Incendies à Houla, frappes près de la plage de Tyr
Le même jour, des tirs israéliens ont provoqué des incendies à Houla, une autre localité frontalière, endommageant des maisons et des oliviers, toujours selon la NNA, relayée par le média pakistanais Dawn. Plus au sud, l’armée israélienne a mené des raids aériens sur le quartier d’el-Machah, à Mansouri, situé au nord de la « ligne jaune » qui sert de repère de facto à la frontière. L’Orient-Le Jour souligne que ces frappes sont intervenues alors que des baigneurs se trouvaient sur la plage de Tyr, à proximité. Le bilan communiqué par la NNA fait état de sept blessés, dont cinq hospitalisés.
Un cessez-le-feu qui ne tient plus sur le terrain
Ces opérations interviennent dans un contexte diplomatique déjà tendu. Fin juin 2026, un accord-cadre soutenu par Washington a été signé entre le Liban et Israël, prévoyant un retrait israélien progressif de zones pilotes et le déploiement de l’armée libanaise en remplacement, selon Xinhua et L’Orient-Le Jour. Dans la foulée, les États-Unis ont demandé à Israël de limiter ses opérations jugées « inhabituelles » au sud du Liban, rapportent Xinhua et la chaîne israélienne Kan. Sur le terrain, rien n’a changé : Israël a poursuivi frappes aériennes et bombardements malgré le cessez-le-feu en vigueur, notent Mehr News Agency et le média turc Yeni Şafak. Selon le liveblog d’Al Jazeera suivi ce 11 juillet, le Hezbollah a pour l’instant retenu son feu, alors même que le cessez-le-feu plus large négocié entre Washington et Téhéran a volé en éclats ces derniers jours.
Contexte dans le sud du Liban
Le sud du Liban, frontalier d’Israël, est depuis mars 2026 le théâtre quasi quotidien d’incidents armés, malgré les négociations en cours. Le ministère libanais de la Santé chiffre à 4 321 le nombre de morts et à 12 203 celui des blessés causés par les attaques israéliennes depuis le 2 mars 2026, selon les données relayées par Yeni Şafak. Beit Yahoun et Houla, comme Mansouri plus au sud dans le district de Tyr, se trouvent dans cette bande frontalière où l’armée libanaise doit, selon l’accord de juin, prendre progressivement le relais des positions israéliennes. Pour l’instant, ce sont des blindés Merkava et des bulldozers D9 qui continuent d’y opérer.
Le correspondant d’Al-Manar cité par plusieurs comptes suivant la zone a confirmé la composition du dispositif engagé à Beit Yahoun.
Reste à savoir si la pression américaine, déjà exercée une fois cette semaine, suffira à ramener les opérations militaires israéliennes au niveau prévu par l’accord de Washington.