Israël dévoile un réseau de tunnels du Hezbollah sous le château de Beaufort
L'armée israélienne a publié des images d'infrastructures souterraines sophistiquées sous la forteresse croisée, reprises en juin 2026 après 26 ans d'absence
Tsahal a diffusé des vidéos montrant un vaste réseau de tunnels du Hezbollah découvert sous le château de Beaufort, forteresse du XIIe siècle au sud-Liban. Ces installations, financées par l'Iran, servaient de base pour lancer des attaques vers le nord d'Israël.
L’essentiel
- Reprise militaire : Les soldats israéliens ont repris le contrôle de la forteresse de Beaufort juin 2026, 26 ans après leur retrait en 2000
- Infrastructure souterraine : Un tunnel principal d’environ un kilomètre de long, avec six puits, quartiers d’habitation, douches, cuisines et salle d’opération
- Menace opérationnelle : Plus de 400 roquettes lancées depuis la crête de Beaufort vers le nord d’Israël avant la reprise de la zone
- Arsenal découvert : Missiles antichars, lance-roquettes, grenades, munitions et fusils Kalachnikov saisis dans les tunnels
- Distance stratégique : Le site se trouve à seulement six kilomètres de la localité israélienne de Metula
Des installations souterraines sophistiquées révélées
L’armée israélienne a diffusé des images inédites montrant l’étendue d’un réseau de tunnels du Hezbollah découvert sous le château de Beaufort, forteresse croisée du XIIe siècle située sur une crête stratégique du sud-Liban. Selon le Times of Israel, ces infrastructures comprennent des douches, des cuisines, des quartiers d’habitation et même une salle d’opération équipée de matériel médical avancé.
Le tunnel principal mesure environ un kilomètre de long et contient six puits souterrains, d’après The Straits Times. L’ensemble était conçu pour permettre au Hezbollah de lancer des armes, notamment iraniennes, vers la ville israélienne de Metula et d’autres communautés frontalières sans détection possible depuis la surface.
Lors d’une visite de presse organisée par Tsahal, des journalistes ont pu pénétrer dans l’un de ces tunnels et constater directement la complexité de l’infrastructure. Les images diffusées montrent des couloirs taillés dans la roche, des installations électriques et des espaces aménagés pour un séjour prolongé.
Un financement et une planification iraniens
Ce réseau souterrain a été planifié et financé par le régime iranien, selon JNS.org et l’armée israélienne. La construction a bénéficié de l’assistance directe de Téhéran, faisant de ce complexe une plaque tournante opérationnelle destinée à servir les objectifs du Hezbollah dans la région.
L’arsenal découvert sur place confirme cette connexion iranienne. Les soldats israéliens ont saisi des missiles antichars, des lance-roquettes de type RPG, des grenades, des munitions en quantité et des fusils Kalachnikov, d’après The Straits Times et les sources militaires israéliennes. Ces armes étaient stockées dans les tunnels, prêtes à être utilisées contre des cibles israéliennes.
La salle d’opération équipée de matériel médical avancé suggère que le Hezbollah prévoyait d’utiliser ces tunnels non seulement comme base de lancement, mais aussi comme centre de commandement capable de soutenir des opérations prolongées, y compris le traitement de combattants blessés sur place.
La reprise de Beaufort après 26 ans
Les forces israéliennes ont repris le contrôle de la forteresse historique de Beaufort et de sa crête environnante juin 2026, selon Al Jazeera et i24NEWS. C’est la première fois depuis le retrait israélien de 2000 que Tsahal occupe à nouveau ce site stratégique dominant le « doigt de la Galilée ».
La position géographique de Beaufort en fait un point d’observation et de contrôle militaire majeur. Située à seulement six kilomètres de la localité israélienne de Metula, la crête offre une vue dégagée sur le nord d’Israël et permet de surveiller les mouvements dans la région frontalière.
Avant la reprise de la forteresse par Tsahal, le Hezbollah avait lancé plus de 400 roquettes depuis la crête de Beaufort vers le nord d’Israël, selon le Times of Israel. Ces tirs constituaient une menace directe pour les communautés israéliennes de la région, justifiant selon l’armée israélienne la nécessité de reprendre le contrôle du site.
Un enjeu stratégique pour la sécurité du nord d’Israël
Pour Israël, la capture de la crête de Beaufort représente un objectif crucial dans la défense des localités du nord. Le site permettait au Hezbollah de disposer d’un avantage tactique considérable, combinant position dominante en surface et infrastructure souterraine protégée.
Les tunnels découverts montrent que le Hezbollah avait investi massivement dans cette position. La présence de capacités de défense anti-aérienne dans le réseau souterrain, mentionnée par The Straits Times, indique que l’organisation chiite prévoyait de défendre ce complexe en cas d’attaque israélienne.
Selon Tsahal, ces tunnels permettaient au Hezbollah de lancer des attaques sans détection possible depuis la surface. Les combattants pouvaient se déplacer, stocker des armes et préparer des opérations à l’abri des moyens de surveillance aérienne israéliens, puis ressortir pour frapper avant de disparaître à nouveau sous terre.
Contexte au Moyen-Orient
Cette découverte intervient dans un contexte de tensions persistantes entre Israël et le Hezbollah au Liban. Depuis l’escalade du conflit dans la région, les opérations militaires israéliennes se sont intensifiées au sud-Liban, visant les infrastructures du Hezbollah.
Le château de Beaufort lui-même est un symbole historique chargé. Construit par les Croisés au XIIe siècle, il a changé de mains à de nombreuses reprises au cours des siècles. Occupé par Israël de 1982 à 2000, il était devenu une position militaire israélienne avant le retrait unilatéral du sud-Liban.
L’implication iranienne dans la construction de ces tunnels illustre le rôle de Téhéran comme principal soutien du Hezbollah. L’Iran fournit au groupe libanais un financement, des armes et une expertise technique, transformant le Hezbollah en un acteur militaire régional capable de menacer directement Israël.
D’autres sites similaires pourraient exister dans la région. L’armée israélienne travaille actuellement sur la colline d’Ali Taher, où un autre réseau de tunnels du Hezbollah serait situé, selon des observateurs sur place. La découverte de Beaufort pourrait n’être qu’un exemple parmi d’autres de l’infrastructure souterraine développée par le Hezbollah le long de la frontière.
Réactions et perspectives
Le Hezbollah a contesté la version israélienne des faits. Selon certaines sources, l’organisation affirme qu’Israël aurait simplement planté son drapeau au sommet du château avant de se retirer. Cette version est contredite par les images diffusées par Tsahal et les témoignages de journalistes ayant visité le site.
La diffusion de ces images par l’armée israélienne répond à plusieurs objectifs. Elle vise à documenter la menace représentée par le Hezbollah, à justifier les opérations militaires en cours au sud-Liban et à démontrer l’ampleur de l’investissement iranien dans les capacités militaires du groupe chiite.
Les opérations israéliennes se poursuivent au sud-Liban, visant à neutraliser les capacités offensives du Hezbollah et à sécuriser la frontière nord d’Israël. La découverte du réseau de Beaufort renforce la position israélienne selon laquelle ces interventions sont nécessaires pour protéger les populations civiles israéliennes des tirs de roquettes.
Pour les habitants du nord d’Israël, notamment ceux de Metula et des autres localités frontalières, la neutralisation de cette base souterraine représente une amélioration de leur sécurité. Ces communautés ont été régulièrement visées par des tirs depuis le Liban au cours des derniers mois.
Sources
- Times of Israel : IDF reveals tunnel network beneath Beaufort Castle in Lebanon
- The Straits Times : Israel army shows media tunnels in historic fortress in Lebanon
- JNS.org : Beneath historic Beaufort fortress, IDF uncovers Iran-Hezbollah command bunker
- Al Jazeera English : Al Jazeera English tweet on Beaufort Castle tunnels