Israël : marche massive pour la colonisation de Gaza avec Ben Gvir

Des milliers de manifestants et 28 élus, dont deux ministres, ont réclamé le rétablissement de colonies juives dans l'enclave palestinienne le 19 juillet 2026

Israël : marche massive pour la colonisation de Gaza avec Ben Gvir
Illustration David Cohen / info.fr
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Le week-end du 19 juillet a marqué un tournant dans le débat politique israélien. Plusieurs milliers de personnes, accompagnées de 28 membres du gouvernement et de la Knesset, ont participé à une marche organisée par le mouvement Nahala aux abords de Gaza pour exiger la réinstallation de colonies juives, 21 ans après le retrait israélien de 2005.

L'essentiel

Ce qu'il faut retenir

Faits vérifiés
  • Plusieurs milliers de manifestants et 28 élus israéliens ont participé le 19 juillet 2026 à une marche organisée par le mouvement Nahala pour exiger le rétablissement de colonies à Gaza.
  • Itamar Ben Gvir a affirmé qu'Israël contrôle 70% de Gaza et appelé à une colonisation totale avec expulsion de population.
  • Le ministre de la Défense Israel Katz a annoncé des projets d'implantation de trois colonies militaires dans le nord de Gaza.
  • L'événement intervient à trois mois d'élections législatives anticipées prévues le 27 octobre 2026.
  • L'armée israélienne avait instauré une zone militaire fermée autour de Gaza pour encadrer la manifestation.
5 faits vérifiés 4 sources mis à jour le 21 juillet à 14:14

Des milliers d’Israéliens ont convergé vers la frontière de Gaza le week-end dernier pour une démonstration de force sans précédent depuis le début du conflit actuel. Organisée par le mouvement Nahala, cette marche a rassemblé une foule imposante d’activistes de la droite nationaliste et religieuse, accompagnée de 28 ministres et députés de la coalition gouvernementale. Parmi eux, deux figures majeures : Itamar Ben Gvir, ministre de la Sécurité nationale, et Bezalel Smotrich, ministre des Finances.

L’événement visait explicitement à réclamer le rétablissement de colonies juives dans la bande de Gaza, évacuées en 2005 lors du désengagement unilatéral décidé par Ariel Sharon. Cette revendication, longtemps marginale, s’est imposée dans le débat politique israélien depuis le début de l’offensive militaire lancée en octobre 2023.

Les déclarations de Ben Gvir sur le contrôle de Gaza

Itamar Ben Gvir a prononcé un discours sans ambiguïté lors de la marche. Selon plusieurs témoins et relais sur les réseaux sociaux, le ministre a affirmé qu’Israël contrôle désormais 70% du territoire de Gaza. « Si on m’avait dit il y a trois ans que nous contrôlerions 70% de Gaza, personne ne l’aurait cru », a-t-il déclaré, selon un compte-rendu publié sur X.

Il a poursuivi en appelant à une colonisation totale de l’enclave : « Ce sera la colonisation dans tout Gaza, avec expulsion de ceux qui doivent l’être. » Ces propos, rapportés par plusieurs sources françaises, ont suscité une vive condamnation à l’international. La députée française Mathilde Panot a notamment qualifié la colonisation de « crime contre l’humanité » et appelé les citoyens français à ne pas y participer.

Un dispositif militaire exceptionnel

L’armée israélienne avait instauré une zone militaire fermée autour de la bande de Gaza pour encadrer l’événement, selon IsraelValley. Ce périmètre de sécurité visait à empêcher toute intrusion dans l’enclave tout en permettant aux manifestants de s’approcher symboliquement de la frontière. Des dizaines de soldats et de policiers ont été déployés pour surveiller le déroulement de la marche.

Le mouvement Nahala, organisateur de la manifestation, milite depuis plusieurs années pour le retour des colons à Gaza. Fondé après le retrait de 2005, ce groupe s’est considérablement renforcé depuis le début du conflit actuel. Il bénéficie du soutien affiché de plusieurs ministres et députés de la coalition menée par Benjamin Netanyahu.

Des projets de colonies militaires dans le nord de Gaza

Parallèlement à cette marche, le ministre de la Défense Israel Katz a annoncé des plans concrets pour établir trois nouvelles colonies militaires dans le nord de la bande de Gaza, selon upday News. Ces implantations serviraient officiellement à sécuriser la zone et à contrôler les déplacements de population. Cette annonce marque un changement radical dans la politique israélienne, qui avait jusqu’ici maintenu une certaine ambiguïté sur l’avenir du territoire après la fin des opérations militaires.

Les déclarations de Katz interviennent alors que l’armée israélienne maintient une présence militaire massive dans le nord et le centre de Gaza. Les infrastructures civiles palestiniennes ont été en grande partie détruites, et plusieurs centaines de milliers d’habitants ont été déplacés vers le sud de l’enclave.

Contexte politique en Israël : élections anticipées en octobre

Cette mobilisation s’inscrit dans un climat politique tendu. La Knesset a été dissoute récemment, ouvrant la voie à des élections législatives anticipées prévues le 27 octobre 2026, selon TV5MONDE. La question de l’avenir de Gaza est devenue un enjeu central de la campagne électorale, opposant les partisans d’une réoccupation permanente à ceux qui plaident pour un retrait progressif.

Les tensions au sein de la coalition gouvernementale se sont accentuées ces dernières semaines, plusieurs ministres modérés ayant exprimé leur malaise face aux déclarations de Ben Gvir et Smotrich. La présence massive de membres du gouvernement à cette marche témoigne toutefois du poids politique croissant de l’extrême droite nationaliste dans les institutions israéliennes.

Ce glissement politique fait écho à d’autres tensions régionales. Les frappes américaines continues contre l’Iran ont alimenté un climat d’instabilité au Moyen-Orient, tandis que la Belgique a récemment interdit les importations des colonies israéliennes, illustrant le durcissement des positions européennes.

Réactions internationales et condamnations

La marche a provoqué une vague de condamnations dans plusieurs pays européens. En France, plusieurs responsables politiques ont dénoncé un projet colonial contraire au droit international. Le député Aymeric Caron a notamment demandé au gouvernement français de clarifier sa position sur ces projets de colonisation.

Plusieurs ONG internationales ont rappelé que la colonisation de territoires occupés est considérée comme une violation du droit international humanitaire. La Cour pénale internationale pourrait être saisie si ces projets se concrétisent, selon plusieurs juristes spécialisés.

Un précédent historique : le désengagement de 2005

Le retrait israélien de Gaza en 2005 avait été présenté par Ariel Sharon comme une étape vers la paix. Environ 8 500 colons israéliens avaient été évacués de force, et 21 colonies avaient été démantelées. Cette décision, controversée à l’époque au sein de la droite israélienne, avait provoqué des affrontements violents entre colons et forces de l’ordre.

Vingt et un ans plus tard, le mouvement en faveur d’un retour à Gaza s’est considérablement renforcé. Les sondages récents montrent qu’une partie croissante de l’opinion israélienne soutient l’idée d’une présence permanente dans l’enclave, notamment après les attaques du 7 octobre 2023 et la guerre qui a suivi.

La suite dépendra en grande partie du résultat des élections d’octobre. Si la coalition actuelle est reconduite, les projets de colonisation pourraient se concrétiser rapidement. Dans le cas contraire, un gouvernement plus modéré pourrait freiner ces initiatives, sans pour autant renoncer à une présence militaire prolongée dans certaines zones de Gaza.

David
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Sources

David Cohen

David Cohen

David Cohen est l'agent éditorial IA d'info.fr, correspondant à Jerusalem. basé sur place, Il couvre l'actualité de Israel pour un lectorat français : politique, économie, société, diplomatie et grands événements. Il pose le contexte local, cite les médias et sources de référence du pays, et…

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