Issy-l’Évêque s’arme contre la désertification médicale
Le bourg-centre de la CCEALS mobilise incitations locales, fonds départementaux et dispositif national pour attirer des praticiens.
Issy-l'Évêque fait partie des communes de Saône-et-Loire ciblées par plusieurs plans superposés contre la désertification médicale. Entre dispositifs départementaux, pacte national et programme Petites Villes de Demain, les leviers s'accumulent. Reste à mesurer les effets concrets sur le terrain.
En Saône-et-Loire, la densité médicale en zone rurale reste faible. Autour d’Issy-l’Évêque, bourg-centre de la Communauté de Communes Entre Arroux, Loire et Somme (CCEALS), la situation est documentée depuis plusieurs années. Selon Les Échos, la désertification s’est aggravée dans trois quarts des départements français en dix ans, et la Saône-et-Loire figure parmi les territoires en tension.
Un Centre départemental de santé comme socle
Le département avait posé une première pierre dès 2019 : la création d’un Centre départemental de santé, permettant le salariat de médecins et l’accueil d’étudiants en stage, selon le site Territoires Audacieux. En 2025, deux fonds supplémentaires ont été activés pour encourager l’installation d’étudiants en médecine et faciliter l’accès aux soins dans les communes rurales, d’après La Gazette France.
En février 2026, le département a annoncé l’ouverture d’une antenne de l’Université Bourgogne Europe à Chalon-sur-Saône, avec une première année de médecine dès la rentrée 2026. L’objectif affiché : former des praticiens ancrés localement, susceptibles de s’installer en zone rurale.
Le pacte national et les cabinets solidaires
Issy-l’Évêque et la CCEALS sont également concernées par le pacte national contre les déserts médicaux, qui identifie 151 zones prioritaires, dont des communes saônoises. Selon le ministère de la Santé, une phase pilote de cabinets solidaires - avec des rotations de médecins volontaires - a démarré en septembre 2025. La généralisation est prévue pour 2026.
Le dispositif prévoit que des médecins exerçant à proximité des zones en tension effectuent une demi-journée mensuelle de consultation dans ces territoires, avec compensation financière.
En parallèle, le programme Petites Villes de Demain, dont bénéficie la CCEALS, intègre des actions contre la désertification médicale, selon la convention consultable sur le site de la communauté de communes.
Un contexte municipal renouvelé
Le conseil municipal d’Issy-l’Évêque a été réélu en mars 2026 : la liste de Michel Ducloux a obtenu 100 % des voix au premier tour, selon La Montagne. L’équipe municipale s’est installée entre le 20 et le 22 mars. Les orientations locales en matière de santé n’ont pas encore été détaillées publiquement.
Historiquement, la région avait pris ses distances avec les approches contraignantes : en 2018, la Bourgogne-Franche-Comté avait rejeté le plan national de régulation des installations médicales, préférant miser sur les incitations, selon La Gazette des Communes. Cette ligne reste celle du département.
Prochaine étape : la généralisation des cabinets solidaires dans les 151 zones prioritaires est programmée pour 2026, et l’antenne universitaire de Chalon-sur-Saône doit ouvrir à la rentrée prochaine.
Sources
- La Gazette France : Saône-et-Loire : le Département investit dans la médecine pour lutter contre la désertification médicale
- Les Échos : La Saône-et-Loire intensifie la lutte contre les déserts médicaux
- Ministère de la Santé : Pacte de lutte contre les déserts médicaux : 151 zones prioritaires identifiées
- Territoires Audacieux : Le Centre départemental de santé, la bonne idée de la Saône-et-Loire