L’Italie prépare une aide d’urgence face à la flambée des prix du carburant
Rome envisage une intervention ciblée sur le gazole après la fin des réductions d'accises, alors que les prix atteignent des sommets en juillet
Le gouvernement de Giorgia Meloni étudie une mesure d'urgence pour contenir la hausse des prix à la pompe, qui atteint 2,18 €/L pour le gazole. L'intervention, financée par des recettes de TVA excédentaires, complète une stratégie européenne de soutien aux ménages et entreprises pour 2027-2028.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Les prix à la pompe ont atteint 1,981 €/L pour l'essence et 2,184 €/L pour le gazole au 26 juillet 2026 en Italie.
- Le gouvernement Meloni prépare une intervention d'urgence financée par des recettes de TVA excédentaires pour réduire le coût du gazole.
- Bruxelles a approuvé le 27 juillet une aide d'État de 300 millions d'euros pour les transporteurs routiers italiens.
- L'Italie prévoit d'utiliser la flexibilité budgétaire européenne pour financer des aides énergétiques en 2027 et 2028.
- Le PIB italien a progressé de 0,3 % au premier trimestre 2026 malgré les pressions inflationnistes.
Une intervention ciblée sur le gazole
Le gouvernement italien prépare une intervention d’urgence pour réduire le prix du gazole, selon INFO.FR. La mesure a été discutée le 24 juillet par la présidente du Conseil Giorgia Meloni et le ministre de l’Économie Giancarlo Giorgetti. Cette « intervento ponte » (intervention-pont) pourrait être financée par les recettes de TVA excédentaires générées par l’inflation.
Au 26 juillet 2026, les prix moyens à la pompe ont atteint 1,981 €/L pour l’essence et 2,184 €/L pour le gazole, selon INFO.FR. Cette flambée intervient après la fin des réductions d’accises qui étaient en vigueur jusqu’en juillet. Le coût pour les ménages italiens est estimé à 841 millions d’euros sur le mois.
La mesure envisagée cible spécifiquement le gazole, carburant le plus utilisé par les professionnels et les ménages italiens. Le gouvernement cherche à limiter l’impact sur le pouvoir d’achat sans grever davantage les finances publiques.
Une stratégie européenne à moyen terme
Au-delà de cette aide ponctuelle, l’Italie prévoit d’utiliser la flexibilité budgétaire offerte par l’Union européenne pour financer des aides énergétiques en 2027 et 2028, selon Investing.com. Cette approche s’inscrit dans les nouvelles règles budgétaires européennes, qui permettent aux États membres de mobiliser des marges pour soutenir leur économie face aux chocs extérieurs.
Parallèlement, la Commission européenne a approuvé le 27 juillet une aide d’État de 300 millions d’euros destinée aux transporteurs routiers italiens, rapporte l’Agence Europe. Cette enveloppe vise à compenser les surcoûts énergétiques pesant sur le secteur logistique, crucial pour l’économie transalpine.
Contexte en Italie
L’Italie maintient une croissance économique modeste : le PIB a progressé de 0,2 % au premier trimestre 2026, selon l’ISTAT. Cette performance survient malgré les pressions inflationnistes persistantes, notamment sur l’énergie, qui pèsent sur les coûts opérationnels des entreprises et le budget des ménages.
Le pays, troisième économie de la zone euro, dépend fortement des importations énergétiques. Les tensions géopolitiques et les aléas climatiques ont amplifié la volatilité des prix du pétrole et du gaz depuis 2022. Le gouvernement Meloni, arrivé au pouvoir en octobre 2022, a régulièrement déployé des aides ponctuelles pour amortir ces chocs, tout en cherchant à préserver l’équilibre budgétaire.
Enjeux pour la France
La situation italienne résonne en France, où les prix du carburant restent également sous surveillance. Les deux pays partagent des défis similaires : dépendance énergétique, inflation importée, et nécessité de protéger les ménages sans creuser les déficits publics. Les mesures italiennes, si elles s’avèrent efficaces, pourraient inspirer d’autres capitales européennes confrontées aux mêmes arbitrages.
L’approbation par Bruxelles de l’aide au transport routier italien montre que la Commission accepte des interventions sectorielles ciblées, à condition qu’elles respectent les règles de concurrence. Cette validation pourrait ouvrir la voie à des demandes similaires de la part d’autres États membres.
Le gouvernement italien devrait préciser le calendrier et le montant de l’intervention d’urgence dans les prochains jours. L’efficacité de cette mesure dépendra de sa capacité à contenir durablement les prix sans créer de distorsions économiques.