Italie : la Chambre adopte la réforme électorale controversée de Meloni
Le texte prévoit une prime de 105 sièges pour toute coalition dépassant 42 % des voix. Le Sénat doit encore se prononcer à la rentrée.
La Chambre des députés italienne a approuvé mercredi 16 juillet le projet de réforme électorale porté par Giorgia Meloni, par 217 voix contre 152. Le dispositif vise à garantir une majorité stable au bloc qui obtiendra plus de 42 % des suffrages lors des élections de 2027. L'opposition dénonce une manœuvre pour verrouiller le pouvoir.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- La Chambre des députés a adopté la réforme électorale le 16 juillet 2026 par 217 voix contre 152 et 2 abstentions.
- Le texte prévoit une prime de 105 sièges (70 à la Chambre, 35 au Sénat) pour toute coalition dépassant 42 % des voix.
- Un amendement sur le vote préférentiel a été rejeté le 14 juillet à une voix près (188 contre 187) en raison de défections dans la majorité.
- Le projet doit encore être examiné par le Sénat, où la coalition Meloni détient également la majorité.
- La réforme entrerait en vigueur avant les élections prévues en 2027.
La Chambre des députés italienne a validé jeudi 16 juillet, par 217 voix contre 152 et 2 abstentions, le projet de réforme électorale du gouvernement Meloni. Le texte, surnommé « Stabilicum » par ses promoteurs, introduit un système proportionnel intégral assorti d’une prime de majorité substantielle pour le bloc politique franchissant le seuil de 42 % des voix.
Selon les termes de la loi, la coalition gagnante obtiendrait 105 sièges supplémentaires - 70 à la Chambre et 35 au Sénat - lui assurant le contrôle d’au moins 55 % du Parlement. Le nom du candidat au poste de Premier ministre figurerait directement sur les bulletins de vote. Si aucune coalition n’atteint le seuil de 42 % ou si les majorités diffèrent entre les deux chambres, les sièges seraient distribués selon un système proportionnel intégral classique.
Un scrutin sous tension après un revers gouvernemental
Le vote de mercredi intervient trois jours après un camouflet pour l’exécutif. Le 14 juillet, un amendement clé portant sur la réintroduction du vote préférentiel a été rejeté à une voix près, 188 contre 187, en raison de défections au sein de la majorité. Ce vote surprise a révélé des fissures au sein de la coalition de Giorgia Meloni et conduit l’opposition à réclamer des élections anticipées.
L’épisode rappelle la fragilité de la coalition gouvernementale, déjà affaiblie en mars dernier lors d’un référendum sur la réforme de la justice qui avait tourné au désavantage de l’exécutif.
L’opposition crie au déni de démocratie
Elly Schlein, cheffe du Parti Démocrate, et Giuseppe Conte, leader du Mouvement 5 étoiles, ont dénoncé avec virulence la réforme. Ils accusent la Première ministre de réécrire les règles du jeu électoral pour verrouiller son maintien au pouvoir lors des élections prévues en 2027.
« C’est un déni de démocratie », a martelé l’opposition selon plusieurs médias italiens. Les critiques pointent le risque d’une concentration excessive du pouvoir entre les mains d’une seule coalition, au détriment du pluralisme politique.
Prochaine étape : le Sénat à la rentrée
Le texte doit encore être examiné par le Sénat après les vacances parlementaires. La coalition de Giorgia Meloni y détient également une majorité, ce qui laisse présager une adoption finale du projet. Si le Sénat valide la réforme, celle-ci entrerait en vigueur avant les élections de 2027, remodelant en profondeur le paysage politique italien.
Contexte en Italie
L’Italie connaît depuis des décennies une instabilité gouvernementale chronique, avec une succession de coalitions fragiles et de gouvernements techniques. Le pays a eu 68 gouvernements depuis 1946. La réforme électorale vise précisément à mettre fin à cette volatilité en garantissant des majorités solides et durables.
Giorgia Meloni, arrivée au pouvoir en octobre 2022 à la tête d’une coalition de droite et d’extrême droite, a fait de la stabilité politique l’un de ses axes prioritaires. Mais ses détracteurs y voient une tentative de concentration du pouvoir qui menacerait l’équilibre démocratique du pays.
Le débat autour du « Stabilicum » s’annonce donc brûlant à la rentrée parlementaire, dans un climat politique déjà tendu par les divisions internes à la majorité et la mobilisation de l’opposition.
Sources
- Libération : Italie : la Chambre approuve le projet de réforme électorale
- Anadolu Ajansı : Italie : la Chambre adopte une réforme électorale controversée
- Euractiv : L'Italie de Giorgia Meloni fragilisée par un revers parlementaire
- Bloomberg via X : Bloomberg : vote sur la réforme électorale italienne
