Justice pour Mehdi : marche familiale à Marseille après une mort par tirs policiers

Le 10 mai 2026, environ 150 personnes ont marché à Marseille pour réclamer la vérité sur la mort de Mehdi L., 26 ans, abattu le 23 avril lors d'un contrôle routier.

Justice pour Mehdi : marche familiale à Marseille après une mort par tirs policiers
Illustration Alexandre Santini / info.fr

Dix-sept jours après la mort de Mehdi L., 26 ans, abattu par un policier municipal dans le 11e arrondissement de Marseille, sa famille a organisé une marche ce dimanche 10 mai 2026. Environ 150 personnes ont défilé de la place de La Major vers l'hôtel de ville, réclamant une enquête indépendante. Une information judiciaire pour homicide volontaire a été ouverte le 6 mai.

Dix-sept jours après la mort de Mehdi L., 26 ans, abattu par un policier municipal dans le 11e arrondissement de Marseille, sa famille a organisé une marche ce dimanche 10 mai 2026. Environ 150 personnes ont défilé de la place de La Major vers l’hôtel de ville, réclamant une enquête indépendante. Une information judiciaire pour homicide volontaire a été ouverte le 6 mai.

L’essentiel

  • 23 avril 2026, 17h45 : Mehdi L., 26 ans, est abattu de trois balles, dont une dans le dos, par un policier municipal de 52 ans lors d’un contrôle routier boulevard des Libérateurs, dans le 11e arrondissement de Marseille.
  • 28 avril 2026 : Les avocats de la famille, Me Kayna Kadjar et Me Nicolas Chambardon, déposent une plainte avec constitution de partie civile, accusant le parquet de partialité et qualifiant l’enquête initiale de « simulacre ».
  • 6-7 mai 2026 : Le parquet de Marseille ouvre une information judiciaire pour homicide volontaire ; un juge d’instruction est désigné le lendemain.
  • 10 mai 2026, 14h30 : Environ 150 personnes marchent de la place de La Major à l’hôtel de ville, scandant « Justice pour Mehdi ».
  • Version contestée : La famille affirme que Mehdi a été menotté et maintenu au sol agonisant ; le syndicat FO Police Municipale soutient le tireur, invoquant la légitime défense.

Un contrôle routier qui tourne au drame

Le 23 avril 2026 vers 17h45, trois policiers municipaux contrôlent Mehdi L. boulevard des Libérateurs, dans le 11e arrondissement, pour usage du téléphone au volant. Selon la version des agents, rapportée notamment par Le Parisien et actu.fr, le conducteur sort de son véhicule armé d’un couteau de cuisine et menace les policiers. L’un d’eux, âgé de 52 ans, ouvre le feu.

Mehdi L. est touché par trois balles, dont une dans le dos, selon La Provence et Mediapart. Il décède des suites de ses blessures. Sept bonbonnes de protoxyde d’azote sont retrouvées dans son véhicule. Mehdi L. était connu des services judiciaires pour une condamnation à quatre ans de prison prononcée en novembre 2025 pour trafic de stupéfiants, selon La Provence.

La famille contredit la version policière

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Dès les premiers jours, les proches de Mehdi L. dénoncent un récit qu’ils jugent inexact. Selon France 3 Provence-Alpes, la famille affirme que Mehdi a été menotté, puis maintenu au sol agonisant dans son sang. Cette version s’oppose point par point à celle des agents.

Le 28 avril, les avocats de la famille, Me Kayna Kadjar et Me Nicolas Chambardon, déposent une plainte avec constitution de partie civile. Ils accusent le parquet de Marseille de partialité et qualifient l’enquête initiale de « simulacre d’enquête », selon La Provence. La même semaine, Manuel Bompard, député LFI de Marseille, prend position publiquement.

Une information judiciaire ouverte le 6 mai

Le 6 mai 2026, le parquet de Marseille ouvre une information judiciaire du chef d’homicide volontaire. Un juge d’instruction est désigné le 7 mai, ce qui permet à la défense d’accéder au rapport d’autopsie et à l’expertise balistique, selon 20 Minutes et actu.fr. Cette ouverture d’information judiciaire constitue un tournant : elle dessaisit partiellement le parquet et place l’instruction sous contrôle d’un magistrat indépendant.

Du côté des policiers municipaux, le syndicat Force Ouvrière Police Municipale apporte son soutien « sans réserve » au tireur, affirmant selon France 3 qu’il « a fait ce qu’il fallait faire au bon moment » et a agi en état de légitime défense.

La marche du 10 mai : famille, militants et appels à la vérité

Ce dimanche 10 mai 2026 à 14h30, le cortège s’élance de la place de La Major. Environ 150 personnes - membres de la famille, proches, militants associatifs et élus - descendent vers l’hôtel de ville et le Vieux-Port, selon France 3 Provence-Alpes et actu.fr. Les slogans « Justice pour Mehdi » et « On veut la vérité » scandent le parcours.

La France Insoumise des Bouches-du-Rhône (LFI 13) et des collectifs associatifs ont rejoint le rassemblement, exigeant une enquête indépendante. Ce drame à Marseille n’est pas sans rappeler d’autres affaires de violences impliquant des forces de l’ordre ayant mobilisé familles et militants, comme des drames familiaux récents qui ont suscité des demandes de transparence judiciaire dans d’autres départements.

Contexte dans les Bouches-du-Rhône

L’affaire Mehdi L. survient dans un département où la tension sécuritaire reste élevée. Selon un bilan publié par ici.fr et corroboré par actu.fr, les atteintes aux personnes dans les Bouches-du-Rhône ont progressé de 3,9 % en 2025 par rapport à 2024. Les violences contre les personnes dépositaires de l’autorité publique ont, elles, bondi de 10,5 % sur la même période.

Marseille, première ville du département avec plus de 870 000 habitants, concentre une part importante de cette délinquance. La police municipale marseillaise, renforcée ces dernières années dans le cadre du plan de sécurité de la Ville, se trouve au cœur d’un débat sur ses modalités d’intervention et son encadrement judiciaire. Les questions de sécurité dans les quartiers sensibles agitent plusieurs grandes villes françaises, Marseille en tête.

La mort de Mehdi L. relance localement le débat sur le contrôle des forces de l’ordre et sur l’impartialité des parquets dans les affaires mettant en cause des policiers. Les avocats de la famille ont explicitement mis en cause la gestion initiale du dossier par le parquet de Marseille - critique que l’ouverture d’une information judiciaire n’a pas encore dissipée à leurs yeux.

Prochaine étape : autopsie et expertise balistique au cœur de l’instruction

La désignation d’un juge d’instruction le 7 mai ouvre la voie à l’accès au rapport d’autopsie et aux conclusions de l’expertise balistique - pièces centrales pour établir la trajectoire des tirs et les circonstances exactes du décès. La famille, assistée de ses avocats, attend ces résultats pour étayer sa contestation de la version policière. Le débat sur une éventuelle enquête indépendante, réclamée par LFI et les avocats, reste lui aussi ouvert. Pour les questions de transparence et de contrôle des institutions, l’affaire Mehdi L. s’annonce comme un dossier de long terme pour la justice marseillaise.

Sources

Alexandre Santini

Alexandre Santini

Alexandre est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Bouches-du-Rhône (13), avec Marseille pour chef-lieu. Spécialité du département : premier port français et métropole AMP (1,9M habitants). Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

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