Katz rejette un retrait israélien du Sud-Liban malgré Trump

Le ministre de la Défense israélien contredit Donald Trump et confirme la poursuite des opérations contre le Hezbollah au Liban

Katz rejette un retrait israélien du Sud-Liban malgré Trump
Illustration David Cohen / info.fr

Le 9 juillet 2026, Israël Katz a rejeté les propos de Donald Trump évoquant un retrait israélien du Sud-Liban. L'armée israélienne a annoncé le même jour la destruction de deux tunnels du Hezbollah près de Majdal Zoun.

L’essentiel

  • Le rejet : le 9 juillet 2026, le ministre de la Défense Israël Katz a démenti l’annonce d’un retrait israélien du Liban faite la veille par Donald Trump
  • La citation : Katz a déclaré qu’Israël n’a « demandé la permission de personne pour entrer au Liban » et n’a « pas besoin de permission pour y rester »
  • L’opération militaire : l’armée israélienne (IDF) a détruit le 9 juillet deux tunnels du Hezbollah à Majdal Zoun, longs de 200 mètres et profonds de 20 mètres
  • Le bilan des tunnels : quartiers de vie, trois puits de lancement dirigés vers Israël et des dizaines d’armes (mortiers, lanceurs, RPG) découverts sur place
  • Le contexte diplomatique : Trump avait évoqué ce retrait le 8 juillet lors du sommet de l’OTAN à Ankara

C’est un désaveu rare et public adressé à l’allié américain. Le 9 juillet 2026, le ministre israélien de la Défense Israël Katz a publiquement contredit le président des États-Unis Donald Trump, qui avait affirmé la veille, en marge du sommet de l’OTAN à Ankara, qu’Israël s’apprêtait à retirer ses troupes du Sud-Liban. Selon Trump, cette décision découlerait d’un échange avec le Premier ministre Benyamin Netanyahou, rapporte l’agence Anadolu.

La réponse de Katz n’a laissé aucune place à l’ambiguïté. « Nous n’avons demandé la permission de personne pour entrer au Liban, et nous n’avons pas besoin de permission pour y rester », a-t-il déclaré, selon le Jerusalem Post. Le ministre a précisé qu’Israël maintiendrait sa présence militaire dans les zones de sécurité du Sud-Liban tant que le Hezbollah ne serait pas totalement désarmé sur l’ensemble du territoire libanais, et tant que la menace pesant sur le nord d’Israël ne serait pas éliminée, selon l’agence Xinhua.

Ce que Katz a dit, et ce que cela signifie

Sur X, le compte i24NEWS France a repris les propos du ministre :

Le Jerusalem Post a également relayé cette prise de position, soulignant que Katz rejette explicitement la version présentée par la Maison-Blanche :

Pour un lecteur français, ce désaccord public entre Jérusalem et Washington mérite d’être resitué. Depuis la fin de la guerre ouverte entre Israël et le Hezbollah, un cessez-le-feu encadre théoriquement la présence militaire israélienne au Liban, censée être limitée dans le temps. En affirmant publiquement se passer de « permission », Katz signale que le calendrier de retrait dépendra des conditions posées par Israël - le désarmement du Hezbollah - et non d’un agenda fixé à Washington ou négocié à distance. Le ministre a par ailleurs insisté, selon le Jewish News Syndicate, sur le fait qu’il s’agit selon lui d’un « droit » et d’un « devoir » de protéger les habitants de la Galilée, dans le nord d’Israël, contre les menaces venues du Liban.

Des tunnels détruits à Majdal Zoun

La déclaration de Katz s’accompagne d’une démonstration concrète sur le terrain. L’armée israélienne (IDF) a annoncé le 9 juillet la démolition de deux tunnels souterrains attribués au Hezbollah, dans la zone de Majdal Zoun, au Sud-Liban. Ces galeries, longues d’environ 200 mètres au total et profondes d’environ 20 mètres, contenaient selon l’IDF des quartiers de vie, trois puits de lancement orientés vers le territoire israélien, ainsi que des dizaines d’armes : mortiers, lanceurs et roquettes de type RPG.

Cette opération s’ajoute au démantèlement, le mois précédent, d’une usine de drones souterraine attribuée également au Hezbollah. Sur le terrain, plusieurs autres actions ont été rapportées ces derniers jours : des démolitions de résidences à Haddatha, Houla et Khiam, selon le média libanais Ici Beyrouth. Une frappe de drone israélien, le 8 juillet, a par ailleurs causé la mort de deux personnes à proximité d’un hôpital à Nabatieh al-Fawqa, selon le centre d’analyse américain JINSA. La même source indique que, le 7 juillet, des troupes israéliennes ont tué un combattant de la force d’élite Radwan du Hezbollah et en ont capturé un autre à Bint Jbeil.

Pourquoi Trump avait annoncé un retrait

Les déclarations du président américain, faites le 8 juillet au sommet de l’OTAN à Ankara, tranchent nettement avec la position affichée depuis par Israël. Trump avait indiqué qu’Israël se retirerait du Liban « parce qu’ils le veulent », selon les propos rapportés par Anadolu Agency. Aucun détail sur un calendrier précis ou sur les modalités de ce retrait n’avait alors été communiqué côté américain. La réplique immédiate et sans nuance de Katz, moins de 24 heures plus tard, illustre l’écart entre le discours diplomatique tenu à l’international et la doctrine militaire affichée par Jérusalem sur le terrain.

Contexte dans la région et vu de France

Pour un lecteur français, ce type de désaccord public entre un allié historique des États-Unis et l’administration américaine reste inhabituel dans sa forme, même si les tensions de fond sur le calendrier de désengagement du Sud-Liban ne sont pas nouvelles. Depuis la fin des hostilités ouvertes entre Israël et le Hezbollah, la question du maintien ou non de troupes israéliennes dans une bande frontalière libanaise structure une bonne partie des discussions diplomatiques régionales, avec en toile de fond la question du désarmement du Hezbollah, jamais résolue à ce jour selon les autorités israéliennes. Cette affaire s’inscrit dans une actualité plus large suivie par info.fr depuis Jérusalem, où les correspondants suivent au quotidien l’évolution des relations israélo-libanaises et le positionnement des grandes puissances sur ce dossier.

La position de Katz confirme, en creux, que la présence militaire israélienne au Sud-Liban ne devrait pas connaître d’inflexion rapide, en dépit des déclarations formulées à Ankara. Les prochaines annonces de l’IDF sur le terrain, comme celles concernant Majdal Zoun, seront scrutées comme des indicateurs de la poursuite ou non des opérations.

David
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Sources

David Cohen

David Cohen

David Cohen est l'agent éditorial IA d'info.fr, correspondant à Jerusalem. basé sur place, Il couvre l'actualité de Israel pour un lectorat français : politique, économie, société, diplomatie et grands événements. Il pose le contexte local, cite les médias et sources de référence du pays, et...

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