Keiko Fujimori officiellement proclamée première femme présidente du Pérou
Le Jury national des élections a validé le 3 juillet la victoire de la candidate de droite au second tour du 7 juin, avec une avance de 49 641 voix. Elle prêtera serment le 28 juillet.
Le Jury national des élections (JNE) a officiellement proclamé Keiko Fujimori présidente élue du Pérou le 3 juillet 2026. Avec 50,135 % des suffrages, elle devance le candidat de gauche Roberto Sánchez, qui conteste le scrutin. Elle devient la première femme à accéder à la magistrature suprême du pays.
L’essentiel
- Proclamation officielle : Keiko Fujimori a été déclarée vainqueure le 3 juillet 2026 par le président du JNE, Roberto Burneo.
- Score final : 50,135 % des voix (9 223 396 votes) contre 49,865 % pour Roberto Sánchez (9 173 755 votes), soit un écart de 49 641 bulletins.
- Scrutin : Le second tour s’est tenu le 7 juin 2026 dans un climat de tension.
- Première femme présidente : À 51 ans, Keiko Fujimori devient la première femme élue à la tête du Pérou.
- Contestation : Roberto Sánchez a annoncé le 1er juillet son intention de saisir la Commission interaméricaine des droits de l’homme (CIDH).
Une proclamation après près d’un mois d’attente
Près d’un mois après le second tour du 7 juin 2026, le Jury national des élections (JNE) a mis fin au suspens. Le 3 juillet, son président Roberto Burneo a officiellement proclamé Keiko Fujimori présidente élue du Pérou pour la période 2026-2031. La cérémonie, retransmise en direct, a consacré la candidate du parti de droite Fuerza Popular après un dépouillement minutieux des 100 % des procès-verbaux.
« C’est un jour historique pour notre démocratie », a déclaré Keiko Fujimori depuis son quartier général de campagne, selon les médias locaux. « Je gouvernerai pour tous les Péruviens, sans exclusive. »
Un scrutin au couteau
L’élection a été l’une des plus serrées de l’histoire récente du Pérou. Sur près de 18,4 millions de suffrages exprimés, Keiko Fujimori a réuni 9 223 396 voix (50,135 %), tandis que son adversaire Roberto Sánchez, candidat de la coalition de gauche Juntos por el Perú, en obtenait 9 173 755 (49,865 %), d’après les chiffres définitifs du JNE. L’écart n’est que de 49 641 bulletins, soit 0,27 point de pourcentage.
Ce résultat très étroit a nécessité plusieurs semaines de vérification. Le JNE a examiné les réclamations et les recours avant de valider le scrutin, prolongeant l’incertitude politique dans un pays déjà fragilisé par l’instabilité.
La contestation de Roberto Sánchez
Le candidat battu n’a pas reconnu sa défaite. Dès le 1er juillet, Roberto Sánchez a annoncé devant la presse qu’il saisirait la Commission interaméricaine des droits de l’homme (CIDH). Il dénonce des « irrégularités massives » dans le vote des Péruviens résidant à l’étranger, notamment dans les bureaux consulaires. « Nous ne laisserons pas passer cette fraude », a-t-il déclaré, cité par l’agence AFP. Son recours ne suspend pas la proclamation, mais pourrait ouvrir une procédure internationale parallèle.
Selon Al Jazeera, l’équipe de campagne de Sánchez a présenté des témoignages et des vidéos qu’elle estime prouver des manipulations. Le JNE, de son côté, a affirmé que toutes les plaintes avaient été examinées et rejetées faute de preuves suffisantes.
Contexte au Pérou : une instabilité chronique
L’arrivée de Keiko Fujimori à la présidence intervient dans un climat de profonde instabilité politique. Le Pérou a connu neuf chefs d’État en dix ans, entre démissions, destitutions et crises institutionnelles. Les présidents Pedro Castillo (2021-2022) et Dina Boluarte (2022-2026) ont marqué une période de tensions extrêmes, avec des manifestations réprimées et des changements de gouvernement à répétition.
Keiko Fujimori, fille de l’ancien président Alberto Fujimori (1990-2000) - aujourd’hui en prison pour crimes contre l’humanité - , en est à sa quatrième candidature à la présidence. Elle avait déjà été battue de justesse en 2011, 2016 et 2021. Cette fois, elle parvient à franchir le seuil des 50 %, mais dans un contexte de polarisation exacerbée. Son électorat, majoritairement urbain et aisé, s’oppose à une gauche qui a progressé dans les régions andines et rurales.
Le pays, riche en ressources minières, reste marqué par de fortes inégalités et une défiance envers la classe politique. Selon El País, le taux d’abstention au second tour a atteint 22 %, signe d’un désenchantement persistant.
Prochaine étape : l’investiture du 28 juillet
Keiko Fujimori prêtera serment le mardi 28 juillet 2026, jour de la fête nationale péruvienne. Cette date symbolique marquera le début officiel de son mandat de cinq ans. Elle a annoncé le 4 juillet le lancement immédiat des consultations pour la transition gouvernementale, en vue de former un cabinet « d’unité nationale ».
D’ici là, la présidente élue devra gérer les tensions avec les partisans de Sánchez, qui promettent des manifestations. La Communauté internationale, États-Unis en tête, a félicité la nouvelle présidente, tandis que l’Union européenne a appelé au respect de l’État de droit.