Kergrist : enquête ouverte après une vidéo L214 sur des sévices dans un élevage porcin
Le parquet de Lorient a lancé une enquête préliminaire après la plainte de L214 contre l'élevage de Kerfornan, où des porcelets auraient été castrés à vif en violation de la loi.
Le parquet de Lorient a ouvert une enquête préliminaire pour sévices graves sur animaux le 23 avril 2026. L'association L214 avait déposé plainte trois jours plus tôt après la diffusion d'une vidéo filmée fin février dans l'élevage de Kerfornan, à Kergrist, dans le Morbihan. La castration à vif de porcelets y est interdite depuis janvier 2022.
Le parquet de Lorient a ouvert une enquête préliminaire pour sévices graves sur animaux le 23 avril 2026. L’association L214 avait déposé plainte trois jours plus tôt après la diffusion d’une vidéo filmée fin février dans l’élevage de Kerfornan, à Kergrist, dans le Morbihan. La castration à vif de porcelets y est interdite depuis janvier 2022.
L’essentiel
- Plainte déposée le 20 avril 2026 : L214 a saisi le parquet de Lorient pour sévices graves (article L.521-1 du Code pénal).
- Enquête ouverte le 23 avril 2026 : le parquet a lancé une enquête préliminaire confiée à la gendarmerie.
- Élevage de 1 000 truies : la maternité collective de Kerfornan est liée à la coopérative Eureden.
- Contrôle DDPP le 17 avril : une mise en demeure a été prononcée, sans fermeture de l’exploitation.
- Castration à vif interdite depuis le 1er janvier 2022 : tout acte chirurgical sur porcelet exige désormais anesthésie locale et analgésie.
Ce que montre la vidéo
Les images, filmées fin février 2026 par des enquêteurs de L214, montrent plusieurs pratiques dans la maternité collective de Kerfornan. Selon l’association, on y voit des porcelets castrés sans anesthésie, d’autres claqués au sol, des mutilations illégales, des truies blessées laissées sans soins et des cadavres en décomposition dans les allées.
L214 a qualifié ces faits d’« infraction pénale caractérisée, passible de poursuites pour sévices graves », selon Le Télégramme. L’enquête de l’association a été publiée le 23 avril 2026, jour même de l’ouverture judiciaire, et reprise par plusieurs médias nationaux dont Le Monde et Libération.
Une plainte, une enquête, une mise en demeure
La chronologie est serrée. Le 17 avril 2026, la Direction départementale de la protection des populations (DDPP) du Morbihan a contrôlé l’exploitation. Résultat : une mise en demeure pour non-respect des normes de protection animale. L’élevage n’a pas été fermé.
Trois jours plus tard, le 20 avril, L214 déposait plainte auprès du parquet de Lorient pour sévices graves et mauvais traitements. Le 23 avril, le parquet confirmait l’ouverture d’une enquête préliminaire, confiée à la gendarmerie. Aucune date d’audience n’a été précisée à ce stade, selon Ouest-France.
L214 demande par ailleurs une intervention vétérinaire immédiate sur l’exploitation. La coopérative Eureden, à laquelle l’élevage est lié, n’avait pas fait de déclaration publique au moment de la publication des informations.
Une interdiction en vigueur depuis 2022, peu respectée selon L214
La castration chirurgicale des porcelets à vif est interdite en France depuis le 1er janvier 2022. Le ministère de l’Agriculture a fixé à cette date l’obligation d’anesthésie locale et d’analgésie pour tout acte de ce type. Les infractions sont poursuivies au titre de l’article L.521-1 du Code pénal, qui prévoit des peines pour sévices graves ou actes de cruauté envers des animaux.
L214 documente régulièrement des pratiques contraires à cette réglementation dans des élevages français. L’association est à l’origine de plusieurs procédures judiciaires ces dernières années dans différentes régions.
Contexte dans le Morbihan
Le Morbihan est le 3e département producteur de porcs en France. Il comptait environ 600 000 porcs en 2024, soit 9,3 % du cheptel porcin national, avec 72 000 truies de 50 kg et plus, selon la DRAAF Bretagne. La Bretagne dans son ensemble représente 54,7 % du cheptel porcin français, avec 6,478 millions de têtes.
Ce n’est pas la première fois que L214 pointe des élevages morbihannais. En mars 2024, l’association avait révélé des maltraitances dans deux exploitations porcines situées à Malansac et Trédion, dans le même département. Ces deux élevages avaient été suspendus dans la foulée, puis placés en liquidation judiciaire en novembre 2024, selon Le Figaro et Ouest-France.
Le secteur porcin breton est par ailleurs sous pression économique depuis plusieurs années. Le nombre de truies est en baisse continue depuis 2010 dans le département, selon les données de la DRAAF. L’affaire de Kerfornan s’inscrit dans ce contexte de restructuration du tissu agricole local, où les grandes unités collectives comme celle visée - 1 000 truies reproductrices - sont de plus en plus fréquentes.
Ce type d’affaire soulève aussi des questions sur l’efficacité des contrôles officiels : la DDPP était intervenue le 17 avril, six jours avant la publication de la vidéo par L214, sans que l’élevage soit fermé. Des affaires similaires de bien-être animal font régulièrement l’objet d’enquêtes judiciaires en France.
La suite de la procédure
L’enquête préliminaire ouverte par le parquet de Lorient est confiée à la gendarmerie. Ses conclusions détermineront si des poursuites pénales sont engagées contre le ou les responsables de l’élevage de Kerfornan. L214 maintient sa demande d’intervention vétérinaire immédiate. La DDPP du Morbihan n’avait pas communiqué sur la suite donnée à sa mise en demeure au moment de la publication des informations disponibles.
L’élevage reste en activité. La gendarmerie poursuit ses investigations.
Sources
- Le Télégramme : Porcelets castrés à vif dans un élevage du Morbihan : une enquête ouverte par le parquet
- Ouest-France : Exploitation porcine visée par L214 dans le Morbihan : le parquet de Lorient ouvre une enquête pour sévices graves
- Savoir Animal : Cochons castrés à vif, mutilés, laissés pour morts : L214 porte plainte contre un élevage du Morbihan
- Le Monde : Sévices graves dans un élevage porcin du Morbihan : L214 porte plainte