KLM résiste à la flambée du kérosène, profit de 176 M€ au T2 2026
La compagnie néerlandaise a su répercuter ses surcoûts de carburant, contrairement à Air France dont les profits ont chuté de moitié
KLM a enregistré un bénéfice d'exploitation de 176 millions d'euros au deuxième trimestre 2026, malgré un surcoût de carburant de 804 millions pour le groupe Air France-KLM. La compagnie néerlandaise a mieux compensé la hausse du kérosène qu'Air France, dont les profits ont été divisés par deux.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- KLM a réalisé 176 millions d'euros de bénéfice d'exploitation au T2 2026, en hausse de 3 millions sur un an
- Le groupe Air France-KLM a subi un surcoût carburant de 804 millions d'euros lié aux tensions au Moyen-Orient
- KLM a compensé 85 % de la hausse du kérosène via ses tarifs, contrairement à Air France dont les profits ont chuté de moitié
- Air France-KLM a revu sa prévision de croissance annuelle à 2-3 %, contre 3-4 % initialement
Un profit de 176 M€ pour KLM au T2
KLM a réalisé un bénéfice d’exploitation de 176 millions d’euros au deuxième trimestre 2026, soit 3 millions de plus qu’à la même période l’an dernier, selon les résultats publiés ce 30 juillet par le groupe Air France-KLM. La compagnie néerlandaise se distingue ainsi d’Air France, dont les profits ont chuté de moitié sur la même période.
Le groupe a enregistré un bénéfice d’exploitation ajusté de 484 millions d’euros, en baisse de 251 millions par rapport au deuxième trimestre 2025. Les revenus ont progressé de 9,9 % pour atteindre 9,3 milliards d’euros, avec une marge d’exploitation ajustée de 5,2 %, selon Air France-KLM.
La facture du kérosène : 804 M€ de surcoût
La flambée des prix du carburant, liée aux tensions au Moyen-Orient, a généré un surcoût de 804 millions d’euros pour le groupe au deuxième trimestre. KLM a réussi à compenser environ 85 % de cette hausse en répercutant les coûts sur ses tarifs, notamment sur le segment long-courrier.
Cette stratégie de répercussion tarifaire a mieux fonctionné chez KLM qu’à Air France. Selon NL Times, la compagnie néerlandaise a su faire passer les coûts du kérosène auprès de sa clientèle, tandis qu’Air France a vu ses profits divisés par deux.
Capacité revue à la baisse pour 2026
Face à l’incertitude sur les prix du carburant, Air France-KLM a ajusté ses prévisions annuelles. Le groupe table désormais sur une croissance de capacité comprise entre 2 % et 3 % en 2026, contre 3 % à 4 % initialement visés. Cette révision intervient après un surcoût carburant plus élevé que prévu.
Malgré cette baisse des attentes, les résultats du deuxième trimestre ont dépassé les prévisions des analystes. Airways Magazine souligne que le groupe a battu les prévisions du T2, malgré le choc des 804 millions d’euros liés au carburant.
Contexte aux Pays-Bas
KLM, basée à Schiphol près d’Amsterdam, constitue l’un des piliers économiques du secteur aérien néerlandais. La compagnie emploie environ 33 000 personnes dans le monde et représente une part importante du trafic de l’aéroport d’Amsterdam-Schiphol, premier hub du pays et l’un des plus fréquentés d’Europe.
Le transport aérien néerlandais fait face à des défis structurels : limitations de capacité à Schiphol pour réduire les nuisances sonores, concurrence accrue du rail sur les liaisons européennes, et pression réglementaire sur les émissions de CO2. La capacité de KLM à maintenir sa rentabilité dans ce contexte est scrutée de près par les autorités et les investisseurs.
Vu de France : Air France à la peine
L’écart de performance entre les deux branches du groupe interroge. Air France a subi de plein fouet la hausse du kérosène sans parvenir à la compenser aussi efficacement que sa consœur néerlandaise. Les difficultés d’Air France s’expliquent en partie par une concurrence plus forte sur le marché français et européen, ainsi que par des contraintes opérationnelles différentes.
Pour les investisseurs français, ces résultats illustrent la résilience du modèle KLM, qui s’appuie davantage sur le long-courrier et les correspondances internationales via Schiphol. Air France-KLM reste un groupe franco-néerlandais coté à Paris, avec l’État français détenant 28 % du capital.
Le groupe publiera ses résultats du troisième trimestre en octobre. Les observateurs surveilleront l’évolution des prix du carburant et la capacité des deux compagnies à maintenir leur stratégie tarifaire dans un marché volatile.
