Kostiantynivka : Poutine revendique la ville, Kiev dément
Moscou affirme contrôler la ville stratégique du Donbass, l'Ukraine parle de bluff alors que les pertes russes s'envolent
Vladimir Poutine a revendiqué début juillet 2026 la prise de Kostiantynivka, verrou stratégique du Donbass. Volodymyr Zelensky dément fermement, tandis qu'une trêve humanitaire russe a été rejetée par Kiev, qui y voit un piège.
L’essentiel
- Revendication : vladimir Poutine a déclaré que ses forces bloquaient un groupement ennemi près de Kostiantynivka, affirmation démentie par Kiev
- Démenti : le 4 juillet 2026, Volodymyr Zelensky qualifie cette annonce de bluff et invite Poutine à venir le constater sur place, selon Kyiv Independent
- Trêve rejetée : La Russie affirme que l’Ukraine a refusé une proposition de cessez-le-feu pour permettre le retrait des corps de soldats ukrainiens
- Pertes : environ 40 000 soldats russes auraient été tués en juin 2026, selon des évaluations relayées par l’ISW
Le 3 juillet 2026, Vladimir Poutine a annoncé que ses troupes tenaient désormais Kostiantynivka, verrou logistique et symbolique du Donbass, selon les évaluations de l’Institute for the Study of War (ISW). La déclaration intervient après des mois de combats acharnés autour de cette agglomération industrielle de la région de Donetsk, considérée par les analystes militaires comme l’une des dernières grandes places fortes ukrainiennes avant la ceinture urbaine de Sloviansk et Kramatorsk.
Kiev dément et parle de bluff
La riposte ukrainienne a été immédiate. Le 4 juillet 2026, le président Volodymyr Zelensky a rejeté les propos de son homologue russe, les qualifiant de bluff et invitant Vladimir Poutine à venir constater lui-même la situation sur le terrain, rapporte le Kyiv Independent. L’état-major ukrainien et le groupe de forces Khortytsia, chargé du secteur, maintiennent que la ville reste sous contrôle ukrainien malgré des tentatives répétées d’infiltration russes, selon l’ISW. Le même jour, Volodymyr Zelensky a évoqué la situation militaire et la désinformation russe lors d’un appel avec le chancelier allemand Friedrich Merz, selon la présidence ukrainienne.
Une trêve proposée, puis rejetée
Pour appuyer sa communication, le ministère russe de la Défense a proposé le 4 juillet 2026 un cessez-le-feu localisé de six heures, fixé au 6 juillet, présenté comme une mesure humanitaire destinée à permettre le transfert des dépouilles de soldats ukrainiens tués dans les combats, selon Al Jazeera. Moscou a annoncé le 5 juillet que les autorités ukrainiennes avaient refusé cette offre. Le groupe d’analyse ukrainien DeepState a averti le 6 juillet que cette proposition constituait en réalité un piège tactique, destiné à permettre à des troupes russes de s’infiltrer plus profondément dans la ville sous couvert de trêve, selon le New Voice of Ukraine.
Une guerre de l’information au cœur des combats
L’ISW estime que les affirmations russes de capture s’inscrivent dans une campagne plus large de guerre cognitive, visant à faire croire à un effondrement imminent des lignes de défense ukrainiennes, alors même que la réalité du terrain reste disputée. Ce type de revendication anticipée, non confirmée par des images ou des sources indépendantes, a déjà été observé lors d’autres offensives russes dans le Donbass au cours des deux dernières années de guerre.
L’effondrement des avancées russes
Paradoxalement, cette revendication survient alors que les forces russes traversent une période particulièrement coûteuse. Des évaluations relayées par l’ISW font état d’environ 40 000 soldats russes tués au cours du seul mois de juin 2026, un chiffre qui illustre, selon ces mêmes analyses, l’effondrement des gains territoriaux russes sur plusieurs fronts. Ce décalage entre pertes humaines massives et annonces de victoire alimente les doutes sur la portée réelle de la prise revendiquée de Kostiantynivka.
Contexte dans la guerre en Ukraine
Kostiantynivka occupe une position charnière dans le dispositif ukrainien du Donbass. Sa chute ouvrirait, sur le papier, la voie vers l’axe Sloviansk-Kramatorsk, dernière grande agglomération encore tenue par Kiev dans la région de Donetsk. Depuis le début de l’invasion russe en février 2022, cette zone concentre une part disproportionnée des combats les plus meurtriers du conflit, du fait de sa densité urbaine et de son réseau ferroviaire stratégique. Les revendications de prise de villes du Donbass, souvent annoncées par Moscou avant confirmation indépendante, sont devenues un motif récurrent de la communication de guerre russe, comme le note régulièrement l’ISW dans ses bulletins quotidiens.
Pour l’instant, aucune des deux parties ne peut faire état d’une situation stabilisée sur le terrain. Les prochains jours devraient permettre de vérifier, à travers des sources indépendantes, si les combats se poursuivent réellement dans la ville, comme l’affirme Kiev.