Kourou : le 163e anniversaire de Camerone honoré en présence du préfet de Guyane
Le 3e REI a commémoré le 30 avril 2026 le combat de 1863, alors qu'il engage quotidiennement 300 militaires contre l'orpaillage illégal en forêt guyanaise.
Le 30 avril 2026, le quartier Forget de Kourou a accueilli la prise d'armes marquant le 163e anniversaire du combat de Camerone. Le préfet de la Guyane présidait la cérémonie aux côtés du 3e Régiment Étranger d'Infanterie, engagé sur deux fronts opérationnels permanents.
Le 30 avril 2026, le quartier Forget de Kourou a accueilli la prise d’armes marquant le 163e anniversaire du combat de Camerone. Le préfet de la Guyane présidait la cérémonie aux côtés du 3e Régiment Étranger d’Infanterie, engagé sur deux fronts opérationnels permanents.
L’essentiel
- 163e anniversaire : prise d’armes le 30 avril 2026 au quartier Forget à Kourou, en présence du préfet de la Guyane.
- 300 militaires : engagés quotidiennement en forêt guyanaise contre l’orpaillage illégal, selon la préfecture de Guyane.
- 148,8 M€ : préjudice infligé aux réseaux d’orpaillage en 2025, contre 94,9 M€ en 2024, selon le ministère des Armées.
- 591 sites : d’orpaillage illégal recensés en Guyane en 2025, soit une hausse de 50 % depuis 2023.
- Kermesse publique : le 3e REI a ouvert ses portes les 1er et 2 mai, de 11h à 20h, avec animations familiales.
Une tradition vieille de 163 ans
Le 30 avril 1863, au hameau mexicain de Camerone, 65 légionnaires commandés par le capitaine Jean Danjou ont tenu tête à environ 2 000 soldats mexicains lors de l’expédition du Mexique sous Napoléon III. Jusqu’au dernier homme. Ce combat est depuis la date fondatrice de la Légion étrangère, commémorée chaque année dans tous ses régiments.
À Kourou, la prise d’armes s’est tenue au quartier Forget, siège du 3e REI depuis son implantation en Guyane en 1973. Le préfet de la Guyane y a rendu hommage aux valeurs de courage, loyauté et sacrifice portées par l’institution, selon la préfecture.
Un régiment sur deux fronts
Le 3e REI compte environ 1 200 hommes et assure deux missions permanentes. La mission Titan garantit la protection du Centre spatial guyanais (CSG) à Kourou. La mission Harpie, lancée en 2008, vise à démanteler les réseaux d’orpaillage illégal dans la forêt amazonienne. Le CSG est au cœur de l’activité spatiale guyanaise, ce qui en fait une cible stratégique à protéger.
Selon la préfecture de Guyane, plus de 300 militaires du 3e REI sont déployés chaque jour en forêt, aux côtés du 9e Régiment d’Infanterie de Marine (9e RIMa) et des gendarmes.
L’orpaillage illégal : une pression croissante
Les chiffres 2025 illustrent l’ampleur du défi. Le nombre de sites d’orpaillage illégal en Guyane est passé de 393 en 2023 à 591 en 2025, selon France Info La 1ère, soit une hausse de près de 50 %. Environ 8 000 orpailleurs clandestins seraient actifs sur le territoire. En 2025, 6 tonnes d’or ont été extraites illégalement, causant déforestation, pollution au mercure et menaces sanitaires, selon des données relayées par plusieurs médias.
Face à cette pression, le bilan opérationnel de la mission Harpie s’est alourdi. En 2025, 1 348 patrouilles ont été conduites et 8 031 carbets détruits, pour un préjudice infligé aux réseaux estimé à 148,8 millions d’euros, contre 94,9 millions en 2024, selon le ministère des Armées. La flambée du cours de l’or à l’échelle mondiale est directement pointée comme facteur d’aggravation par France Info La 1ère.
Depuis son arrivée en Guyane en 1973, le 3e REI a perdu environ 50 légionnaires dans l’accomplissement de leurs missions ou de maladies contractées sur le territoire, selon le site de l’armée de Terre.
Contexte dans la Guyane
La Guyane (département 973) est le plus grand département français, avec une forêt amazonienne représentant plus de 90 % de son territoire. Cette géographie exceptionnelle rend le contrôle des zones reculées structurellement difficile. L’orpaillage illégal y constitue une menace environnementale et sécuritaire durable, qui mobilise des moyens militaires sans équivalent dans un département français.
Le 3e REI est le seul régiment de la Légion étrangère présent dans les Outre-mer en dehors de Mayotte. Sa double mission - spatiale et forestière - en fait un acteur central de la souveraineté française sur ce territoire. La sécurité en Guyane reste un enjeu multidimensionnel, au-delà du seul orpaillage. Les tensions sécuritaires récentes à Cayenne et Kourou illustrent la complexité du contexte local.
La préfecture joue un rôle de coordination entre les forces militaires, la gendarmerie et les services civils. La présence du préfet lors de la cérémonie de Camerone est, dans ce contexte, un signal institutionnel autant qu’un acte protocolaire.
Portes ouvertes au public
La journée commémorative s’est prolongée par une dimension civile. Le 3e REI a ouvert le quartier Forget au public les 1er et 2 mai 2026, de 11h à 20h, avec kermesse, tombola et animations familiales. Le chef de corps du régiment a salué sur X « une ambiance de fête familiale et de fraternité d’armes » à l’adresse des Guyanais.
Le 1er mai à Cayenne avait déjà mobilisé les syndicats sur des revendications sociales, dans un calendrier chargé pour la Guyane en ce début mai 2026. La prochaine édition de Camerone, en 2027, marquera le 164e anniversaire et le 54e anniversaire de la présence du 3e REI en Guyane.
Sources
- Préfecture de la Guyane (@Prefet973) : 163e anniversaire du combat de Camerone à Kourou
- Préfecture de la Guyane (@Prefet973) : Le 3e REI dans la lutte contre l'orpaillage illégal
- France Info La 1ère : Guyane : explosion du nombre de sites d'orpaillage illégal avec la flambée du prix de l'or
- Ministère des Armées : Opérations Harpie contre l'orpaillage illégal en Guyane – bilan