Les Abymes : un parc agro-industriel de 15 millions d’euros pour relancer la banane guadeloupéenne

L'Agropark Caraïbes Excellence, inauguré en janvier 2026, mise sur l'agro-transformation pour redynamiser une filière en recul.

Les Abymes : un parc agro-industriel de 15 millions d'euros pour relancer la banane guadeloupéenne
Illustration Marie-Claire Naboulet / info.fr

Aux Abymes, un projet d'agro-industrie orienté vers l'export de bananes s'appuie sur l'Agropark Caraïbes Excellence, implanté à Perrin. L'investissement total atteint 15 millions d'euros, financé à moitié par l'Union européenne. La filière, fragilisée depuis dix ans, cherche un second souffle.

Le site de Perrin, aux Abymes, accueille depuis janvier 2026 l’Agropark Caraïbes Excellence. Ce parc agro-industriel de 1 500 m², déployé sur 4 hectares, est conçu pour accompagner les jeunes entreprises de l’agro-transformation, dont celles travaillant la banane à destination de l’export. Coût total : 15 millions d’euros, dont 5 millions fléchés sur la modernisation de la production bananière. L’Union européenne prend en charge la moitié via le FEADER, selon Franceinfo La 1ère.

Le parc propose des ateliers équipés et un encadrement technique aux porteurs de projets. L’ambition est de structurer une filière agro-industrielle locale capable de rivaliser sur les marchés extérieurs, tout en renforçant la sécurité sanitaire des productions.

Une filière sous pression

Le contexte n’est pas anodin. En dix ans, la banane guadeloupéenne a perdu du terrain. Selon le magazine professionnel Réussir Fruits & Légumes, le nombre de producteurs est passé de plus de 650 en 2015 à 450 en 2025, en Guadeloupe et Martinique confondues. Les surfaces cultivées ont reculé de 8 500 à 6 000 hectares sur la même période.

L’enveloppe POSEI, aide européenne dédiée aux régions ultrapériphériques, reste pour l’heure maintenue à 31,5 millions d’euros pour la Guadeloupe, sur un total de 129 millions pour les deux îles, selon Franceinfo La 1ère. Ce filet de sécurité préserve les conditions d’investissement à court terme.

Des projets complémentaires en cours

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Plusieurs initiatives accompagnent ce repositionnement. Le Conseil Régional de Guadeloupe a adopté le projet Cap vers 100 000 tonnes, visant à augmenter la production, selon RCI. En octobre 2025, le Cirad a lancé le programme Bana+, qui doit déboucher d’ici 2029 sur de nouvelles variétés résistantes aux maladies fongiques, selon Franceinfo La 1ère. Ces maladies figurent parmi les principales menaces pesant sur les plantations.

La filière est portée par l’UGPBAN et la SICA LPG « Les Producteurs de Guadeloupe », créée en 2006, selon l’Odeadom. Ces structures fédèrent les exploitants et organisent la mise en marché à l’export.

La Direction de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Forêt (DAAF) de Guadeloupe a par ailleurs ouvert en avril 2026 un appel à projets pour soutenir des stratégies locales de développement agricole. La date limite de dépôt est fixée au 15 mai 2026. Les projets agro-industriels comme celui des Abymes sont susceptibles d’en bénéficier, selon le site de la DAAF.

Prochaine étape : les porteurs de projets agricoles ont jusqu’au 15 mai 2026 pour répondre à l’appel à projets de la DAAF Guadeloupe.

Sources

Marie-Claire Naboulet

Marie-Claire Naboulet

Correspondante à Basse-Terre, elle suit les tensions sur le chlordécone, les débats sur l'autonomie, le tourisme et les restructurations hospitalières. Issue de l'ESJ Lille, elle a grandi en Guadeloupe. Méthode : interroger les agriculteurs, les militants indépendantistes, les élus, croiser les rapports sanitaires avant de publier.

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