Leyment (Ain) : le maire interdit aux collégiens d’occuper la voie publique
Lionel Klingler a signé un arrêté le 24 mars 2026 après des plaintes de riverains et commerçants contre les regroupements d'élèves après les cours
À Leyment, dans l'Ain, le maire Lionel Klingler a pris un arrêté municipal le 24 mars 2026 interdisant l'occupation prolongée de la voie publique. Cible les dizaines de collégiens qui s'agglutinent chaque soir après les cours devant le collège de la Plaine de l'Ain, entravant la circulation et irritant les riverains.
À Leyment, dans l’Ain, le maire Lionel Klingler a pris un arrêté municipal le 24 mars 2026 interdisant l’occupation prolongée de la voie publique. Cible : les dizaines de collégiens qui s’agglutinent chaque soir après les cours devant le collège de la Plaine de l’Ain, entravant la circulation et irritant les riverains.
L’essentiel
- Date : Arrêté signé le 24 mars 2026 par le maire de Leyment, Lionel Klingler.
- Portée : Interdiction de tout regroupement en station debout, assise ou allongée entravant la libre circulation ou troublant la tranquillité publique.
- Diffusion : L’arrêté a été transmis à la préfecture de l’Ain et à la gendarmerie, et communiqué aux parents d’élèves via le logiciel Pronote.
- Réaction : Des collégiens et certains parents jugent la mesure disproportionnée, selon M6 Info et Le Progrès.
- Contexte territorial : La commune voisine de Meximieux comptait 7 998 habitants en 2023, avec une croissance de +6,51 % entre 2017 et 2023.
Ce qui s’est passé à Leyment
Chaque soir en sortie de classes, des dizaines de collégiens s’installaient aux abords du collège de la Plaine de l’Ain, à Leyment. Assis sur les trottoirs, regroupés en grappes devant les commerces, ils attendaient leur bus ou prolongeaient leurs discussions. Résultat : plaintes répétées de riverains et de commerçants contre le bruit, l’encombrement des passages et les incivilités ponctuelles, selon Le Progrès.
Le maire Lionel Klingler, réélu en mars 2026, a tranché par arrêté. Le texte interdit « l’occupation en station debout, assise ou allongée des voies publiques lorsqu’elle entrave la libre circulation ou trouble la tranquillité et la salubrité publiques ». Vaste périmètre, formulé de manière à couvrir aussi bien les attroupements statiques que les regroupements bruyants.
Un arrêté transmis à la gendarmerie et aux familles
L’arrêté a suivi le circuit administratif classique : transmission à la préfecture de l’Ain et à la gendarmerie locale pour application. Côté établissement, le principal du collège de la Plaine de l’Ain a relayé le texte aux parents d’élèves via Pronote, la plateforme de suivi scolaire, selon Le Progrès et Midi Libre.
Lionel Klingler a précisé, selon Le Progrès, que l’objectif premier est « d’alerter les parents sur la nécessité de mieux encadrer les enfants après les cours ». L’arrêté aurait ainsi autant une fonction pédagogique que coercitive.
Une mesure jugée disproportionnée par les jeunes
Du côté des collégiens et de certains parents, la réaction est sceptique. Plusieurs d’entre eux ont confié à M6 Info qu’il s’agit d’un simple regroupement inoffensif, inévitable lorsque les transports scolaires ne partent pas immédiatement après la sonnerie. Interdire de s’asseoir sur un trottoir en attendant le bus leur paraît aller trop loin.
La question de la proportionnalité de la mesure se pose légitimement. La préfecture de l’Ain rappelle dans sa réglementation générale que tout rassemblement sur la voie publique peut être encadré en cas de trouble à l’ordre public, mais la frontière avec un simple attroupement d’adolescents reste floue juridiquement.
Ce type de tension entre sécurité des abords scolaires et mesures de sécurité aux abords d’écoles est récurrent dans plusieurs communes françaises.
Contexte dans l’Ain
Leyment appartient à la communauté de communes de la Plaine de l’Ain, territoire en développement dans le département. La commune voisine de Meximieux, la plus peuplée du secteur, comptait 7 998 habitants en 2023, soit une hausse de 6,51 % par rapport à 2017, selon l’INSEE. Cette croissance démographique soutenue génère une pression accrue sur les infrastructures locales : voiries, commerces de centre-bourg, abords d’établissements scolaires.
Le collège de la Plaine de l’Ain draine des élèves de plusieurs communes alentour, ce qui explique en partie la concentration de collégiens en attente de transport à la sortie des classes, sans espace dédié suffisant.
Un précédent régional en 2023
Ce n’est pas la première fois qu’un maire de la région recourt à un arrêté pour réguler la présence de mineurs sur la voie publique. En juin 2023, le maire de Sathonay-Village, commune du Rhône voisine de l’Ain, avait imposé un couvre-feu pour les mineurs de moins de 13 ans non accompagnés après 22h, en réponse à des nuisances nocturnes, selon France 3 Auvergne-Rhône-Alpes. La logique est comparable : un arrêté municipal comme outil de gestion de l’espace public face à des comportements jugés problématiques.
Ces initiatives locales reflètent une tendance plus large : face à des situations que ni l’école ni les familles ne régulent entièrement, certains élus municipaux mobilisent leurs pouvoirs de police administrative. La légalité de ces arrêtés dépend de leur rédaction et de leur proportionnalité, deux critères que les tribunaux administratifs examinent au cas par cas.
La gendarmerie de Leyment est désormais chargée de l’application de l’arrêté. Aucune précision n’a été donnée sur d’éventuelles sanctions concrètes ni sur la durée de validité du texte.