LGV Sud-Ouest : l’État rend le projet irrévocable, le financement 100 % public confirmé

Dans un courrier adressé à Carole Delga le 23 juin, le Premier ministre Sébastien Lecornu officialise l’engagement définitif de l’État pour la ligne à grande vitesse Bordeaux-Toulouse-Dax, avec une gare nouvelle dans les Landes.

LGV Sud-Ouest : l’État rend le projet irrévocable, le financement 100 % public confirmé
Illustration Christophe Dufour / info.fr

La présidente de la région Occitanie a reçu ce mardi 23 juin une lettre du Premier ministre actant l’irrévocabilité du projet de LGV Sud-Ouest. L’abandon du partenariat public-privé et le passage à un financement public intégral sont confirmés. Pour les Landes, la perspective d’une gare à Lucbardez-et-Bargues se précise.

L’essentiel

  • Fait 1 : Le Premier ministre Sébastien Lecornu a confirmé le 24 juin 2026 par courrier l’engagement irrévocable de l’État pour la LGV Bordeaux-Toulouse-Dax.
  • Fait 2 : L’État renonce au partenariat public-privé et opte pour un financement 100 % public, écartant un surcoût estimé entre 6 et 13 milliards d’euros.
  • Fait 3 : Le Département des Landes cofinancera à hauteur de 98,6 millions d’euros pour la section Bordeaux-Dax, dont la gare nouvelle prévue à Lucbardez-et-Bargues.

Une confirmation officielle après des décennies d’attente

Le 23 juin 2026, la présidente de la région Occitanie, Carole Delga, a annoncé avoir reçu un courrier signé du Premier ministre Sébastien Lecornu. Ce courrier confirme l’engagement de l’État à rendre irrévocable la réalisation de la ligne à grande vitesse du Sud-Ouest (LGV SO), également appelée Grand Projet Ferroviaire du Sud-Ouest (GPSO).

Selon Carole Delga, interrogée par La Dépêche, ce courrier « lève les dernières incertitudes » sur un dossier qui dure depuis près de 40 ans. Le projet prévoit le doublement de la ligne existante entre Bordeaux et Toulouse d’une part, et entre Bordeaux et Dax d’autre part.

Le choix du financement public pour éviter le surcoût

L’autre annonce majeure est l’abandon du modèle de partenariat public-privé (PPP). L’État s’engage désormais à financer intégralement le projet sur fonds publics. Selon les estimations citées par Sud Ouest, le recours au privé aurait entraîné un surcoût de 6 à 13 milliards d’euros.

En mai 2026, l’État et les collectivités avaient déjà débloqué 820 millions d’euros pour les premières études. Le Premier ministre a également annoncé une enveloppe supplémentaire de 500 millions d’euros. Une accélération des financements qui fait écho à d’autres projets d’infrastructures, comme celui évoqué par le préfet en Petite-Terre.

Les Landes, territoire clé du projet

Pour le département des Landes, la confirmation est cruciale. Le Conseil départemental s’est engagé à cofinancer la section Bordeaux-Dax à hauteur de 98,6 millions d’euros sur 40 ans. Cette participation est conditionnée à la réalisation conjointe des deux branches (Toulouse et Dax).

Une gare nouvelle est prévue sur la commune de Lucbardez-et-Bargues, à une dizaine de kilomètres de Mont-de-Marsan. Elle doit desservir toute l’agglomération montoise et dynamiser les déplacements professionnels et touristiques. La mairie de Mont-de-Marsan n’a pas encore communiqué sur les retombées attendues, mais l’élu local Christophe Dufour (sans lien avec l’auteur) a salué « une avancée historique » dans un entretien à Sud Ouest.

Contexte dans les Landes

Avec 430 000 habitants, le département des Landes est le deuxième plus peuplé de la région Nouvelle-Aquitaine après la Gironde. Son économie repose notamment sur le tourisme balnéaire et la forêt de pins maritimes. La LGV doit réduire le temps de trajet Mont-de-Marsan - Bordeaux de 1 h 30 à environ 45 minutes, et Mont-de-Marsan - Paris à moins de 3 heures. Selon l’INSEE, 40 % des actifs landais travaillent en dehors du département, dont une part significative dans la métropole bordelaise. L’amélioration de la desserte ferroviaire est un enjeu majeur d’attractivité économique.

Des opposants vigilants

Le projet ne fait pas l’unanimité. Des collectifs d’opposants, notamment dans le Sud des Landes, réclament un moratoire sur le financement de la LGV. Ils pointent les risques environnementaux (fragmentation des forêts, consommation de terres agricoles) et le coût total estimé à plus de 14 milliards d’euros. En mai 2026, une manifestation avait rassemblé 200 personnes à Dax. Par ailleurs, la préfète de Gironde a rappelé les consignes anti-incendie en période de canicule, un sujet qui préoccupe aussi les riverains du tracé en Gironde et dans les Landes.

Prochaine étape : la déclaration d’utilité publique (DUP) a été signée en 2016, ouvrant la voie aux travaux préparatoires. Le chantier de la gare de Lucbardez-et-Bargues est espéré pour 2028.

Christophe
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Sources

Christophe Dufour

Christophe Dufour

Christophe est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Landes (40), avec Mont-de-Marsan pour chef-lieu. Spécialité du département : forêt landaise et surf international. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Nouvelle-Aquitaine.

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