Liban-Israël : l’armée libanaise se déploie dans le sud, Trump parraine l’accord
Sous l'égide de Washington, Beyrouth amorce la reprise du contrôle de zones encore occupées par Tsahal. Le Hezbollah s'oppose, les premiers tirs israéliens rappellent la fragilité du processus.
L'armée libanaise a entamé le 21 juillet son déploiement dans le village de Zawtar al-Gharbiya, au sud du Liban, en application d'un accord-cadre signé fin juin avec Israël sous parrainage américain. Le président Joseph Aoun a rencontré Donald Trump à Washington pour sceller l'engagement de désarmement du Hezbollah, mais des tirs israéliens et l'opposition du mouvement chiite fragilisent déjà la mise en œuvre.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- L'armée libanaise a déployé un convoi à Zawtar al-Gharbiya le 21 juillet 2026, première zone pilote de l'accord signé fin juin avec Israël.
- Le président Joseph Aoun a rencontré Donald Trump à Washington les 21-22 juillet et s'est engagé à désarmer le Hezbollah.
- Des tirs israéliens ont été signalés près des unités libanaises dès le 21 juillet, illustrant la fragilité du processus.
- Le Hezbollah s'oppose formellement à l'accord et exige des négociations entre Washington et Téhéran.
- Deux autres villages pilotes, Froun et Srifa, doivent accueillir l'armée libanaise dans les prochains jours.
Un convoi de l’armée libanaise a pénétré le 21 juillet dans Zawtar al-Gharbiya, village du sud du Liban encore partiellement occupé par des troupes israéliennes. Cette opération marque la première étape concrète de l’accord-cadre signé le 26 juin 2026 entre Beyrouth, Tel-Aviv et Washington, visant à restaurer la souveraineté libanaise sur la bande frontalière et à mettre fin à des mois de tensions. Le Premier ministre libanais Nawaf Salam s’est rendu sur place le 22 juillet pour appeler à un « retrait israélien global » du sud.
Un accord trilatéral sous tutelle américaine
L’accord signé fin juin prévoit le déploiement progressif de l’armée libanaise dans des « zones pilotes » - Froun, Srifa et Zawtar al-Gharbiya - en contrepartie d’un retrait des forces israéliennes et du désarmement du Hezbollah. Selon The Times of Israel, le texte a été parrainé par Washington, qui y voit un levier de stabilisation régionale. Les États-Unis ont annoncé le 20 juillet 2026 le début de la mise en œuvre de l’accord.
Le président libanais Joseph Aoun a rencontré Donald Trump à la Maison-Blanche le 21 juillet 2026 pour confirmer l’engagement de Beyrouth. « Le président libanais, devant Trump, affirme vouloir mettre fin éternellement à l’hostilité entre Israël et le Liban », rapporte le média InfoSudLiban sur X. Aoun s’est engagé à désarmer le Hezbollah, condition sine qua non posée par Israël et les États-Unis.
Premiers incidents sur le terrain
Dès le 21 juillet, des tirs israéliens ont été signalés à proximité des unités libanaises déployées à Zawtar al-Gharbiya, selon L’Orient-Le Jour. Aucune victime n’a été rapportée, mais l’incident illustre la volatilité de la situation. Le village reste en partie sous contrôle de Tsahal, et la coordination entre les deux armées demeure embryonnaire. Le Premier ministre Nawaf Salam a réclamé un « retrait israélien complet » lors de sa visite du 22 juillet, selon l’agence syrienne SANA, tout en assurant que les forces libanaises sécuriseraient les zones pour permettre le retour des habitants déplacés.
Le déploiement dans les deux autres villages pilotes, Froun et Srifa, n’a pas encore été confirmé officiellement. Les observateurs sur place notent que la capacité de l’armée libanaise à s’imposer face au Hezbollah, qui contrôle de facto une partie du sud depuis des années, reste incertaine.
L’opposition frontale du Hezbollah
Le mouvement chiite a publiquement rejeté l’accord. Selon The Times of Israel, le Hezbollah exige que toute négociation passe par un dialogue direct entre Washington et Téhéran, son parrain régional. Pour le parti, le désarmement inscrit dans l’accord constitue une ligne rouge. « Le Hezbollah s’oppose formellement à cet accord », confirme le journal israélien, citant des sources libanaises.
Cette opposition complique la tâche du gouvernement libanais, pris entre la pression internationale et la réalité politique intérieure. Le Hezbollah dispose de relais au Parlement et d’une influence armée sur le terrain que l’armée régulière ne peut ignorer. L’équation est fragile : Beyrouth doit convaincre le mouvement de rendre les armes sans déclencher de conflit interne, tout en maintenant la confiance d’Israël et des États-Unis.
Contexte au Proche-Orient
Le Liban, petit État de 10 452 km² et environ 5,5 millions d’habitants selon les estimations de l’ONU, subit depuis des années les conséquences de l’affrontement indirect entre Israël et le Hezbollah. La bande frontalière sud a été le théâtre de raids israéliens récurrents et de tirs de roquettes du Hezbollah, notamment durant les escalades de 2006 et les tensions des dernières années. L’accord de juin 2026 représente la première tentative formelle de désescalade depuis plus d’une décennie.
Pour Israël, le retrait conditionné au désarmement du Hezbollah répond à une exigence sécuritaire de long terme. Pour le Liban, la reprise du contrôle du sud est une question de souveraineté et de crédibilité de l’État. Les États-Unis, sous l’administration Trump, cherchent à capitaliser sur cet accord pour renforcer leur rôle de médiateur au Proche-Orient, après des années de statu quo.
Prochaine étape
Les regards se tournent désormais vers les villages de Froun et Srifa, où le déploiement de l’armée libanaise est attendu dans les prochains jours, selon TV5MONDE. La capacité de Beyrouth à tenir ses engagements face au Hezbollah et à éviter de nouveaux incidents avec Israël constituera le véritable test de viabilité de l’accord. Le Premier ministre Salam a promis que « les forces libanaises assureront la sécurité » des zones reprises, mais les modalités concrètes du désarmement du Hezbollah restent floues.