Lons-le-Saunier : le domicile d’une militante pro-palestinienne saccagé par un groupuscule d’extrême droite
Une quinzaine de membres du Comité du 9 mai ont vandalisé le logement d'Anna dans la nuit du 18 au 19 avril. Une plainte a été déposée.
Dans la nuit du 18 au 19 avril 2026, une quinzaine d'individus liés au groupuscule d'extrême droite Comité du 9 mai ont saccagé le domicile d'Anna, militante pro-palestinienne à Lons-le-Saunier. Une plainte a été déposée. Dix-huit organisations réclament une réaction des élus locaux, restée silencieuse à ce jour.
Les faits se sont produits en pleine nuit. Entre le 18 et le 19 avril 2026, une quinzaine d’individus se sont présentés devant le logement d’Anna, militante pro-palestinienne à Lons-le-Saunier. Ils ont arraché drapeaux et affiches palestiniens affichés sur sa façade, puis apposé des stickers du Comité du 9 mai (C9M), selon France 3 Franche-Comté. Le fils d’Anna a filmé la scène et appelé la police. Les agresseurs ont pris la fuite. Une plainte pour dégradation a été déposée auprès des autorités.
« Je crains pour ma sécurité », a déclaré la militante à France 3. Elle précise que cet incident est le quatrième en quelques mois en lien avec son engagement pro-palestinien. Une escalade qui l’inquiète, dit-elle, non seulement pour elle-même mais pour la ville dans son ensemble. Ce type de tension n’est pas sans précédent dans le département : en mai 2025, un homme avait été frappé et menacé en pleine rue à Lons-le-Saunier pour avoir exprimé un désaccord politique, selon le site L’insoumission. En novembre 2025, un forum décolonial et antifasciste avait été annulé dans le Jura sous pression d’un groupuscule d’ultradroite.
Qui est le Comité du 9 mai ?
Le C9M est un groupuscule nationaliste fondé en 1994 pour commémorer la mort de Sébastien Deyzieu, militant d’extrême droite décédé lors d’une fuite face à la police après une manifestation interdite à Paris, selon Wikipedia. Le groupe est étroitement lié au Groupe Union Défense (GUD), organisation étudiante d’ultradroite fondée en 1968 et connue pour ses actions violentes, selon BFMTV. Le C9M organise chaque année des rassemblements néofascistes à Paris qui attirent des militants de toute l’Europe.
La présence de ses stickers à Lons-le-Saunier - ville de 17 000 habitants chef-lieu du Jura - marque une incursion notable du groupuscule en province. Les raisons d’un tel ciblage n’ont pas été précisées par les auteurs des faits. D’autres actes de vandalisme à caractère symbolique ont également défrayé la chronique ces dernières semaines en France.
Dix-huit organisations réclament une prise de position des élus
Dès le 23 avril, dix-huit organisations - dont SOS Racisme, La France Insoumise, le PCF et le PS - ont publié un communiqué commun condamnant l’acte. Leur formule est sans ambiguïté : « Le silence serait une complicité ». Elles interpellent directement le maire de Lons-le-Saunier et le conseil départemental du Jura, selon Le Progrès.
À ce jour, aucune réaction publique n’a été rapportée de la part des élus locaux. La mairie n’a pas encore détaillé sa position. Le conseil départemental n’a pas non plus communiqué. Dans d’autres communes françaises confrontées à des actes de vandalisme, les élus ont choisi de prendre la parole rapidement - ce n’est pas encore le cas ici.
Le contexte local ajoute une dimension particulière. En septembre 2025, la ville de Lons-le-Saunier, membre du réseau international « Maires pour la Paix », avait salué la reconnaissance officielle de l’État de Palestine et appelé à la paix, selon le site Pleinair.net. Un positionnement qui avait pu faire de la ville - et de ses militants - une cible pour des groupes opposés à cette cause. Le lien de causalité n’a cependant pas été établi à ce stade.
L’enquête est en cours. Les affaires mêlant violences à connotation politique s’invitent régulièrement dans le débat public cette année. À Lons-le-Saunier, Anna attend que les autorités judiciaires et politiques donnent suite.
Sources
- France 3 Franche-Comté : "Je crains pour ma sécurité" : le domicile d'une militante pour la cause palestinienne vandalisé par un groupuscule d'extrême droite
- Le Progrès : « Le silence serait une complicité » : dix-huit organisations dénoncent le vandalisme du domicile d'une militante
- L'insoumission : Extrême droite : face aux violences racistes dans le Jura, l'Observatoire interrégional des violences faites aux militants appelle à la mobilisation
- Wikipedia : Comité du 9-Mai