Saint-Denis : rassemblement d’extrême droite interdit, tensions redoutées

La préfecture a interdit le 11 avril un rassemblement du Parti de la France sur le parvis de la basilique, validé ensuite par la justice.

Saint-Denis : rassemblement d'extrême droite interdit, tensions redoutées
Illustration Fatima Benali / info.fr

Le préfet de Seine-Saint-Denis a interdit le 9 avril 2026 un rassemblement d'extrême droite prévu deux jours plus tard à Saint-Denis. Des contre-mobilisations antifascistes maintenaient la pression malgré l'arrêté. Le tribunal administratif a confirmé la décision.

Le préfet Julien Charles a signé le 9 avril 2026 un arrêté interdisant tout rassemblement non déclaré dans un périmètre autour de la basilique de Saint-Denis pour le samedi 11 avril, selon le communiqué de la préfecture de Seine-Saint-Denis. La mesure visait directement un rassemblement organisé par Le Parti de la France, groupuscule d’extrême droite fondé en 2009 par l’ancien cadre du FN Carl Lang, aujourd’hui dirigé par Thomas Joly.

L’événement était présenté par ses organisateurs comme un moyen de « rappeler que Saint-Denis reste une ville française », selon franceinfo, avec des références à l’islamo-gauchisme et à la « colonisation migratoire ».

Une réaction au rassemblement antiraciste du 4 avril

Ce projet de mobilisation s’inscrivait en réaction directe au grand rassemblement antiraciste du 4 avril 2026, organisé par la municipalité en soutien au maire LFI Bally Bagayoko, visé par des attaques racistes. Selon Le Monde, plusieurs milliers de personnes avaient répondu à cet appel, aux côtés d’associations comme le MRAP et SOS Racisme.

Face à l’annonce du rassemblement d’extrême droite, des appels à contre-mobilisation avaient rapidement circulé sur les réseaux sociaux sous le mot d’ordre « Pas de nazis à Saint-Denis ». C’est précisément ce risque d’affrontements entre militants aux positions antagonistes qui a motivé l’interdiction préfectorale, selon l’arrêté cité par France 24.

Thomas Joly a dénoncé la décision sur X, y voyant une « atteinte flagrante au droit de manifester » et « l’aveu des autorités qu’elles sont incapables de maintenir l’ordre ». Il a toutefois appelé ses sympathisants à ne pas braver l’arrêté.

La justice valide l’interdiction

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Le Parti de la France avait déposé un recours en référé-liberté devant le Tribunal administratif de Montreuil. Le 10 avril, ce recours a été rejeté. Selon le juriste Nicolas Hervieu sur X, la juridiction a retenu la présence de « propos discriminatoires ou haineux » dans l’appel au rassemblement pour valider la décision préfectorale.

Un site déjà au cœur des tensions

La basilique de Saint-Denis n’en est pas à son premier épisode de ce type. En mars 2025, le collectif Les Natifs avait recouvert une exposition photographique présentée dans l’édifice, qui montrait notamment des femmes voilées de la ville, selon La Croix. En 2018, une occupation de sans-papiers dans la commune avait suscité des réactions du FN et de LR.

Malgré l’interdiction, des appels à se rassembler continuaient de circuler côté antifasciste le 11 avril, selon actu.fr, maintenant une pression dans le secteur de la basilique. Le Parti de la France, de son côté, n’a pas renoncé à organiser une action future à Saint-Denis, sans préciser de date.

Sources

Fatima Benali

Fatima Benali

Basée à Bobigny, elle traite les tensions sur le logement, les débats sur la sécurité, les projets de Grand Paris Express et les inégalités scolaires. Issue de l'ESJ Lille, elle a grandi en Seine-Saint-Denis. Méthode rigoureuse : interroger les élus, les associations, les enseignants, vérifier les statistiques de la préfecture avant de publier.

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