Manosque : les CRS évacuent le camp illégal de La Loubière après dix ans d’occupation
Le maire Camille Galtier a obtenu la libération de la première parcelle occupée illicitement, avec l'appui de la préfecture et d'une douzaine de camions de CRS.
Le camp de gens du voyage installé illégalement à La Loubière, à Manosque, a été évacué le 28 avril 2026. Le maire Camille Galtier avait déposé un référé en janvier pour mettre fin à une occupation qui durait depuis plus de dix ans. La préfecture des Alpes-de-Haute-Provence et les CRS ont appuyé l'opération.
Le camp de gens du voyage installé illégalement à La Loubière, à Manosque, a été évacué le 28 avril 2026. Le maire Camille Galtier avait déposé un référé en janvier pour mettre fin à une occupation qui durait depuis plus de dix ans. La préfecture des Alpes-de-Haute-Provence et les CRS ont appuyé l’opération.
L’essentiel
- 28 avril 2026 : évacuation du camp illégal de La Loubière par les forces de l’ordre, avec appui de la préfecture et des CRS.
- 12 janvier 2026 : saisine du tribunal judiciaire et du tribunal administratif par le maire Camille Galtier pour faire cesser l’occupation illicite.
- 29 janvier 2026 : le tribunal judiciaire autorise l’évacuation forcée des parcelles concernées par ordonnance.
- Plus de dix ans : durée de l’occupation illégale de la parcelle de passage à La Loubière, selon La Provence.
- Une douzaine de camions de CRS sont intervenus vers 8h le 29 avril dans la zone d’activité Saint-Maurice pour une première vague d’expulsion, selon La Provence.
Une opération annoncée sur X dès le 28 avril
Le maire de Manosque, Camille Galtier, a publié l’annonce sur le réseau social X le 28 avril 2026 :
L’intervention a mobilisé les forces de l’ordre dès le matin du 28 avril sur la parcelle de passage de La Loubière. Le lendemain, une douzaine de camions de CRS se déployaient vers 8h dans la zone d’activité Saint-Maurice pour une première vague d’expulsion complémentaire, selon La Provence. Haute-Provence Info avait relayé l’information en temps réel :
Trois mois et demi de procédure judiciaire
Le maire a saisi le tribunal judiciaire et le tribunal administratif le 12 janvier 2026, selon un communiqué de la ville de Manosque. L’objectif : faire cesser l’occupation illicite des parcelles à La Loubière.
Le 29 janvier 2026, le tribunal judiciaire a rendu une ordonnance autorisant l’évacuation forcée. La décision du tribunal administratif a été plus nuancée : il s’est déclaré incompétent pour la parcelle CB35 et a estimé que l’occupation de la parcelle CB37 était conforme à une aire permanente, toujours selon le communiqué de la mairie.
La majorité municipale avait défendu la procédure dès le 6 février 2026, qualifiant les campements de La Loubière d’illégaux, selon La Provence.
Dix ans de tensions récurrentes autour de La Loubière
L’occupation de la parcelle de passage de La Loubière dure depuis plus de dix ans. Elle a alimenté un débat récurrent au sein du conseil municipal, comme le documente La Provence dans plusieurs articles successifs.
La Marseillaise a précisé que les habitants de l’aire d’accueil du quartier avaient été évacués par la police, une formulation qui reflète la complexité de la situation : certains occupants sont sédentarisés depuis des années. Ces familles avaient exprimé, en janvier 2026, un sentiment d’injustice face à la menace d’expulsion, selon La Provence.
Cette dimension humaine du dossier n’a pas infléchi la position de la municipalité. Le maire n’a pas détaillé publiquement de mesures d’accompagnement au relogement à ce stade.
Contexte dans les Alpes-de-Haute-Provence
Manosque est la plus grande commune du département des Alpes-de-Haute-Provence, avec environ 22 000 habitants. Le schéma départemental des gens du voyage, établi en 2004, indiquait que Manosque respectait alors l’obligation réglementaire d’offrir des aires d’accueil pour les communes de plus de 5 000 habitants, selon un document de Provence Alpes Agglomération. Des installations illégales persistent néanmoins sur des parcelles non dédiées.
La question du rapport entre obligation d’accueil et occupation illicite est un point de tension récurrent dans plusieurs communes du département. Dans le Var voisin, la préfecture a récemment réuni les maires de Toulon sur les questions de sécurité et de logement, un sujet qui traverse toute la région.
À Manosque, la décision de recourir au référé - et d’obtenir le concours de la force publique - marque un changement d’approche municipal après des années de statu quo. L’arrestation d’un chauffard à Forcalquier, autre commune des Alpes-de-Haute-Provence, rappelle que le recours aux forces de l’ordre dans le département s’inscrit dans un contexte d’ordre public plus large en 2026.
Ce que la mairie n’a pas encore précisé
La ville de Manosque n’a pas communiqué sur le nombre exact de personnes ou de véhicules concernés par l’évacuation, ni sur d’éventuelles solutions de relogement proposées aux familles. Il n’a pas été précisé non plus si d’autres parcelles occupées illégalement - au-delà de La Loubière et de la zone Saint-Maurice - font l’objet de procédures similaires.
Aucune source préfectorale directe n’a été accessible pour confirmer le dispositif global engagé ou son calendrier. La préfecture des Alpes-de-Haute-Provence n’a pas publié de communiqué accessible au moment de la publication de cet article.
La mairie évoque la libération de « la première parcelle », ce qui laisse entendre que d’autres sites pourraient faire l’objet de procédures complémentaires. Les suites judiciaires éventuelles - notamment sur la parcelle CB37, dont le statut reste contesté - n’ont pas été précisées.
Sources
- X / @camillegaltier : Tweet de Camille Galtier annonçant la libération de la première parcelle
- Haute-Provence Info : Manosque : le campement illégal de La Loubière évacué
- La Provence : On ne veut pas partir : à Manosque, les gens du voyage se préparent à être expulsés après le recours du maire
- La Provence : Les forces de l'ordre interviennent pour une première vague d'expulsion des gens du voyage à Manosque
- Ville de Manosque : Communiqué : précisions relatives à la situation juridique à La Loubière
- La Marseillaise : Des gens du voyage expulsés de leur aire d'accueil à Manosque