Le cours de l'or a dépassé les 5 560 dollars l'once ce mercredi 29 janvier 2026, augmentant sa capitalisation boursière de plus de 2 000 milliards de dollars en seulement 24 heures. Cette envolée spectaculaire, qui survient après avoir franchi successivement les seuils de 5 000 puis 5 300 dollars ces derniers jours, creuse l'écart avec les cryptomonnaies : la capitalisation totale de l'or représente désormais 24 fois celle du Bitcoin. Un phénomène alimenté par les tensions géopolitiques, l'affaiblissement du dollar américain et les inquiétudes croissantes sur l'indépendance de la Réserve fédérale.
L'essentiel
- L'or a dépassé les 5 560 dollars l'once le 29 janvier 2026, augmentant sa capitalisation de plus de 2 000 milliards de dollars en 24 heures
- Le métal précieux a progressé de plus de 17 % sur le seul mois de janvier 2026, après avoir franchi successivement les seuils de 5 000 puis 5 300 dollars
- La capitalisation totale de l'or représente désormais 24 fois celle du Bitcoin et équivaut à l'ensemble du marché des cryptomonnaies
- Le dollar américain s'est effondré face au yen japonais, qui a gagné 1,5 % le 26 janvier, atteignant son plus bas niveau depuis la mi-novembre à 153,405 yens
- Les actions des mineurs d'or ont bondi : Harmony Gold +6,5 %, Gold Fields +4,1 %, Newmont +3 % lors du franchissement des 5 300 dollars le 28 janvier
Le lundi 26 janvier 2026 restera gravé dans les mémoires des marchés financiers. Pour la première fois de son histoire, l’or a franchi la barre symbolique des 5 000 dollars l’once, selon Boursorama. Deux jours plus tard, le 28 janvier, le métal précieux poursuivait son ascension fulgurante en dépassant les 5 300 dollars, atteignant même un pic à 5 311,31 dollars. Ce mercredi 29 janvier, la progression se poursuit avec un cours qui dépasse désormais les 5 560 dollars, propulsant la capitalisation boursière totale de l’or à des niveaux jamais observés. En l’espace de 24 heures, cette capitalisation a bondi de plus de 2 000 milliards de dollars, un mouvement qui illustre l’ampleur de la ruée vers ce refuge traditionnel.
Une ascension vertigineuse depuis septembre 2025
Cette flambée spectaculaire s’inscrit dans une tendance haussière amorcée depuis plusieurs mois. Le Monde rappelait qu’en septembre 2025, l’or avait déjà atteint un sommet historique à 3 501,59 dollars l’once, dépassant son précédent record d’avril 2025. Puis, début octobre 2025, Le Grand Continent signalait le franchissement des 4 000 dollars, avec une hausse de 50 % depuis le début de l’année 2025. Entre le 1er janvier et le 7 octobre 2025, cette progression s’était déjà révélée impressionnante, alimentée par la politique tarifaire imprévisible de l’administration Trump et l’instabilité géopolitique croissante.
Depuis le franchissement des 4 000 dollars en octobre, l’or a donc gagné plus de 1 560 dollars supplémentaires en moins de quatre mois, soit une augmentation de près de 39 %. Cette accélération témoigne d’un basculement majeur dans les stratégies d’investissement mondiales. Les investissements dans les ETF adossés à l’or avaient déjà atteint 60 milliards de dollars sur l’année 2025, un record historique selon les données disponibles. En janvier 2026, les gains mensuels dépassent déjà 17 %, tandis que l’argent a progressé de près de 7 % sur la même période.
Le dollar vacille face au yen et aux tensions géopolitiques
L’effondrement relatif du dollar américain constitue l’un des principaux moteurs de cette envolée. Le 26 janvier, le yen japonais a bondi de 1,5 % en Europe, laissant le dollar à son plus bas niveau depuis la mi-novembre à 153,405 yens. Cette remontée brutale du yen a déclenché des spéculations sur une intervention coordonnée entre les États-Unis et le Japon, la première en 15 ans. La Réserve fédérale de New York a procédé à des vérifications de taux le vendredi 23 janvier, confirmant les craintes du marché.
« La tendance du marché est de vendre le yen à découvert, mais la possibilité d’une coordination signifie qu’il ne s’agit plus d’un pari à sens unique », a déclaré Prashant Newnaha, stratège principal en matière de taux chez TD Securities à Singapour.
L’indice du dollar américain est resté proche de son plus bas niveau depuis quatre ans, rendant les lingots d’or moins chers pour les acheteurs étrangers et alimentant la demande internationale. L’euro a gagné 0,2 % pour atteindre 1,185 dollar, approchant ses plus hauts de septembre. Cette faiblesse du billet vert s’explique par plusieurs facteurs convergents : les menaces tarifaires de Donald Trump à l’encontre des alliés européens, les sanctions renforcées contre l’Iran, et surtout les doutes croissants sur l’indépendance de la Réserve fédérale.
Les banques centrales diversifient massivement leurs réserves
Au-delà des investisseurs individuels, les banques centrales du monde entier ont significativement augmenté leurs achats d’or. La Banque populaire de Chine figure parmi les acheteurs les plus actifs, cherchant à diversifier ses réserves face à l’instabilité du système monétaire international. Cette stratégie de diversification s’inscrit dans un mouvement plus large de défiance vis-à-vis du dollar comme unique monnaie de réserve mondiale.
« L’or a clairement une histoire assez convaincante, en termes de diversification des réserves des banques centrales, que l’on pourrait penser renforcée par toutes ces discussions sur l’intervention et les événements aux États-Unis plus généralement », a souligné Chris Scicluna, analyste chez Daiwa Capital Markets.
En raison de sa disponibilité limitée et de son statut historique de valeur refuge, l’or reste moins exposé aux fluctuations que les monnaies fiduciaires. Cette caractéristique en fait une protection efficace contre l’inflation, particulièrement dans un contexte où l’inflation américaine demeure persistante. Les guerres en Ukraine et à Gaza, combinées aux incertitudes commerciales liées aux politiques tarifaires erratiques de Washington, renforcent l’attractivité du métal jaune.
L’or écrase Bitcoin dans la course aux valeurs refuges
La comparaison avec les cryptomonnaies devient de plus en plus défavorable pour ces dernières. Alors que Bitcoin et les défenseurs des actifs numériques évoquent régulièrement l’objectif de « capter une part importante de l’or », la réalité du marché en ce début 2026 montre un écart abyssal. Avec une capitalisation qui a augmenté de plus de 2 000 milliards de dollars en 24 heures, l’or dépasse non seulement la valeur totale des bitcoins en circulation, mais égale désormais la capitalisation totale de l’ensemble du marché des cryptomonnaies.
Le rapport de force est sans appel : l’or pèse aujourd’hui 24 fois plus que le Bitcoin. Cette domination écrasante s’explique par la confiance institutionnelle dont bénéficie le métal précieux, reconnu depuis des millénaires comme réserve de valeur universelle. Les banques centrales, les fonds souverains et les investisseurs institutionnels privilégient massivement l’or physique ou les ETF adossés à ce métal, plutôt que les actifs numériques volatils et encore mal régulés.
Les mineurs d’or profitent pleinement de la tendance
L’envolée du cours de l’or profite directement aux sociétés minières cotées en bourse. Le 28 janvier, lorsque l’or a franchi les 5 300 dollars, les actions des principales compagnies minières ont bondi : Newmont a progressé de 3 %, Barrick Mining de 1 %, tandis que les mineurs sud-africains ont enregistré des hausses encore plus spectaculaires. Gold Fields a gagné 4,1 %, AngloGold Ashanti 3,2 %, Harmony Gold 6,5 % et Sibanye Stillwater 3,5 %. Du côté canadien, Agnico Eagle Mines a augmenté de 2,5 %.
Ces entreprises bénéficient d’une double dynamique favorable : l’augmentation du prix de vente de leur production et l’amélioration mécanique de leurs marges opérationnelles. Avec un cours qui dépasse désormais les 5 560 dollars l’once, les projets d’exploration et d’extraction jugés non rentables il y a encore quelques mois deviennent soudainement viables économiquement. Les analystes anticipent une vague d’investissements dans de nouvelles capacités de production, même si les délais de développement des mines d’or restent longs, généralement entre cinq et dix ans.
Perspectives : jusqu’où peut monter l’or ?
La question qui obsède désormais les marchés financiers concerne le plafond potentiel de cette hausse. Aucun analyste n’ose aujourd’hui fixer une limite précise, tant les facteurs haussiers s’accumulent. La réunion de politique monétaire de la Réserve fédérale, attendue dans les prochains jours, constituera un test crucial. Les marchés anticipent une possible baisse des taux d’intérêt américains, ce qui affaiblirait encore le dollar et soutiendrait mécaniquement le cours de l’or.
Les tensions géopolitiques ne montrent aucun signe d’apaisement. Les sanctions contre l’Iran se durcissent, les conflits en Ukraine et à Gaza se poursuivent, et les relations commerciales internationales restent tendues sous l’impulsion de politiques protectionnistes. Dans ce contexte, l’or conserve tous ses atouts de valeur refuge. Si le marché haussier de l’or venait à se calmer et qu’une rotation des capitaux s’opérait vers d’autres actifs, Bitcoin pourrait théoriquement en profiter. Mais pour l’instant, le métal jaune règne en maître incontesté sur le royaume des valeurs refuges, laissant les cryptomonnaies loin derrière dans cette course à la sécurité financière. La capitalisation de l’or pourrait-elle atteindre 20 000 milliards de dollars d’ici la fin de l’année 2026, portée par une crise majeure du système monétaire international ?
Sources
- Boursorama (26 janvier 2026)
- Boursorama (28 janvier 2026)
- Le Monde (2 septembre 2025)
- Le Grand Continent (7 octobre 2025)