Lorient : l’ancien inspecteur ASE du Morbihan condamné à 4 ans ferme pour agressions sexuelles sur mineures
Pierre-Jean Mahé, 53 ans, ex-gendarme devenu inspecteur à l'Aide sociale à l'enfance, a été condamné le 18 mai par le tribunal de Lorient. Il a fait appel le 22 mai.
Pierre-Jean Mahé, 53 ans, ancien inspecteur de l'Aide sociale à l'enfance du Morbihan, a été condamné le 18 mai 2026 par le tribunal judiciaire de Lorient à quatre ans de prison ferme pour agressions sexuelles et harcèlement sur des mineures placées sous sa responsabilité. Il a interjeté appel quatre jours plus tard. Une nouvelle plainte le vise pour des faits commis alors qu'il était sous contrôle judiciaire.
Pierre-Jean Mahé, 53 ans, domicilié à Ploemeur, ancien gendarme reconverti en inspecteur à l’Aide sociale à l’enfance (ASE) du Morbihan, a été condamné le 18 mai 2026 par le tribunal judiciaire de Lorient à quatre ans d’emprisonnement ferme. Les faits retenus : agressions sexuelles (viols correctionnalisés) et harcèlement sexuel sur des mineures et jeunes majeures placées sous sa responsabilité, ainsi que sur une ex-compagne. Il a fait appel le 22 mai. Le dossier sera rejugé devant la cour d’appel de Rennes.
L’essentiel
- Condamnation : 4 ans de prison ferme prononcés le 18 mai 2026 par le tribunal judiciaire de Lorient, avec exécution provisoire même en cas d’appel.
- 9 parties civiles : mineures et jeunes majeures suivies par l’ASE, éducatrices et une ex-compagne ; 10 000 € de dommages-intérêts à la victime principale, 3 800 € à l’ex-compagne, 1 € au Conseil départemental du Morbihan.
- Appel interjeté : le prévenu a fait appel le 22 mai 2026 ; le jugement sera réexaminé à Rennes.
- Récidive alléguée : une nouvelle plainte pour agression sexuelle a été déposée en février 2025, visant des faits commis en été 2024 sur une stagiaire de 17 ans, alors que Mahé était sous contrôle judiciaire.
- Interdiction professionnelle : 10 ans d’interdiction de tout contact avec des mineurs dans un cadre professionnel ; inscription au fichier FIJAISV.
Un procès de douze heures, une peine en deçà des réquisitions
L’audience s’est tenue le 27 avril 2026, selon Le Télégramme et Ouest-France. Douze heures d’audience. La procureure avait requis six ans d’emprisonnement. Le tribunal en a prononcé quatre, assortis d’un mandat de dépôt à délai différé et d’une exécution provisoire : la peine s’applique même si l’appel est en cours.
Parmi les mesures complémentaires : interdiction d’exercer toute activité au contact de mineurs pendant dix ans et inscription au fichier judiciaire national des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes (FIJAISV), rapporte Le Télégramme.
Les dommages-intérêts fixés par le tribunal s’élèvent à 10 000 euros pour la victime principale, 3 800 euros pour l’ex-compagne et un euro symbolique au Conseil départemental du Morbihan, constitué partie civile.
Des victimes placées sous son autorité directe
Selon Le Télégramme et Ouest-France, la victime principale, aujourd’hui âgée de 25 ans, était suivie par l’ASE depuis sa naissance. Elle a dénoncé une dizaine de rapports sexuels imposés alors qu’elle avait 16 ans. Mahé était l’inspecteur en charge de son dossier.
Au total, neuf parties civiles se sont constituées : des mineures et jeunes majeures prises en charge par l’ASE, des éducatrices et l’ex-compagne du prévenu. Deux anciennes éducatrices, impliquées dans les premières dénonciations dès 2018, ont exprimé un soulagement pour l’inscription au FIJAISV et l’interdiction professionnelle, mais une déception sur certains points de relaxe, selon Le Télégramme.
L’association WantedPedo, qui recense les condamnations pour infractions sexuelles, a relayé la condamnation sur X en soulignant la récidive alléguée sous contrôle judiciaire.
Une récidive alléguée sous contrôle judiciaire
C’est l’élément le plus préoccupant du dossier. Selon Ouest-France, une nouvelle plainte pour agression sexuelle a été déposée en février 2025. Elle vise des faits qui se seraient produits à l’été 2024 : une mineure de 17 ans aurait effectué un stage dans l’entreprise de pose de pompes à chaleur que Mahé avait créée à Ploemeur après la fin de ses fonctions à l’ASE. Ces faits auraient eu lieu alors qu’il était déjà sous contrôle judiciaire dans le cadre de la procédure principale.
Cette plainte n’a pas été jointe au procès du 27 avril 2026. Elle fait l’objet d’une procédure distincte dont l’issue n’a pas encore été précisée.
Pour des affaires similaires d’infractions à caractère sexuel impliquant des mineurs, d’autres juridictions françaises ont également prononcé des condamnations fermes ces dernières semaines.
Un ancien gendarme aux fonctions de protection de l’enfance
Pierre-Jean Mahé est décrit par Ouest-France comme un ancien gendarme ayant intégré les services de l’ASE du Morbihan vers 2014. En tant qu’inspecteur, il disposait d’une autorité directe sur les enfants et jeunes adultes confiés au service. Les premières dénonciations remontent selon Instagram (compte relayant l’affaire) à mars 2018, soit plusieurs années avant la mise en examen puis le procès.
Le Conseil départemental du Morbihan s’est constitué partie civile dans cette procédure, signe de la gravité que l’institution attache à l’affaire. Il a obtenu un euro symbolique de dommages-intérêts, montant classique pour une personne morale souhaitant marquer sa présence sans revendiquer de préjudice financier propre.
Contexte dans le Morbihan
Le Morbihan compte environ 760 000 habitants. Lorient, deuxième ville du département avec quelque 57 000 résidents, accueille le tribunal judiciaire compétent pour l’ensemble du ressort sud du département. L’ASE du Morbihan, service du Conseil départemental, suit des centaines de mineurs en danger ou en difficulté chaque année.
Cette affaire interroge les procédures de contrôle interne appliquées aux agents de l’ASE, dont la position d’autorité sur des publics vulnérables est particulièrement exposée. Le Conseil départemental n’a pas, à ce stade, communiqué publiquement sur d’éventuelles mesures de prévention engagées à la suite de cette affaire.
Le Morbihan fait par ailleurs l’objet d’une attention accrue des pouvoirs publics sur plusieurs fronts de sécurité publique : un comité départemental a récemment été mis en place pour surveiller les commerces liés au narcotrafic. Dans le même département, le préfet du Morbihan a ordonné la fermeture d’un commerce lorientais pour travail illégal.
Appel à Rennes : la suite judiciaire
Pierre-Jean Mahé a formé son appel le 22 mai 2026, quatre jours après la condamnation, selon Ouest-France et Le Télégramme. La cour d’appel de Rennes devra réexaminer l’ensemble du dossier. La date d’audience en appel n’a pas encore été fixée.
L’exécution provisoire de la peine ayant été ordonnée, Mahé est susceptible d’être incarcéré avant même que la cour d’appel ne statue, indépendamment du calendrier du délibéré. La procédure distincte liée à la plainte de février 2025 suit son propre cours.
Sources
- Ouest-France : L'ancien inspecteur à l'enfance du Morbihan condamné à quatre ans de prison pour agressions et harcèlement sexuels
- Ouest-France : Condamné à quatre ans ferme, l'ancien inspecteur à l'Aide sociale à l'enfance du Morbihan fait appel
- Le Télégramme : Quatre ans de prison ferme à l'ex-inspecteur de l'ASE du Morbihan, jugé pour des faits de harcèlement et d'agressions sexuelles
- Le Télégramme : L'ex-inspecteur de l'ASE du Morbihan fait appel de sa condamnation