À Loudéac, le stade Louis Chevé fermé cet été pour nuisances sonores

La mairie des Côtes-d'Armor renouvelle l'interdiction d'accès au terrain synthétique du 1er juillet au 15 août, impactant 500 licenciés.

À Loudéac, le stade Louis Chevé fermé cet été pour nuisances sonores
Illustration Gwenaëlle Le Gall / info.fr

La mairie de Loudéac a pris un nouvel arrêté interdisant l'accès au terrain de football synthétique du stade Louis Chevé du 1er juillet au 15 août 2026. Motif les nuisances sonores signalées par des riverains, confirmées par une étude acoustique dès 2023. Les clubs locaux devront de nouveau se passer de leur terrain principal pendant l'été.

La mairie de Loudéac a pris un nouvel arrêté interdisant l’accès au terrain de football synthétique du stade Louis Chevé du 1er juillet au 15 août 2026. Motif : les nuisances sonores signalées par des riverains, confirmées par une étude acoustique dès 2023. Les clubs locaux devront de nouveau se passer de leur terrain principal pendant l’été.

L’essentiel

  • Période d’interdiction : du 1er juillet au 15 août 2026, par arrêté municipal de la mairie de Loudéac.
  • Motif officiel : nuisances sonores confirmées par un rapport acoustique de la société JLBI daté du 5 mai 2023.
  • Clubs impactés : deux clubs locaux totalisant environ 500 licenciés, selon la ville de Loudéac.
  • Quatrième été consécutif : des interdictions similaires ont déjà été appliquées en 2023, 2024 et 2025.
  • Décision de justice : le 10 juin 2025, le tribunal administratif de Rennes a ordonné des restrictions horaires et un contrôle renforcé.

Un arrêté qui se répète chaque été

L’arrêté municipal pour l’été 2026 n’est pas une première. La mairie de Loudéac avait déjà interdit l’accès au terrain synthétique du 1er juillet au 15 août 2023, puis aux mêmes dates en 2024, et du 16 juin au 10 août 2025, selon les informations publiées par Le Télégramme et actu.fr. La mesure est désormais quasi-systématique dès le début de l’été.

Le Courrier Indépendant de Loudéac a été parmi les premiers à signaler le renouvellement de l’interdiction pour 2026 :

L’accès reste ouvert uniquement aux véhicules de travaux, aux services publics, aux secours et aux personnes bénéficiant d’une dérogation expresse du maire, précise actu.fr.

Un rapport acoustique à l’origine de tout

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Le fondement juridique de ces arrêtés successifs repose sur un rapport d’étude acoustique réalisé le 5 mai 2023 par la société JLBI. Ce document a confirmé les plaintes des riverains, qui dénoncent les bruits générés par les entraînements sur le terrain synthétique - rebonds de ballon, cris, bruit des crampons sur la surface artificielle.

Le terrain a été installé pour permettre aux clubs de s’entraîner toute l’année, notamment après leur montée en divisions supérieures, et pour réduire les interruptions dues aux intempéries. Selon la ville de Loudéac, le budget de l’équipement s’est élevé à 320 000 € HT, financé à 45 % par des subventions de l’État et de la région. Robert Bellec, adjoint aux sports, avait justifié l’investissement : «Avec la montée en division de nos 2 clubs à la belle notoriété avec leurs 500 licenciés et l’utilisation récurrente de nos terrains par les équipes jeunes et les établissements scolaires, il était devenu essentiel de se doter d’un tel terrain», selon le site de la ville.

La justice s’en est mêlée

Le conflit a franchi le seuil des tribunaux. Le 10 juin 2025, le tribunal administratif de Rennes a donné raison aux riverains. Il a ordonné à la mairie de restreindre les horaires d’entraînements les soirs et week-ends hors période estivale, et de mettre en place un dispositif de contrôle des nuisances, selon actu.fr et Ouest-France.

Mais en septembre 2025, un riverain a saisi à nouveau le tribunal, estimant que ces mesures n’étaient pas respectées. Ce nouveau recours illustre la persistance du litige, qui dépasse désormais le simple cadre municipal. Ce type de contentieux entre équipements sportifs et riverains concerne plusieurs communes bretonnes confrontées à des problèmes de cohabitation en zone résidentielle.

500 licenciés sans terrain cet été

L’impact sur la vie sportive locale est concret. Les deux clubs de football de Loudéac, qui comptent environ 500 licenciés au total selon la ville, se retrouvent privés de leur équipement principal durant six semaines et demie. Les entraînements estivaux, les stages jeunes et les préparations de rentrée devront être organisés ailleurs ou décalés.

Le stade porte le nom de Louis Chevé (1919-1993), professeur de mathématiques au collège de Loudéac et figure du Stade Loudéacien, où il fut successivement joueur, trésorier et président, selon Le Télégramme et le site de la ville. Des clubs confrontés à des problèmes d’ordre public local en Bretagne sont régulièrement amenés à solliciter des arbitrages municipaux ou judiciaires pour maintenir leurs activités.

Contexte dans les Côtes-d’Armor

Loudéac compte 9 987 habitants selon les données INSEE. La commune est le chef-lieu du Centre-Bretagne, territoire rural où les équipements sportifs jouent un rôle structurant pour la vie associative. La question du bruit lié aux terrains synthétiques n’est pas propre à Loudéac : plusieurs communes bretonnes ont été confrontées à des litiges similaires depuis la généralisation de ces surfaces dans les années 2010.

Dans les Côtes-d’Armor, la gestion de la cohabitation entre équipements sportifs et zones résidentielles est une problématique récurrente pour les mairies de taille moyenne. L’arrêté de Loudéac s’inscrit dans un contexte où les tribunaux administratifs sont de plus en plus sollicités sur ce type de nuisances, comme l’illustre la décision du tribunal de Rennes de juin 2025.

La situation est suivie par plusieurs médias régionaux, dont Ouest-France et Le Télégramme, qui ont régulièrement couvert les rebondissements du dossier depuis 2023. Elle alimente aussi le débat plus large sur la gestion municipale des nuisances sonores en milieu semi-urbain.

La suite du dossier

L’interdiction court jusqu’au 15 août 2026. La question du respect des mesures ordonnées par le tribunal de Rennes hors période estivale - restrictions horaires et dispositif de contrôle - restera centrale à la rentrée de septembre. Aucune date d’audience n’a été communiquée à ce stade concernant le recours déposé en septembre 2025.

Sources

Gwenaëlle Le Gall

Gwenaëlle Le Gall

Gwenaëlle est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Côtes-d'Armor (22), avec Saint-Brieuc pour chef-lieu. Spécialité du département : agroalimentaire breton et éolien offshore (1er parc français). Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Bretagne.

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