Lozère : quatre personnes mises en examen pour un détournement présumé de 2,1 millions d’euros dans une structure d’accueil pour mineurs
Les dirigeants de l'association 'Les Pelloux' sont soupçonnés d'avoir détourné des fonds publics destinés à l'accueil de mineurs et jeunes majeurs en difficulté dans le département.
Quatre personnes liées à l'association 'Les Pelloux', basée à Mende et Saint-Martin-de-Lansuscle, ont été mises en examen le 17 juin 2026. Le parquet de Mende évoque un préjudice de plus de 2,1 millions d'euros, dont un million directement perçu par le couple dirigeant.
L’essentiel
- Fait 1 : Quatre personnes mises en examen le 17 juin 2026 pour abus de confiance, travail dissimulé et blanchiment aggravé.
- Fait 2 : Plus de 2,1 millions d’euros de détournements et fraudes présumés, dont plus d’un million perçu par le couple dirigeant.
- Fait 3 : L’enquête a été déclenchée par un signalement de la DDFIP et du Conseil départemental de la Lozère.
- Fait 4 : Près de 200 biens saisis, dont quatre véhicules, pour garantir le remboursement.
Ce que révèle l’enquête
Le 17 juin 2026, quatre personnes ont été mises en examen par la juge d’instruction de Mende dans le cadre d’une information judiciaire ouverte le 27 avril 2026. Elles sont soupçonnées d’avoir détourné des fonds publics alloués à l’association ‘Les Pelloux’, qui gère des lieux de vie et d’accueil pour mineurs et jeunes majeurs placés par l’aide sociale à l’enfance (ASE).
Selon le procureur de la République de Mende, Valéry Morron, les faits portent sur une période allant de 2017 à 2025. Le montant global des détournements et des fraudes présumés est estimé à plus de 2,1 millions d’euros. Le couple de dirigeants de l’association aurait directement perçu plus d’un million d’euros issus des fonds de fonctionnement de la structure. Une société civile immobilière (SCI) leur appartenant aurait également indûment encaissé plus de 210 000 euros, selon le parquet.
Fraude sociale et dissimulation de revenus
L’enquête a également mis au jour des infractions au droit du travail. La fraude sociale est estimée à plus de 1,1 million d’euros de cotisations URSSAF éludées, auxquels s’ajoutent 520 000 euros de revenus dissimulés, d’après une source proche du dossier. Les investigations ont été déclenchées à la suite d’un signalement de la Direction départementale des finances publiques (DDFIP) de la Lozère, alertée par des anomalies dans les comptes de l’association.
Des biens saisis pour garantir le remboursement
Lors des perquisitions menées dans le cadre de l’enquête, près de 200 biens ont été saisis, dont quatre véhicules et des vélos électriques. Ces saisies visent à garantir la restitution des fonds détournés. Un mandataire judiciaire a été désigné en urgence pour assurer la continuité de la prise en charge des mineurs et jeunes majeurs accueillis par l’association.
Contexte dans la Lozère
Avec une population d’environ 76 000 habitants, la Lozère est le département le moins peuplé de France. Les structures d’accueil pour mineurs en difficulté y jouent un rôle crucial, faute de solutions alternatives dans un territoire rural et isolé. Cette affaire intervient alors qu’une autre structure, le lieu de vie Harmonie, doit être renvoyée en correctionnelle en juillet 2026 pour des faits similaires. Incendie à Nant : reprise virulente, 4 Canadair et un hélicoptère mobilisés illustre d’autres défis locaux, mais ici c’est le volet financier qui inquiète les acteurs de la protection de l’enfance.
Prochaine étape : l’enquête se poursuit
Les quatre mis en examen sont placés sous contrôle judiciaire strict. L’instruction devra déterminer l’étendue exacte des détournements et le rôle de chaque protagoniste. Le parquet de Mende a indiqué que d’autres auditions sont prévues dans les semaines à venir.