Mâcon interdit les trottinettes électriques en centre-ville dès le 4 mai 2026
L'arrêté municipal n°316-2026-RG bannit l'usage motorisé dans les zones piétonnes de 11h à 20h jusqu'au 30 septembre, avec une amende de 35 euros.
La mairie de Mâcon a mis en vigueur le 4 mai 2026 une interdiction expérimentale des trottinettes électriques en mode motorisé dans les zones piétonnes du centre-ville. La mesure, portée par le maire Jean-Patrick Courtois, court jusqu'au 30 septembre. Elle divise déjà usagers et élus.
La Ville de Mâcon a publié l’arrêté municipal n°316-2026-RG interdisant l’usage motorisé des trottinettes électriques dans les zones piétonnes du centre-ville à compter du 4 mai 2026. La mesure est expérimentale et court jusqu’au 30 septembre, selon le site officiel de la mairie.
L’essentiel
- Arrêté : n°316-2026-RG, en vigueur depuis le 4 mai 2026, expérimental jusqu’au 30 septembre 2026.
- Horaires : interdiction de 11h à 20h tous les jours dans les principales rues piétonnes ; de 13h à 18h30 les samedis dans d’autres zones.
- Amende : 35 euros pour non-respect, contrôles assurés par la police municipale.
- Zones visées : rues Carnot, Joseph-Dufour, Dombey, Place aux Herbes, Place Saint-Pierre, Rue de la Barre, Rue Philibert-Laguiche, Place Poissonnière.
- Contexte national : 80 morts dans des accidents de trottinettes électriques en France en 2025, soit +58% par rapport à 2024 (selon Le Progrès).
Une promesse de campagne traduite en arrêté
L’interdiction était annoncée. Jean-Patrick Courtois, réélu maire de Mâcon aux municipales de 2026, avait inscrit dans son programme l’interdiction des trottinettes dans les rues piétonnes, rapporte Le JSL. L’arrêté concrétise cet engagement moins d’un mois après sa réélection.
Romain Auvigue, conseiller municipal délégué au commerce, a détaillé la motivation auprès du JSL : « Il y a eu des accidents à la sortie des boutiques du centre-ville. Les commerçants étaient demandeurs d’une telle mesure. Ils nous ont indiqué que certains clients ne voulaient plus venir en centre-ville en raison des trottinettes. »
Des incidents concrets ont précédé la décision. Selon le JSL, un accident impliquant une trottinette et une voiture à proximité du Lycée Cassin avait blessé un adolescent. Des contrôles policiers menés en 2025 et début 2026 avaient par ailleurs relevé plusieurs infractions.
Des règles précises, rue par rue
L’arrêté distingue deux régimes. En semaine, l’usage motorisé est interdit de 11h à 20h dans les rues Carnot, Joseph-Dufour, Dombey, la Place aux Herbes, la Place Saint-Pierre et la Rue de la Barre. Le samedi après-midi, l’interdiction s’étend de 13h à 18h30 à la Rue Philibert-Laguiche et à la Place Poissonnière, selon la mairie de Mâcon.
En dehors de ces créneaux, la circulation reste autorisée. Les contrevenants s’exposent à une amende de 35 euros. La police municipale est chargée des contrôles.
Des usagers contraints de revoir leurs trajets
La réaction ne s’est pas fait attendre. Un usager interrogé par le JSL résume la contrainte : « Je vais être obligé de passer par des rues avec plus de circulation. » Pour ceux qui utilisent la trottinette comme moyen de déplacement quotidien, l’obligation de descendre et de pousser l’engin à la main dans les zones concernées allonge les trajets ou les redirige vers des axes plus fréquentés par les voitures.
France 3 Bourgogne a également relayé la mesure, la qualifiant de dispositif visant à bannir les trottinettes du centre « durant une grande partie de la journée ».
Du côté politique, Baptiste Delcroix (UDR) juge l’arrêté « insuffisant et inéquitable », estimant qu’il ne couvre pas suffisamment de zones, selon le JSL. La critique pointe une lacune de périmètre plutôt qu’une opposition de principe à la mesure.
La question de la réglementation des trottinettes électriques dépasse Mâcon. Dans l’Oise, la préfecture a durci les règles après des accidents graves, tandis que 900 lycéens d’Annemasse ont été sensibilisés à la sécurité en trottinette électrique. Les collectivités locales multiplient les initiatives sans attendre un cadre national unifié.
Contexte en Saône-et-Loire
La Saône-et-Loire n’est pas épargnée par les accidents liés aux mobilités douces. Selon un document de l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR), 29 personnes sont décédées dans le département entre 2017 et 2021 dans des accidents impliquant des modes de mobilité douce, soit 15 % des décès routiers sur la période.
À l’échelle nationale, la tendance s’est aggravée. Les accidents de trottinettes électriques ont augmenté de 58 % en 2025 par rapport à 2024, avec 80 morts contre 45 l’année précédente, selon Le Progrès. Ce contexte renforce la pression sur les municipalités pour agir localement, en attendant une éventuelle réglementation nationale - une piste évoquée notamment autour de l’immatriculation obligatoire.
Mâcon, préfecture de Saône-et-Loire avec environ 33 000 habitants, concentre une activité commerciale en centre-ville particulièrement dense les jours de marché. La cohabitation entre piétons, livreurs et usagers de mobilité légère y est une problématique ancienne.
Un bilan attendu en octobre
L’expérimentation prend fin le 30 septembre 2026. La mairie n’a pas précisé à ce stade les critères qui guideront une éventuelle reconduction ou extension de l’arrêté. D’autres collectivités, comme la préfecture du Calvados à Bayeux, misent davantage sur la sensibilisation en milieu scolaire pour changer les comportements.
Le bilan des contrôles policiers cet été donnera les premiers éléments d’évaluation.
Sources
- Ville de Mâcon : Trottinettes électriques : pied à terre dans les zones piétonnes
- Le JSL : La municipalité dégaine son arrêté pour interdire l'usage des trottinettes électriques en centre-ville
- France 3 Bourgogne : Un danger en ville ? Les trottinettes électriques bannies du centre de Mâcon durant une grande partie de la journée
- Le Progrès : 80 morts en 2025 : les trottinettes électriques bientôt immatriculées