Le maillot vert réservé aux sprinteurs : l’ASO modifie son barème pour bloquer Pogačar
L'organisateur du Tour augmente de 40 % la valeur des étapes plates pour empêcher un coureur polyvalent de rafler tous les maillots
L'ASO redessine les règles du classement par points. Objectif assumé que le maillot vert reste aux sprinteurs purs, pas à un grimpeur-rouleur capable de tout gagner.
Les enjeux
Ce qu'il faut comprendre
Préserver l'identité du maillot vert
L'ASO veut que le classement par points récompense les sprinteurs purs, pas les coureurs polyvalents capables de gagner sur tous les terrains.
Empêcher un coureur de tout rafler
Pogačar menaçait de reproduire l'exploit de Merckx en 1969 : les trois maillots distinctifs majeurs (jaune, vert, à pois) la même année.
Rééquilibrer la valeur des étapes plates
Les victoires au sprint massif rapportent désormais 40 % de points en plus, valorisant les spécialistes de la vitesse face aux grimpeurs-rouleurs.
Modifier les règles en cours de route
C'est la première fois qu'un changement de barème vise explicitement à contrer UN coureur identifié, avant même qu'il ne gagne le maillot.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Le vainqueur d'une étape plate touche désormais 70 points au lieu de 50, soit +40 %
- Sept étapes plates concernées en 2026, avec deux sprints intermédiaires au lieu d'un
- Pogačar a terminé 2e du maillot vert en 2025, à 78 points de Jonathan Milan
- Simulation avec le nouveau barème, Milan aurait gagné 80 points de plus, Pogačar seulement 19
- L'ASO assume le maillot vert doit rester aux sprinteurs purs comme Philipsen, Merlier ou Girmay
Le 20 juin 2026 - l’Amaury Sport Organisation annonce un changement de barème pour le classement par points du Tour de France. Sur les sept étapes plates - le vainqueur touchera désormais 70 points au lieu de 50. Le deuxième passe de 30 à 50 points - le troisième de 20 à 40. Une inflation de 40 % qui remodèle la course au maillot vert.
L’objectif ne cache rien. « On veut que le maillot vert retrouve son âme de sprinteur » - déclare un porte-parole de l’organisation. Thierry Gouvenou - directeur technique du Tour, enfonce le clou: le maillot doit revenir aux purs sprinteurs. Le non-dit est transparent: Tadej Pogačar ne doit plus pouvoir tout rafler.
Pogačar trop fort sur tous les terrains
En 2025, le Slovène termine deuxième du classement par points - 78 points derrière Jonathan Milan. Une performance qui met l’ASO sous pression: Pogačar - vainqueur du maillot jaune en 2024 et 2025, menace de reproduire l’exploit d’Eddy Merckx, les trois maillots distinctifs majeurs (jaune, vert, à pois) la même année.
Le système actuel le favorise: il gagne des étapes en montagne, sprinte au massif quand le peloton est décimé, accumule des points partout. Les spécialistes de la vitesse, eux, perdent du terrain dès que la route monte.
Simulation: Milan intouchable avec le nouveau barème
L’ASO fait tourner les calculs. Si le nouveau barème avait été appliqué au Tour 2025, Pogačar n’aurait gagné que 19 points supplémentaires. Milan, lui, en aurait empoché 80 de plus. L’écart passe de confortable à définitif.
Les sept étapes plates deviennent des bastions à défendre. Chaque victoire au sprint massif rapporte plus que jamais. Les sprints intermédiaires passent à deux par étape au lieu d’un, avec 25 points pour le premier. Le nombre de coureurs classés grimpe de 15 à 18.
Les sprinteurs purs reprennent la main
Jasper Philipsen - Tim Merlier - Biniam Girmay - Olav Kooij: les noms qui reviennent dans les pronostics pour le maillot vert 2026. Jonathan Milan - vainqueur en 2025, ne sera pas là. Mads Pedersen fait partie des candidats.
Pedersen lui-même admet que la réforme ne le favorise pas: « L’ASO a voulu s’assurer qu’un sprinteur remporte le maillot cette année. Ils ont mis plus de points sur les vraies journées de sprint, et ce n’était pas vraiment à mon avantage. » Le message est clair: moins de terrain mixte, plus de lignes droites.
Ce que personne ne dit: l’ASO réécrit l’histoire en marche
Le maillot vert existe depuis 1953 - créé pour célébrer le 50e anniversaire du Tour. Son barème a toujours évolué au gré des rapports de force entre sprinteurs, rouleurs et grimpeurs. Mais c’est la première fois qu’une modification vise explicitement à contrer UN coureur identifié, avant même qu’il ne gagne le maillot.
L’organisation assume: « préserver la lisibilité et l’équité du classement par points, qui doit récompenser avant tout la régularité des sprinteurs ». Pogačar n’a jamais enfreint les règles. Il a juste trop bien joué avec. L’ASO change le jeu en cours de partie.
Précédent comparable: en 2025, l’UCI supprime les bonifications en temps au sommet de certains cols - après une seule édition. Mais cette fois, l’enjeu symbolique est plus lourd. Le Tour de France a ses maillots iconiques. Si un coureur les gagne tous, il devient intouchable. L’ASO préfère garder des récits séparés.
Le Tour démarre le 4 juillet, Pogačar visé dès le départ
Le Tour 2026 commence le 4 juillet. Pogačar sera au départ, avec son maillot jaune dans le viseur. Le maillot vert, lui, devient une cible secondaire. Thierry Gouvenou l’a dit: ce maillot appartient aux sprinteurs. Le barème est réécrit pour eux. Le coureur slovène pourra toujours tenter sa chance. Mais cette fois, les règles sont contre lui.
Les sprints massifs valent désormais 70 points. Les étapes plates deviennent des forteresses. Philipsen, Merlier, Girmay attendent leur heure. Pogačar, lui, sait désormais que pour tout gagner, il faudra forcer des règles qui ne veulent plus de lui.
