Maire de Sainte-Croix-du-Verdon condamné à la prison et à 5 ans d’inéligibilité
Bruno Bourjac, 50 ans, a été reconnu coupable de violences conjugales en récidive par le tribunal de Digne-les-Bains ce 19 mai 2026.
Bruno Bourjac, maire de Sainte-Croix-du-Verdon depuis 2023, a été condamné mardi 19 mai 2026 par le tribunal judiciaire de Digne-les-Bains à douze mois d'emprisonnement et cinq ans d'inéligibilité pour violences conjugales en récidive. Les faits, commis entre août 2023 et avril 2026, incluent des menaces de mort sur fond d'alcool.
Bruno Bourjac, maire de Sainte-Croix-du-Verdon (Alpes-de-Haute-Provence) et professeur d’histoire-géographie, a été condamné le 19 mai 2026 par le tribunal judiciaire de Digne-les-Bains. La peine : douze mois d’emprisonnement, dont huit sous bracelet électronique et quatre avec sursis probatoire, assortie de cinq ans d’inéligibilité. Son avocat, Pascal Antiq, a qualifié la peine d’« injuste » et dispose jusqu’au 29 mai pour faire appel.
L’essentiel
- Peine prononcée : 12 mois d’emprisonnement (8 mois bracelet électronique + 4 mois sursis probatoire) et 5 ans d’inéligibilité, jugement du 19 mai 2026
- Faits reprochés : violences habituelles sur conjointe et menaces de mort entre août 2023 et le 10 avril 2026, sous l’emprise de l’alcool, en présence de leur fille de 3 ans
- Récidive : condamné une première fois le 2 octobre 2025 à 4 mois avec sursis pour violences sur son fils de 11 ans
- Appel possible : l’avocat Pascal Antiq a 10 jours pour se pourvoir, soit jusqu’au 29 mai 2026
- Contrôle judiciaire préalable : placé sous contrôle judiciaire le 21 avril 2026 avec pointage hebdomadaire à Gréoux-les-Bains
Ce qui s’est passé le 19 mai
L’audience s’est tenue ce mardi au tribunal judiciaire de Digne-les-Bains. Bruno Bourjac, 50 ans, répondait de violences conjugales en état de récidive légale. BFM DICI a annoncé l’ouverture de l’audience dès le matin :
Le tribunal a rendu son délibéré dans la journée. La peine comprend une obligation de soins et une indemnisation des parties civiles, selon La Provence. Le verdict a circulé rapidement sur les réseaux :
Des faits d’une durée de près de trois ans
Selon Haute-Provence Info et Le Dauphiné Libéré, les violences habituelles sur sa conjointe ont débuté en août 2023. Elles se sont poursuivies jusqu’en octobre 2025. Les menaces de mort ont continué jusqu’au 10 avril 2026. Les faits se sont déroulés au domicile du couple à Moustiers-Sainte-Marie, en présence de leur fille alors âgée de 3 ans. L’alcool est cité comme contexte récurrent par l’ensemble des médias couvrant l’affaire.
Le 21 avril 2026, à la suite d’une nouvelle interpellation, Bruno Bourjac avait été placé sous contrôle judiciaire. Les conditions imposées : pointage hebdomadaire à la gendarmerie de Gréoux-les-Bains, interdiction de contact avec la victime et l’enfant, obligation de soins. C’est dans ce cadre qu’il comparaissait ce 19 mai.
Une récidive après une première condamnation en 2025
Ce n’est pas le premier passage de Bruno Bourjac devant ce tribunal. Le 2 octobre 2025, le même tribunal de Digne-les-Bains l’avait condamné à quatre mois d’emprisonnement avec sursis probatoire de deux ans et à une obligation de soins. Les faits : des violences sur son fils, alors âgé de 11 ans, commises fin 2024, selon BFM DICI.
C’est cette condamnation d’octobre 2025 qui fonde la qualification de récidive dans le dossier jugé ce mardi. La nouvelle peine est nettement plus lourde : douze mois d’incarcération dont huit effectifs sous bracelet, plus l’inéligibilité pour cinq ans.
Son avocat Pascal Antiq conteste le quantum de la peine. La décision d’un éventuel appel doit intervenir avant le 29 mai 2026. Une affaire comparable en termes d’enjeu judiciaire pour un élu local avait été traitée dans les Alpes avec le renvoi aux assises de l’assaillant du Pâquier à Annecy, illustrant la capacité des juridictions régionales à traiter des dossiers à forte visibilité.
L’inéligibilité, une conséquence directe sur le mandat
Bruno Bourjac avait été réélu maire de Sainte-Croix-du-Verdon en mars 2026. Il avait pris la tête de la commune en 2023 à la suite du décès de son père, Jean-Marie Bourjac, qui exerçait lui-même la fonction de maire, selon Wikipedia et La Provence.
La peine de cinq ans d’inéligibilité prononcée ce 19 mai remet directement en cause la continuation de ce mandat. Si la condamnation devient définitive - c’est-à-dire en l’absence d’appel ou après confirmation en appel - , les règles du code électoral prévoient des conséquences sur l’exercice du mandat. Les modalités exactes d’une éventuelle vacance à la mairie n’ont pas encore été précisées par la préfecture des Alpes-de-Haute-Provence.
La question de la récidive en milieu rural, où les ressources d’accompagnement sont plus limitées, est régulièrement soulevée dans des dossiers de ce type. Des dispositifs de prévention existent mais leur accessibilité varie selon les territoires, comme le montrent des initiatives de terrain dans d’autres départements, telle la démarche de conciliation mise en place à Plumieux (Côtes-d’Armor) pour impliquer les auteurs de faits dans la réparation.
Contexte dans les Alpes-de-Haute-Provence
Sainte-Croix-du-Verdon est une commune de 113 habitants (recensement 2023, source INSEE), pour une superficie de 13,7 km² et une densité de 8,2 habitants au kilomètre carré. Environ 77 % des logements y sont des résidences secondaires, selon les données Wikipedia et INSEE. La commune est classée 04176 dans le code officiel géographique.
Dans ce département rural de montagne, les affaires judiciaires impliquant des élus locaux sont rares mais exposées. La proximité des tribunaux - Digne-les-Bains est le seul tribunal judiciaire du département - concentre les dossiers sensibles. L’affaire Bourjac est suivie par les médias régionaux (La Provence, BFM DICI, Le Dauphiné Libéré, Haute-Provence Info) depuis la première condamnation d’octobre 2025.
Les Alpes-de-Haute-Provence comptent 165 000 habitants environ pour 200 communes. La question des violences intrafamiliales dans les zones rurales isolées - où les victimes peuvent avoir moins accès aux dispositifs d’aide - est régulièrement documentée par les services de gendarmerie, compétents sur la quasi-totalité du territoire départemental.
Prochaine étape
L’avocat Pascal Antiq a jusqu’au 29 mai 2026 pour déposer un appel. Si aucun recours n’est formé, la condamnation deviendra définitive et l’inéligibilité entrera en vigueur. La préfecture des Alpes-de-Haute-Provence n’a pas encore communiqué sur les suites administratives pour la commune de Sainte-Croix-du-Verdon.
Sources
- La Provence : Le maire de Sainte-Croix-du-Verdon, Bruno Bourjac, condamné à 5 ans d'inéligibilité et à une peine de prison ferme
- Haute-Provence Info : Sainte-Croix-du-Verdon. Le maire placé sous contrôle judiciaire
- Le Dauphiné Libéré : Le maire de Sainte-Croix-du-Verdon à nouveau devant la justice
- BFM DICI : Sainte-Croix-du-Verdon : le maire condamné pour des violences sur son fils