Mamoudzou au sommet Africa Forward : Mayotte plaide pour l’économie bleue et la sécurité maritime
Une délégation d'une vingtaine d'acteurs mahorais participe au sommet de Nairobi les 11 et 12 mai 2026 pour peser sur les décisions régionales.
Le sommet Africa Forward s'ouvre ce 11 mai à Nairobi, co-organisé par la France et le Kenya. Mayotte y envoie une délégation portée par l'ADIM, avec un double objectif promouvoir l'économie bleue et renforcer la sécurité maritime dans l'océan Indien.
Le sommet Africa Forward s’ouvre ce 11 mai à Nairobi, co-organisé par la France et le Kenya. Mayotte y envoie une délégation portée par l’ADIM, avec un double objectif : promouvoir l’économie bleue et renforcer la sécurité maritime dans l’océan Indien.
L’essentiel
- Dates : Le sommet Africa Forward se tient à Nairobi les 11 et 12 mai 2026, co-organisé par la France et le Kenya.
- Délégation : Une vingtaine d’acteurs économiques mahorais participent, pilotés par l’Agence de Développement et d’Innovation de Mayotte (ADIM) aux côtés de Business France.
- Session dédiée : Une table ronde « Opportunités croisées entre la France de l’océan Indien et l’Afrique » est prévue le 11 mai, avec accent sur l’économie bleue et la sécurité maritime.
- Projets mis en avant : Mayoken (plateforme logistique à Longoni) et Adanian Labs (centre d’innovation IA et blockchain) figurent parmi les dossiers présentés.
- Prochaine étape : Adoption de la Déclaration de Nairobi prévue le 12 mai.
Une délégation mahoraise à Nairobi
Selon le Journal de Mayotte, une vingtaine d’acteurs économiques de l’île ont fait le déplacement au Kenya. Ils rejoignent une délégation plus large des outre-mer de l’océan Indien - environ trente participants dont une quinzaine d’entreprises, selon Outremers360 - coordonnée par Business France et La Réunion Développement.
L’ADIM assure le pilotage côté mahorais. Son rôle : mettre en avant les opportunités d’investissement dans l’île, à destination des partenaires africains et en particulier des pays de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC), qui représente 330 millions d’habitants et un PIB supérieur à 300 milliards de dollars.
L’économie bleue et la sécurité maritime en tête des priorités
Le 11 mai, une session intitulée « Opportunités croisées entre la France de l’océan Indien et l’Afrique » est organisée, pilotée par Business France. L’économie bleue et la sécurité maritime y constituent les axes principaux, selon Africa Radio et Outremers360.
Mayotte entend y faire valoir sa position géographique. L’île se positionne comme un hub logistique entre le canal du Mozambique et la côte est-africaine. Deux projets concrets sont mis en avant lors du sommet, selon Outremers360 : Mayoken, plateforme logistique implantée à Longoni, et Adanian Labs, centre spécialisé en intelligence artificielle et blockchain.
Selon L’Info Kwezi, Mayotte veut peser sur les décisions régionales en matière d’économie bleue, un secteur dont les enjeux vont au-delà de la seule dimension économique - ils touchent à la surveillance des flux migratoires et au contrôle des eaux territoriales.
Contexte dans le 976 - Mayotte
Mayotte est membre de la Commission de l’océan Indien (COI) depuis 2011, au titre de département français, comme le rappelle le ministère des Affaires étrangères. La COI a été créée en 1982. Cette appartenance institutionnelle donne à l’île un ancrage formel dans la diplomatie régionale, distinct de celui des autres collectivités ultramarines.
L’économie bleue constitue un axe structurant du développement mahorais. Selon l’INSEE, dans le bassin sud de l’océan Indien - Mayotte et La Réunion incluses - l’emploi lié à l’économie bleue a progressé de 4,5 % par an entre 2012 et 2018, soit trois fois plus vite que l’emploi régional global. Le gouvernement mahorais a formalisé cette ambition dans une stratégie publiée par les éditions de Mayotte, visant notamment le transport maritime intra-îles et les énergies marines renouvelables.
Le contexte local reste contraint. Mamoudzou fait face à des tensions sociales et urbanistiques persistantes, tandis que la reconstruction post-Chido continue de mobiliser les ressources publiques. La participation au sommet de Nairobi s’inscrit dans une volonté de montrer que Mayotte existe aussi comme acteur régional, au-delà de sa gestion des crises internes.
Un sommet inédit dans les relations France-Afrique
Africa Forward marque une évolution dans la diplomatie africaine de la France. Selon l’Élysée et le Quai d’Orsay, c’est le premier sommet de ce type co-présidé avec un pays anglophone - le Kenya. Il intervient dix ans après le discours d’Emmanuel Macron à Ouagadougou.
Au total, la France y débarque avec 70 entreprises, selon Africa Radio. L’événement réunit chefs d’État, acteurs économiques, représentants de la société civile et diasporas. La Déclaration de Nairobi doit être adoptée le 12 mai, avec pour objectif de formaliser des engagements en matière d’investissements et de partenariats est-africains.
Pour un territoire sous tension sécuritaire comme Mayotte, la dimension maritime du sommet dépasse le seul cadre commercial. Le contrôle des eaux du canal du Mozambique, point de passage des pirogues de migrants, est directement lié aux discussions sur la sécurité maritime régionale.
Prochaine étape : le 12 mai à Nairobi
L’adoption de la Déclaration de Nairobi est prévue ce 12 mai. Elle doit fixer le cadre des futurs partenariats entre la France - outre-mer inclus - et les pays membres de la Communauté d’Afrique de l’Est. La traduction concrète pour Mayotte, en termes d’engagements ou de projets signés, n’a pas encore été détaillée par les autorités locales.
Sources
- Ministère des Affaires étrangères : Africa Forward - Diplomatie française
- Le Journal de Mayotte : Une délégation mahoraise au sommet Africa Forward au Kenya
- Outremers360 : Sommet Africa Forward à Nairobi : les Outre-mer de l'océan Indien au cœur des dynamiques économiques
- L'Info Kwezi : Mayotte veut peser au sommet Africa Forward