Manosque : l’opposition municipale rejette en bloc le projet Urbanloop
Le conseil municipal du 25 juin 2026 a été le théâtre d'un vif débat autour du projet de transport autonome porté par le maire Camille Galtier, que l'opposition juge coûteux et inadapté.
La majorité municipale de Manosque voulait avancer sur le dossier Urbanloop. Mais l'opposition a fait bloc, dénonçant un projet trop cher et technologiquement immature, à quelques mois des élections municipales.
L’essentiel
- Fait 1 : Le conseil municipal de Manosque a examiné le 25 juin 2026 une délibération sur la convention SPL pour la tranche optionnelle d’Urbanloop.
- Fait 2 : L’opposition, menée par Fabrice Durnerin (UDR-RN), refuse le projet, dénonçant un coût disproportionné et un manque de maturité technologique.
- Fait 3 : Une concertation publique sur le Plan de Mobilité Simplifié, qui intègre Urbanloop, est en cours jusqu’au 15 juillet 2026.
Un conseil municipal tendu
Mardi 25 juin 2026, le conseil municipal de Manosque a débattu d’une délibération relative à la convention de la Société Publique Locale (SPL) pour la tranche optionnelle du projet Urbanloop. Ce système de capsules autonomes électriques, présenté par le maire sortant Camille Galtier comme un transport écologique et innovant, divise profondément l’assemblée.
L’opposition, incarnée notamment par Fabrice Durnerin, tête de liste RN-UDR « Manosque d’abord », a catégoriquement refusé d’adhérer au projet. Selon La Provence, les échanges ont été vifs. Durnerin a estimé que le coût du projet est disproportionné par rapport aux besoins quotidiens des habitants, et a jugé la technologie encore immature.
Les arguments de l’opposition
Pour l’opposition, Urbanloop n’est pas une priorité. « Nous préférons nous concentrer sur le quotidien des Manosquins : la propreté, la sécurité, les services publics », a déclaré Fabrice Durnerin lors de la séance, rapporté par Haute Provence Info. Le groupe reproche à la majorité de s’engager dans un projet jugé coûteux et risqué, alors que d’autres alternatives de mobilité (transports en commun classiques, pistes cyclables) pourraient être développées.
Ce rejet s’inscrit dans une campagne municipale tendue. Camille Galtier, maire sortant candidat à sa réélection, fait face à trois listes concurrentes, dont celle de l’alliance UDR-RN. La droite locale se déchire sur ce dossier emblématique.
Urbanloop : un pari controversé
Urbanloop est un système de navettes autonomes électriques sur rail, qui a été testé lors des Jeux olympiques de Paris 2024. La ville de Manosque y voit un moyen de moderniser sa mobilité urbaine et de réduire son empreinte carbone. Mais le projet suscite des critiques ailleurs. À Nancy, le collectif Entourloop milite pour son abandon, le qualifiant de « ridicule » (France 3 Régions, janvier 2026). L’association EDEN a également demandé une suspension, pointant un coût excessif et une inadaptation aux besoins réels.
À Manosque, la concertation publique sur le Plan de Mobilité Simplifié, qui intègre Urbanloop, se déroule du 15 juin au 15 juillet 2026. Les habitants peuvent donner leur avis. L’opposition compte sur cette consultation pour faire entendre ses réserves.
Contexte dans les Alpes-de-Haute-Provence
Manosque, deuxième ville du département avec environ 23 000 habitants, est un pôle économique et commercial important. Le dossier Urbanloop y est suivi de près par les élus locaux et la préfecture. Dans un département rural où les transports en commun sont souvent peu développés, ce projet innovant cristallise les débats entre modernité et pragmatisme budgétaire. La question de la mobilité est centrale pour les communes périurbaines like Manosque, où la voiture individuelle reste reine. L’échec ou la réussite d’Urbanloop pourrait faire jurisprudence dans la région.
Prochaine étape
La concertation publique court jusqu’à la mi-juillet. Le conseil municipal devra ensuite se prononcer définitivement sur la convention SPL. D’ici là, la campagne des municipales de 2026 continuera d’alimenter le débat. Pendant ce temps, l’actualité sportive nationale bat son plein, avec par exemple Wimbledon 2026 qui s’ouvre pour les Bleus et Ugo Humbert en finale à Eastbourne, mais à Manosque, c’est bien le transport du quotidien qui agite la vie politique locale.