Le Maroc et la Banque mondiale scellent un partenariat de 15 milliards de dollars
Un cadre stratégique sur dix ans vise à créer 1,7 million d'emplois et basculer vers une économie tirée par le secteur privé
Le Royaume et le Groupe de la Banque mondiale ont officialisé le 9 juillet un Cadre de Partenariat-Pays couvrant 2026-2035. Doté d'une enveloppe indicative de 15 milliards de dollars, ce programme ambitionne de transformer structurellement l'économie marocaine en favorisant la compétitivité privée, l'aménagement territorial et le capital humain.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Le Cadre de Partenariat-Pays couvre 2026-2035 avec une enveloppe indicative de 15 milliards de dollars
- Objectif créer 1,7 million d'emplois supplémentaires sur dix ans
- Trois piliers compétitivité des entreprises, développement territorial, capital humain
- Priorité affichée pour l'inclusion économique des femmes sur le marché du travail
- Alignement avec le Nouveau Modèle de Développement marocain adopté en 2021
Le Maroc et le Groupe de la Banque mondiale ont scellé le 13 juillet 2026 un Cadre de Partenariat-Pays (CPF) pour la décennie 2026-2035, avec une enveloppe indicative de 15 milliards de dollars. Annoncé officiellement le 13 juillet, ce programme marque un pivot stratégique : le Royaume entend désormais s’éloigner d’un modèle centré sur l’investissement public pour favoriser une croissance portée par le secteur privé et l’innovation.
Un objectif : 1,7 million d’emplois d’ici 2035
Selon le communiqué de la Banque mondiale, le partenariat cible la création de 1,7 million d’emplois supplémentaires sur dix ans. La stratégie s’articule autour de trois piliers : renforcer la compétitivité des entreprises, développer des territoires connectés et résilients, et consolider le capital humain via l’éducation, la santé et la protection sociale.
Nadia Fettah, ministre de l’Économie et des Finances, qualifie ce cadre d’« étape décisive » pour le Maroc, selon les médias locaux. Le programme s’aligne sur le Nouveau Modèle de Développement (NMD) marocain, feuille de route adoptée en 2021 pour moderniser l’économie nationale et améliorer l’inclusion sociale.
Du public au privé : un basculement de modèle
Le CPF vise à faire passer l’économie marocaine d’une dynamique tirée par l’investissement public à une croissance portée par le secteur privé. Selon Le Matin, cette transition doit permettre d’attirer davantage d’investissements étrangers et de stimuler l’innovation dans les secteurs clés comme l’industrie, les services et les technologies.
Les indicateurs de suivi seront mesurables : nombre d’emplois créés, volume d’investissements privés mobilisés, accès aux soins et à l’éducation, résilience face aux chocs climatiques. Ousmane Dione, vice-président de la Banque mondiale pour la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA), a confirmé que le partenariat répond aux priorités du NMD et aux engagements internationaux du Royaume.
L’inclusion des femmes, priorité affichée
Le cadre intègre une priorité forte pour l’inclusion économique des femmes, encore sous-représentées sur le marché du travail marocain. Selon Lebrief, le programme prévoit des mesures ciblées pour faciliter l’accès des femmes à l’emploi, à la formation professionnelle et au financement entrepreneurial.
Cette ambition s’inscrit dans un contexte où le taux d’activité féminine reste l’un des plus faibles de la région MENA. Les projets soutenus par la Banque mondiale devront donc intégrer des indicateurs de genre pour mesurer l’impact réel sur l’inclusion.
Contexte au Maroc
Le Maroc, avec ses 38,8 millions d’habitants, est la cinquième économie africaine et un partenaire historique de la Banque mondiale depuis 1958. Selon EcoActu.ma, le Royaume a bénéficié de plus de 100 projets financés par l’institution au fil des décennies, dans les infrastructures, l’énergie, l’éducation et la gouvernance.
Le nouveau CPF intervient après plusieurs années de réformes structurelles engagées par Rabat : généralisation de la couverture sociale, digitalisation de l’administration, développement des énergies renouvelables. Le pays ambitionne de devenir un hub régional pour l’industrie et la logistique, notamment grâce à sa proximité avec l’Europe et sa stabilité politique.
Une enveloppe indicative, des projets à valider
L’enveloppe de 15 milliards de dollars reste indicative et conditionnée à la validation de projets spécifiques au fil de la décennie. Selon Médias24, chaque programme devra démontrer sa viabilité économique et son alignement avec les objectifs du CPF avant d’obtenir un financement.
Les prochaines étapes incluront la définition des programmes prioritaires et la mise en place d’un mécanisme de suivi conjoint entre le ministère de l’Économie et la Banque mondiale. Les premiers décaissements sont attendus avant la fin de l’année 2026.