Argentan : l’agroalimentaire et la construction dynamisent l’emploi dans l’Orne

Près de 10 000 postes projetés en 2026 dans l'Orne, portés par l'industrie agroalimentaire et le bâtiment.

Argentan : l'agroalimentaire et la construction dynamisent l'emploi dans l'Orne
Illustration Céline Leclerc / info.fr

L'Orne affiche des perspectives d'emploi solides pour 2026. Malgré un recul national des intentions de recrutement, le département mise sur ses secteurs historiques : agroalimentaire, services et construction.

Dans l’Orne, l’agroalimentaire n’est pas un secteur ordinaire. Il emploie 9 % de la population active du département, un taux supérieur à la moyenne nationale, selon le panorama économique du Conseil départemental. À Argentan, cette concentration est encore plus marquée, avec des unités de transformation laitière et volaillère qui structurent le bassin d’emploi depuis plusieurs décennies.

Pour 2026, près de 10 000 postes sont projetés dans les secteurs des services et de la construction dans l’Orne, selon France Travail. Plus d’une entreprise ornaise sur cinq prévoyait déjà de recruter en 2025, toujours selon France Travail, relayé par Ouest-France. Un dynamisme local à contre-courant : à l’échelle nationale, les intentions de recrutement reculent de 6,5 % pour 2026, pour atteindre 2,3 millions d’embauches potentielles.

L’ancienne usine Marelli, symbole d’une reconversion industrielle

L’un des signaux les plus concrets vient du groupe Lemoine, repreneur de l’ex-usine Marelli à Argentan. La société prévoit 65 créations d’emplois d’ici fin 2026, dont 30 dès le début 2025, selon Actu.fr. Le site, reconverti dans un secteur industriel proche de l’agroalimentaire, incarne la capacité du tissu local à rebondir après des fermetures douloureuses.

Le projet NewCold, également implanté à Argentan, participe à ce renouveau. La logistique du froid, indissociable des filières agroalimentaires, génère des emplois stables dans un créneau en tension. En Normandie, l’agroalimentaire représentait près de 26 000 salariés en 2018, selon la DRAAF Normandie, avec une part significative concentrée dans l’Orne.

Construction et insertion : deux leviers supplémentaires

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La construction s’impose comme l’autre moteur du recrutement ornais. Les métiers de maçon et couvreur figurent parmi les plus tendus nationalement en 2026 - respectivement 65 000 et 40 000 postes à pourvoir - selon InfoActu. La rénovation écologique alimente ces besoins en Normandie comme ailleurs.

Le Conseil départemental de l’Orne a, de son côté, renforcé son programme d’insertion pour 2026 : 22 000 heures d’insertion ciblées sur l’agroalimentaire et les services, soit le double de l’objectif précédent, d’après le magazine OrneMag. Un levier pour capter des profils éloignés de l’emploi vers des secteurs qui recrutent.

Les filières végétales et semencières complètent ce tableau. Des acteurs comme Limagrain lancent des campagnes de recrutement saisonnier à grande échelle pour les prochaines récoltes, signe que les besoins s’étendent au-delà de la transformation industrielle.

Sources

Céline Leclerc

Céline Leclerc

Correspondante à Alençon, elle suit l'élevage, les tensions sur les services publics, les fermetures de maternités et le tourisme équestre. Issue de Sciences Po Rennes, elle a commencé en radio locale. Méthode : interroger les éleveurs, les infirmières libérales, les élus, croiser les données sanitaires avant de conclure.

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