Marseille : une élue dépose plainte après des propos antisémites au conseil municipal
Le 26 juin, la conseillère d'opposition Fabienne Bendayan a été interpellée par une voix anonyme alors qu'elle évoquait la lutte contre l'antisémitisme. Elle a annoncé porter plainte.
Un incident verbal a éclaté lors du conseil municipal de Marseille, jeudi 26 juin. La conseillère d'opposition Fabienne Bendayan a été prise à partie en raison de son identité juive. Elle a annoncé le dépôt d'une plainte pour propos antisémites.
L’essentiel
- Incident : Le 26 juin 2026, lors du conseil municipal de Marseille, une voix non identifiée a lancé « C’est le vôtre » à l’élue Fabienne Bendayan qui dénonçait l’essentialisation des Juifs.
- Plainte : Fabienne Bendayan a annoncé sur X porter plainte pour des propos antisémites.
- Réactions : Les élus RN et UDR ont quitté l’hémicycle. Le CRIF Marseille-Provence a dénoncé une « dérive inacceptable ».
Ce qui s’est passé dans l’hémicycle
Jeudi 26 juin 2026, en marge d’une séance du conseil municipal de Marseille, un incident verbal a visé Fabienne Bendayan, conseillère d’opposition et ancienne présidente du CRIF Marseille-Provence. Selon plusieurs sources concordantes, l’élue s’exprimait sur la lutte contre l’antisémitisme et dénonçait l’essentialisation des Juifs, en évoquant le terme de « génocide », lorsqu’une personne dans les rangs de la majorité a rétorqué : « C’est le vôtre. »
L’échange a immédiatement provoqué une vive tension dans l’hémicycle. Les élus du groupe Rassemblement national ainsi que ceux de l’UDR ont quitté la salle en signe de protestation, selon des informations rapportées par i24NEWS et confirmées par plusieurs élus sur les réseaux sociaux.
Fabienne Bendayan annonce une plainte
Quelques heures après l’incident, Fabienne Bendayan a publié un message sur son compte X (anciennement Twitter) : « Ce matin, en plein Conseil municipal de Marseille… une voix s’est élevée… “C’est le vôtre”. Des propos inadmissibles… Je dépose plainte. » (voir le tweet ci-dessous). Elle a qualifié ces propos d’ « antisémitisme dans sa forme la plus nue » et a dénoncé un acte « abject ».
L’élue précise que la plainte vise « des propos antisémites tenus en plein conseil municipal » sans pour l’instant identifier l’auteur de l’interpellation. La majorité municipale n’a pas encore communiqué officiellement sur l’identité de la personne qui a lancé cette phrase.
Les réactions politiques locales
Plusieurs élus ont condamné l’incident. Romain Simmarano, conseiller municipal, a tweeté : « Un acte grave a été commis dans l’hémicycle municipal de Marseille. Fabienne Bendayan… a été essentialisée en tant que juive par un élu municipal encore non identifié… “c’est le votre”. »
La sénatrice Les Républicains Valérie Boyer a également réagi : « L’antisémitisme le plus crasse et lâche a encore frappé à Marseille, cette fois ci au sein du Conseil Municipal où @BendayanF… a été essentialisée en tant que juive par un élu municipal “courageusement” anonyme ! »
Le CRIF Marseille-Provence a publié un communiqué dans la journée, dénonçant « un fait particulièrement grave qui dépasse le cadre du débat politique » et rappelant que « prendre à partie des personnes en raison de leur identité constitue une dérive inacceptable ».
Contexte dans les Bouches-du-Rhône
Cet incident survient dans un département où les actes antisémites sont régulièrement dénoncés. Selon les données du ministère de l’Intérieur, les Bouches-du-Rhône font partie des départements les plus touchés par les atteintes à caractère antisémite en France métropolitaine, avec une augmentation notable ces dernières années. Marseille, troisième ville de France, compte une importante communauté juive, et la lutte contre l’antisémitisme est un sujet récurrent au sein des institutions locales. Le CRIF Marseille-Provence y est particulièrement actif. L’incident de jeudi intervient dans un climat politique déjà tendu, alors que la ville connaît par ailleurs d’autres dossiers chauds, comme les tensions autour du mercato de l’OM qui animent les débats citoyens.
L’annonce de cette plainte intervient alors que la ville continue de faire face à d’autres défis sécuritaires et sociaux, à l’image de l’actualité nationale marquée par des faits divers violents, comme le meurtre d’une jeune femme à Amiens ou les conséquences de la canicule dans plusieurs régions.
Prochaine étape
Le dépôt de plainte devrait être effectué dans les prochains jours au parquet de Marseille. Reste à savoir si les enquêteurs parviendront à identifier l’élu à l’origine de la remarque. La majorité municipale n’a pas encore indiqué si elle comptait prendre des sanctions internes.