Marseille : agressé dans un McDo du Prado, Ewan Ange témoigne des menaces qui ont suivi
L'influenceur marseillais de 22 ans, frappé le 4 juin 2026, fait face à une vague de menaces de mort en ligne après avoir publié une vidéo des faits.
Ewan Ange, influenceur et chanteur marseillais de 22 ans, a été agressé le 4 juin 2026 dans un McDonald's avenue du Prado. Après avoir partagé une vidéo de l'incident, il subit des menaces de mort en ligne. Son avocate a annoncé de nouvelles plaintes.
L’essentiel
- Agression : 4 juin 2026, vers 12h40, McDonald’s avenue du Prado (8e arrondissement de Marseille) - insultes homophobes et coups par un groupe de jeunes.
- Plainte : déposée le 5 juin 2026 ; le parquet de Marseille a ouvert une enquête pour violences en réunion commises en raison de l’orientation sexuelle de la victime.
- Menaces en ligne : après la mise en ligne d’une vidéo des faits, Ewan Ange reçoit des menaces de mort ; son avocate, Me Laura Tafani, annonce le dépôt de plaintes pénales contre leurs auteurs.
- Précédent : en janvier 2025, Ewan Ange avait déjà été agressé dans un bus RTM à Marseille, avec des menaces de mort à l’arme blanche - un agresseur avait été condamné à 10 mois ferme.
Un déjeuner au Prado tourne à l’agression
Le mercredi 4 juin 2026, peu après 12h30, Ewan Ange est attablé dans le McDonald’s de l’avenue du Prado, dans le 8e arrondissement de Marseille, en compagnie d’une amie. Un groupe de jeunes s’en prend à lui. D’abord des insultes à caractère homophobe, puis des coups. L’influenceur, suivi par plusieurs centaines de milliers d’abonnés sur les réseaux sociaux, est blessé.
Le lendemain, 5 juin, il dépose plainte. Le parquet de Marseille confirme l’ouverture d’une enquête pour violences en réunion commises en raison de l’orientation sexuelle de la victime, qualification pénale aggravée prévue par le code pénal, selon Le Parisien.
La vidéo publiée, les menaces arrivent
Ewan Ange choisit de rendre l’affaire publique en diffusant une vidéo des faits sur ses réseaux sociaux. La réaction ne tarde pas - mais pas celle qu’il attendait. Une vague de messages haineux, d’insultes et de menaces de mort déferle sur ses comptes, selon 20 Minutes.
Son avocate, Me Laura Tafani, annonce qu’elle va déposer de nouvelles plaintes pénales contre les auteurs identifiables de ces menaces en ligne. L’association Stop Homophobie accompagne Ewan Ange et annonce suivre les suites judiciaires de l’affaire, selon un communiqué publié sur son site.
Dans ses prises de parole, l’influenceur dénonce ce qu’il décrit comme une banalisation de l’homophobie, y compris dans l’espace public et numérique. « L’homophobie est banalisée », résume-t-il selon 20 Minutes.
Un précédent en janvier 2025, déjà à Marseille
Ce n’est pas la première fois qu’Ewan Ange est pris pour cible. En janvier 2025, il avait été agressé dans un bus RTM marseillais. Son agresseur l’avait menacé avec une arme blanche. La justice avait suivi : l’auteur des faits avait été condamné à 10 mois de prison ferme, selon La Provence.
Deux agressions en dix-huit mois, toutes deux à Marseille, toutes deux à caractère homophobe. Le profil public d’Ewan Ange - il est également chanteur - lui donne une visibilité que d’autres victimes n’ont pas. L’affaire du bus RTM avait déjà suscité une couverture médiatique régionale. Celle du Prado a rapidement franchi ce cadre, relayée par des médias nationaux.
Contexte dans les Bouches-du-Rhône
Marseille, première ville du département et deuxième de France avec environ 870 000 habitants, concentre une part significative des signalements de violences LGBTphobes en région Provence-Alpes-Côte d’Azur. Les associations locales, dont Stop Homophobie, font état d’une hausse des signalements ces dernières années - une tendance également documentée au niveau national par le ministère de l’Intérieur dans ses bilans annuels.
Le mois de juin, traditionnellement celui des Marches des fiertés, est aussi une période où les incidents à caractère homophobe sont statistiquement plus visibles dans les médias et les chroniques judiciaires. La Marche des fiertés de Marseille est habituellement organisée en juin ; aucune date officielle n’avait été communiquée au moment de la rédaction de cet article.
L’affaire Ewan Ange s’inscrit dans un contexte judiciaire marseillais chargé. D’autres dossiers impliquant des violences en réunion sont en cours devant le parquet de Marseille, comme en témoigne l’activité récente de la JIRS marseillaise sur des affaires distinctes. Par ailleurs, la question de la protection des victimes dans l’espace public fait écho à d’autres débats nationaux sur les violences, comme l’illustre l’affaire Nahel, dont la Cour de cassation vient de rouvrir la procédure.
Prochaines étapes judiciaires
L’enquête ouverte par le parquet de Marseille est en cours ; aucun mis en cause n’avait été présenté devant la justice au moment de la publication de cet article. Les plaintes contre les auteurs de menaces en ligne, annoncées par Me Laura Tafani, n’avaient pas encore été déposées formellement selon les informations disponibles.
Stop Homophobie a annoncé suivre l’évolution de la procédure et pourrait se constituer partie civile.
Sources
- Le Parisien : Ewan Ange dépose plainte après une agression homophobe dans un McDonald's de Marseille
- 20 Minutes : Marseille : « L'homophobie est banalisée » — Ewan Ange témoigne
- Stop Homophobie : Marseille : un influenceur victime d'une agression homophobe dans un McDonald's
- La Provence : Agression du TikTokeur marseillais Ewan Ange : l'agresseur condamné à 10 mois ferme

