Mayenne : le plan à 9 millions d’euros contre la pénurie de médecins
Le Département a investi 9 millions d'euros depuis 2022 pour attirer des médecins, avec une hausse de 22 % des internes accueillis.
Face à la pénurie de médecins, le Département de la Mayenne multiplie les dispositifs depuis 2022 accompagnement des internes, services médicaux de proximité, zones prioritaires. Le bilan reste contrasté.
L’essentiel
- Fait 1 : Le Département de la Mayenne a investi 9 millions d’euros entre 2022 et 2025 dans ses États Généraux de la Santé.
- Fait 2 : Le nombre d’internes accueillis dans le département a augmenté de 22 % sur la même période, selon le Département.
- Fait 3 : Une charte de non-concurrence entre le Département et les intercommunalités a été signée en avril 2025 pour encadrer le démarchage de médecins déjà installés.
- Fait 4 : Une ligne téléphonique pour les usagers sans médecin traitant a été lancée en novembre 2023 par la CPTS du Pays de Mayenne.
Le Département de la Mayenne a présenté début juillet le bilan de ses États Généraux de la Santé, lancés en 2022. En quatre ans, 9 millions d’euros ont été investis pour tenter d’enrayer la pénurie de médecins qui touche le territoire, selon le document publié par le Département. Résultat affiché : une hausse de 22 % du nombre d’internes accueillis en Mayenne sur la période.
Un dispositif construit autour des internes
La stratégie mayennaise repose d’abord sur les jeunes médecins en formation. Le Département a mis en place un accompagnement des internes en stage hospitalier, avec l’objectif de favoriser leur installation une fois leur diplôme obtenu. C’est ce levier qui explique en grande partie la progression de 22 % constatée par les services départementaux.
Le Département a également acquis un ancien site d’Enedis, selon Le Courrier de la Mayenne, pour y renforcer l’offre de soins dans une logique de lutte contre le désert médical. Le détail de l’usage prévu pour ce bâtiment n’a pas été précisé à ce stade.
Quatre services médicaux de proximité, dont un tenu par des retraités
Sur le terrain, quatre Services médicaux de proximité ont ouvert en Mayenne pour recevoir les patients sans médecin traitant, rapportent Ouest-France et VYV3 Pays de la Loire. L’un d’eux, à Laval, fonctionne grâce à des médecins retraités qui continuent d’assurer des consultations.
Pour orienter plus largement les usagers, la CPTS du Pays de Mayenne a lancé en janvier 2026 une ligne téléphonique dédiée aux personnes sans médecin traitant, selon les informations publiées sur psl-mayenne.fr. L’objectif est de canaliser les demandes vers les structures disponibles plutôt que vers les urgences.
Le Département a par ailleurs signé en avril 2025 une charte de coopération et de non-concurrence avec les intercommunalités mayennaises. Ce texte interdit le démarchage local de médecins déjà installés sur le territoire, une pratique qui avait pu créer des tensions entre collectivités voisines se disputant les mêmes praticiens.
Deux zones prioritaires désignées
Dès septembre 2025, deux zones ont été identifiées comme secteurs à enjeu sanitaire, selon Le Courrier de la Mayenne et France 3 Régions. Ces zones sont destinées à recevoir en priorité des médecins volontaires, avec un dispositif d’accompagnement spécifique. Mayenne Communauté a de son côté voté le renouvellement de cabinets médicaux gratuits pour attirer de nouveaux praticiens dans les secteurs déficitaires, selon ICI Mayenne.
L’Agence régionale de santé Pays de la Loire vise, avec l’extension de la CPTS de Laval, une couverture à 100 % du territoire mayennais en exercice coordonné. Le maire de Laval, Florian Bercault, a présenté sa commune comme « un laboratoire en matière de mesures incitatives » contre la pénurie, selon des propos rapportés par Marianne.
Sur les réseaux sociaux, le sujet a été relayé par plusieurs médias nationaux. La Tribune a résumé la situation ainsi :
Malgré les efforts, la pénurie persiste
Ces initiatives n’ont pas fait disparaître le problème. Selon Le Courrier de la Mayenne, certains habitants du département parcourent plusieurs centaines de kilomètres, jusqu’à Angers, Lisieux ou Paris, pour obtenir une consultation. Des acteurs du secteur cités par ICI Mayenne mettent en garde contre les limites des mesures coercitives : selon eux, aucun médecin ne s’installera dans une zone sous la contrainte de sanctions financières. Le manque de praticiens reste, de leur point de vue, une difficulté structurelle qui ne se résout pas uniquement par l’incitation financière ou administrative.
Contexte dans la Mayenne
La Mayenne fait partie des départements des Pays de la Loire les plus touchés par la désertification médicale, avec une population vieillissante et une densité de médecins généralistes inférieure à la moyenne régionale. Laval, préfecture du département, concentre une part importante de l’offre de soins restante, ce qui explique pourquoi la ville sert de point d’appui aux dispositifs départementaux, à l’image du Service médical de proximité assuré par des retraités. Le Département avait déjà engagé des efforts sur l’attractivité médicale avant 2022, mais les États Généraux de la Santé marquent la première mobilisation financière d’une telle ampleur, avec 9 millions d’euros mobilisés en quatre ans.
Le Département doit désormais suivre l’évolution du taux d’installation des internes accompagnés depuis 2022, dans les mois qui suivent la fin de leur formation.