Mayotte : accord trouvé, la manifestation des pros de la mer annulée
Après la menace d'un blocage des barges lundi, prestataires nautiques, Préfecture et Département s'accordent sur la reconstruction des pontons détruits par Chido.
Les opérateurs nautiques de Mayotte menaçaient de bloquer les barges ce lundi 6 juillet. Une réunion de concertation le 4 juillet a débouché sur un accord avec la Préfecture et le Département pour la reconstruction des pontons de Mamoudzou et Dzaoudzi, détruits par le cyclone Chido.
L’essentiel
- Fait 1 : le cyclone Chido, le 14 décembre 2024, a détruit les pontons de plaisance et de croisière de Mamoudzou et Dzaoudzi.
- Fait 2 : les opérateurs nautiques menaçaient de bloquer les barges à partir du lundi 6 juillet 2026.
- Fait 3 : une réunion de concertation s’est tenue le 4 juillet 2026 entre prestataires, Préfecture et Département.
- Fait 4 : la manifestation prévue le 6 juillet a finalement été suspendue, selon Mayotte Hebdo.
- Fait 5 : les autorités se sont engagées à installer un ponton d’urgence.
Ce qui s’est passé
La manifestation redoutée n’aura pas lieu. Les opérateurs nautiques de Mayotte avaient annoncé leur intention de bloquer les barges reliant Mamoudzou à Dzaoudzi dès le lundi 6 juillet 2026, aux heures de pointe. Une manière de forcer la main aux autorités sur un dossier qui s’enlise depuis un an et demi : la reconstruction des pontons de plaisance, détruits par le cyclone Chido le 14 décembre 2024.
Une réunion de concertation organisée le 4 juillet a changé la donne. Elle a réuni les représentants des prestataires nautiques, la Préfecture et le Département-Région de Mayotte. Selon Entrepreneur.re, les échanges ont abouti à un accord de suspension de la manifestation, adossé à des engagements concrets des deux collectivités sur l’installation d’un ponton d’urgence.
Mayotte Hebdo a résumé la séquence sur X : les professionnels de la mer menaçaient de bloquer les barges ce lundi, avant que la manifestation ne soit finalement annulée.
Une colère qui montait depuis des mois
Le mouvement ne sort pas de nulle part. Depuis le mois de mai 2026, des prestataires d’activités nautiques menaient déjà des opérations escargot en mer pour réclamer la reconstruction des pontons de Petite-Terre, selon La1ère France Info. Le port de Longoni avait lui aussi connu un blocage des flux de marchandises en juin 2026, dans un climat de tensions plus large autour de la lenteur perçue de la reconstruction post-Chido.
Pour les opérateurs, l’absence de pontons fonctionnels depuis décembre 2024 pèse directement sur leur activité : accès aux bateaux compliqué, sécurité des usagers en question, et un secteur touristique déjà fragilisé par l’arrêt de la filière croisière, documenté par Mayotte Tourisme dès les mois suivant le cyclone.
Le contenu de l’accord
L’accord trouvé le 4 juillet porte sur une solution transitoire avant la reconstruction définitive : l’installation d’un ponton d’urgence, engagement pris conjointement par la Préfecture et le Département. Les modalités précises de calendrier n’ont pas été détaillées publiquement à ce stade. C’est ce compromis qui a permis d’obtenir le retrait de la menace de blocage des barges, selon les informations rapportées par La1ère France Info et Entrepreneur.re.
La reconstruction des pontons de Mamoudzou et de Dzaoudzi reste un point de vigilance pour les professionnels du secteur, qui conditionnent la reprise pleine de leur activité à la livraison effective des infrastructures.
Contexte dans le département de Mayotte
Un an et demi après le passage de Chido, l’économie bleue figure parmi les axes stratégiques affichés de la reconstruction du département, selon Le Journal de Mayotte. La ville de Mamoudzou a signé des conventions de financement avec l’Agence française de développement portant notamment sur le front de mer et l’assainissement, selon La1ère France Info. Un ponton et une rampe destinés à la pêche ont par ailleurs été aménagés au Four à Chaux, dans le cadre de ce même objectif de développement des activités nautiques.
Mais le chantier reste incomplet. Un an après le cyclone, les moyens nautiques de l’État n’avaient pas tous été remplacés, relevait Mer et Marine. Cette lenteur alimente la défiance des prestataires locaux, qui ont multiplié les actions depuis le printemps pour accélérer les décisions. À l’échelle du département, le poids économique du tourisme nautique et de la croisière reste modeste comparé à d’autres piliers de l’économie mahoraise, mais il constitue un des rares leviers de diversification identifiés depuis Chido.
Et maintenant
L’accord du 4 juillet désamorce la crise immédiate, sans clore le dossier. Les prestataires nautiques attendent désormais la mise en œuvre concrète du ponton d’urgence promis par la Préfecture et le Département, avant de juger si l’apaisement tiendra dans la durée.