Mayotte : 97 gendarmes mobilisés à Dzoumogné pour une opération de contrôle ciblée
Le préfet Frédéric Poisot a dirigé vendredi 26 juin une opération de sécurisation dans deux quartiers d'habitats informels à Dzoumogné, avec un déploiement massif de 97 gendarmes.
Le préfet de Mayotte, Frédéric Poisot, a supervisé vendredi 26 juin 2026 une opération de contrôle de zone à Dzoumogné. 97 gendarmes ont investi deux quartiers d'habitats informels pour lutter contre la délinquance, l'économie informelle et l'immigration irrégulière. Les autorités annoncent une répétition hebdomadaire de ces opérations.
L’essentiel
- Fait 1 : 97 gendarmes déployés vendredi 26 juin 2026 à Dzoumogné (Mayotte) sous l’autorité du préfet Frédéric Poisot.
- Fait 2 : L’opération a ciblé deux quartiers d’habitats informels pour lutter contre la délinquance, l’économie informelle et l’immigration irrégulière.
- Fait 3 : Les autorités prévoient de répéter ces opérations de manière hebdomadaire, de jour comme de nuit, sur l’ensemble de l’île.
Ce qui s’est passé à Dzoumogné
Vendredi 26 juin 2026, une opération de sécurisation et de contrôle de zone a été menée dans la commune de Dzoumogné, au nord de Mayotte. Le dispositif, piloté par le préfet Frédéric Poisot, a mobilisé 97 gendarmes, selon la préfecture de Mayotte. Les militaires ont investi deux quartiers d’habitats informels à l’aube, sans faire de blessés.
L’objectif de cette intervention était multiple : interpeller les fauteurs de troubles à l’ordre public, assainir l’environnement local et lutter contre l’économie informelle. Les contrôles visaient également à lutter contre l’immigration irrégulière, une problématique récurrente à Mayotte. Le préfet a coordonné l’opération directement sur le terrain, accompagné du commandant adjoint de la gendarmerie locale.
Un dispositif de 97 gendarmes
Le déploiement de 97 gendarmes constitue l’un des plus importants dans le nord de Mayotte ces derniers mois. La préfecture n’a pas communiqué le nombre précis d’interpellations ni la nature des infractions constatées. Selon des sources locales, les forces de l’ordre ont procédé à des vérifications d’identité et à des fouilles dans les habitations informelles.
Cette opération s’inscrit dans une stratégie de reconquête du territoire annoncée par le préfet Frédéric Poisot, arrivé en poste le 18 mai 2026. Le commandement opérationnel était assuré par le commandant adjoint de la gendarmerie de Mayotte.
Objectifs : délinquance, économie informelle, immigration
Les trois piliers de l’opération étaient la lutte contre la délinquance, le démantèlement de l’économie informelle et la régulation de l’immigration irrégulière. Les quartiers d’habitats informels sont souvent pointés du doigt comme des zones où se concentrent trafics et occupations illégales. La préfecture n’a pas précisé si des saisies (argent, armes, stupéfiants) ont été réalisées.
À Mayotte, l’économie informelle représente une part importante de l’activité locale, souvent liée à des filières d’immigration depuis les Comores. Les opérations de ce type visent à rétablir l’autorité de l’État dans des zones où les contrôles sont habituellement rares.
Une stratégie hebdomadaire
Les autorités ont annoncé que ces opérations de contrôle de zone se répéteront désormais de manière hebdomadaire, de jour comme de nuit, sur l’ensemble de l’île. Cette décision fait écho à une volonté affichée par le préfet d’intensifier la pression sur les réseaux illicites. Les prochaines opérations pourraient avoir lieu dans d’autres communes du nord de Mayotte, comme Bandraboua ou Acoua.
Cette approche rappelle les précédentes actions menées sous la préfecture, comme le démantèlement d’un captage illégal d’eau à Massulaha en mai dernier, ou encore l’opération Kingia à Ouangani, où un gendarme avait été blessé lors de violences liées à des barrages.
Contexte dans le département de Mayotte
Mayotte, 101e département français, connaît une pression migratoire constante en provenance des Comores et une insécurité latente liée aux trafics et aux violences urbaines. Avec une population estimée à 310 000 habitants (dont près de la moitié de nationalité étrangère), le taux d’équipement en forces de l’ordre est inférieur à la moyenne nationale. Les opérations de sécurisation sont régulières mais leur fréquence s’accélère depuis l’arrivée du nouveau préfet.
Les quartiers d’habitats informels, appelés localement « bangas », abritent une population souvent précaire et sans titre de séjour. Les interventions de gendarmerie y sont délicates, comme l’illustre l’opération Kingia de mai dernier. Le préfet a condamné fermement ces violences et promis une présence accrue.
La prochaine étape : les opérations hebdomadaires devraient se poursuivre dans les semaines à venir, avec un objectif affiché de couvrir tous les villages de l’île. La préfecture n’a pas encore communiqué de calendrier précis.