Mayotte : colère des habitants face aux 42 h de coupure d’eau dès ce 15 juillet

La SMAE durcit les restrictions avec 30 heures d'eau pour 42 heures de coupure. La députée Anchya Bamana dénonce une situation sanitaire catastrophique.

Mayotte : colère des habitants face aux 42 h de coupure d'eau dès ce 15 juillet
Illustration Ahamada Abdallah / info.fr
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À Mayotte, le nouveau rythme de distribution d'eau entre en vigueur ce mercredi 15 juillet 2026. Les habitants perdent 6 heures d'eau potable par cycle. La retenue de Dzoumogné n'est remplie qu'à 70 %.

L'essentiel

Ce qu'il faut retenir

Faits vérifiés
  • Dès le 15 juillet 2026, Mayotte passe à 30 heures d'eau pour 42 heures de coupure, soit 6 heures d'eau en moins par cycle.
  • Le déficit de précipitations atteint 25 % et la retenue de Dzoumogné n'est remplie qu'à 70 % de sa capacité.
  • La députée Anchya Bamana rapporte que certaines familles mahoraises restent 3 à 4 jours sans eau potable.
  • L'État prévoit 730 millions d'euros d'investissements d'ici 2027, mais aucune sortie de crise n'est attendue avant fin 2027.
4 faits vérifiés 3 sources mis à jour le 15 juillet à 18:12

À Mayotte, la tension monte autour de l’accès à l’eau potable. Ce mercredi 15 juillet 2026, la SMAE applique un nouveau calendrier de coupures acté le 10 juillet par le Comité de suivi de la ressource en eau (CSRE), présidé par le préfet. Le rythme passe à 30 heures de distribution pour 42 heures de coupure consécutives, selon Info Outre-mer. Les usagers perdent ainsi 6 heures d’eau par cycle.

Ce qui change dès aujourd’hui

Une phase transitoire s’étale du 15 au 17 juillet pour permettre l’adaptation progressive des ménages, indique la SMAE. Le nouveau planning prévoit des plages de distribution réduites dans toute l’île. À Mamoudzou, chef-lieu de 71 437 habitants, les robinets resteront à sec durant près de deux jours d’affilée. Les habitants expriment leur indignation face à cette dégradation du service public.

La députée RN Anchya Bamana alerte sur une situation sanitaire critique. Selon Info.fr, elle rapporte que certaines familles mahoraises subissent déjà 3 à 4 jours consécutifs sans eau potable. « Les habitants sont à bout », a-t-elle déclaré, pointant l’impact sur l’hygiène et la santé des 323 153 Mahorais.

Un déficit pluviométrique de 25 %

La décision du CSRE s’appuie sur des constats alarmants. Le déficit de précipitations atteint 25 % selon les relevés récents de Météo-France, du BRGM et de la DEALM de Mayotte, rapporte Info Outre-mer. La retenue collinaire de Dzoumogné, principale ressource de l’île, n’est remplie qu’à 70 % de sa capacité globale, précise Franceinfo La1ère.

Ces données justifient, selon la préfecture, le renforcement des restrictions pour préserver les réserves avant la saison sèche. Les autorités redoutent une aggravation si les pluies tardent à revenir. L’île avait déjà connu des tensions en début d’année 2025, mais la situation actuelle marque un durcissement inédit.

Contexte dans le département de Mayotte

Mayotte, département français de 320 000 habitants situé dans l’océan Indien, fait face à une crise structurelle de l’eau depuis plusieurs années. Le réseau vétuste, les fuites estimées à 40 % et la démographie galopante aggravent la pression sur une ressource déjà limitée. L’île dépend à 90 % de la retenue de Dzoumogné, construite dans les années 1980.

Le territoire subit également une forte pression migratoire depuis les Comores voisines, ce qui amplifie les besoins en eau potable et en assainissement. Les bidonvilles non raccordés au réseau public représentent un défi sanitaire majeur. La densité de population à Mamoudzou, capitale économique, atteint 1 689 habitants au km², l’une des plus élevées d’outre-mer.

D’autres territoires français connaissent des restrictions cet été 2026. Dans l’Eure, le préfet a renforcé les mesures sur l’Avre amont, mais sans atteindre le niveau de coupures observé à Mayotte.

730 millions d’euros d’investissements programmés

L’État prévoit d’allouer 730 millions d’euros aux infrastructures d’eau et d’assainissement sur la période 2024-2027, selon Info.fr. Ces fonds doivent financer la réhabilitation du réseau, la construction de nouvelles retenues et l’extension de l’usine de dessalement de Petite-Terre.

Les travaux avancent lentement. Le chantier de la retenue de Combani, prévu pour augmenter la capacité de stockage, accuse des retards. La mise en service d’une station de traitement moderne à Mamoudzou n’est pas attendue avant fin 2027. Les autorités reconnaissent qu’aucune sortie de crise n’est envisageable avant cette échéance.

La colère monte sur le terrain

Sur les réseaux sociaux, des habitants de Mamoudzou et de Koungou témoignent de leur épuisement. Beaucoup dénoncent l’impossibilité de mener une vie normale : lessive, douches, cuisine deviennent des défis quotidiens. Les bidons d’eau potable s’accumulent devant les maisons, ravitaillés par des camions-citernes dont les passages restent irréguliers.

Les écoles et les hôpitaux, pourtant considérés comme prioritaires, subissent eux aussi les coupures. Le centre hospitalier de Mamoudzou a dû mobiliser des cuves d’urgence pour maintenir les soins. Les commerces ferment plus tôt, faute d’eau pour les sanitaires et le nettoyage.

Le prochain Comité de suivi de la ressource en eau se réunira fin juillet pour évaluer l’évolution de la situation. Si les pluies attendues en août tardent, un durcissement supplémentaire des restrictions n’est pas exclu.

Ahamada
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Sources

Ahamada Abdallah

Ahamada Abdallah

Ahamada est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Mayotte (976), avec Mamoudzou pour chef-lieu. Spécialité du département : département français le plus jeune et lagon (1er lagon mondial). Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Outre-mer.

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