Mercato OM : la nouvelle direction face à la colère des supporters
À trois semaines de la reprise, l'OM n'a enregistré aucun renfort majeur malgré un déficit record
Entre contraintes budgétaires et stratégie opportuniste, l'Olympique de Marseille traverse un mercato d'été au ralenti qui exaspère ses supporters.
Les enjeux
Ce qu'il faut comprendre
Contrainte budgétaire extrême
Déficit de 104 M€, sanction UEFA de 10 M€ et obligation de réduire la masse salariale de 69 M€ bloquent tout investissement massif.
Pression des supporters
Les fans expriment leur colère face à un mercato qualifié de « pourri » et « timide », à trois semaines de la reprise contre Strasbourg le 21 août.
Effectif affaibli par les départs
Greenwood, Aubameyang, Traoré partis, fins de prêt non reconduites : l'OM perd des cadres sans les remplacer.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
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17 juin 2026
Sanction UEFA
Amende de 10 millions d'euros et sursis d'exclusion des coupes d'Europe.
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26 juin 2026
Encadrement DNCG
Obligation de réduire la masse salariale et les indemnités de mutation.
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Juin 2026
Changement de direction
Stéphane Richard remplace Longoria, Lorenzi succède à Benatia, Genesio arrive.
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26 juil. 2026
Calme plat mercato
Aucune recrue majeure annoncée pour l'équipe première.
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21 août 2026
Reprise championnat
Premier match contre Strasbourg au Vélodrome.
Sur les forums marseillais, le compteur tourne. 21 août. Strasbourg. Premier match de championnat. Et toujours rien. Pas de nom qui claque, pas d’annonce qui électrise. Le mercato de l’OM ressemble à une salle d’attente vide. Les supporters parlent d’été « pourri ». Ils ne comprennent pas.
Au 26 juillet - le constat est brutal: « calme plat » pour l’équipe première. Quelques jeunes signés en juin pour la réserve, Sacha Lung - Jephthe Malanda, dans une logique de post-formation. Deux arrivées actées, Ismaël Koné et Lilian Brassier - mais aucun coup d’éclat. Aucun joueur qui inverse la dynamique.
Les départs, eux, ont bien eu lieu. Mason Greenwood transféré à Fenerbahçe pour 39 millions d’euros. Pierre-Emerick Aubameyang vendu à La Corogne pour 1,5 million. Hamed Junior Traoré parti. Les fins de prêt ont allégé l’effectif: Benjamin Pavard - Arthur Vermeeren - Ethan Nwaneri sont retournés dans leurs clubs. L’OM dégraisse. Mais ne reconstruit pas.
104 millions de déficit, 10 millions de sanction
Le club affiche un déficit de 104 millions d’euros. L’UEFA a infligé une sanction de 10 millions pour non-respect du fair-play financier. La DNCG impose une réduction drastique de la masse salariale. Selon les sources, la masse salariale de départ s’élevait à 153,6 millions d’euros - avec une cible fixée par la DNCG en dessous de 100 millions d’euros. La source la plus détaillée chiffre la baisse à 69 millions d’euros - ramenant la masse de 163 à 94 millions. Le club doit réaliser entre 50 et 60 millions d’euros de plus-values sur les ventes cet été.
Les salaires de l’ancienne direction sont pointés du doigt. Un agent ayant travaillé avec Pablo Longoria et Mehdi Benatia confie à La Provence: « Les salaires donnés par l’ancienne direction étaient démesurés par rapport au niveau réel des joueurs. C’étaient des salaires ‘OM’ plutôt que des salaires qui reflétaient le niveau des joueurs sur le marché. Ils avaient trop tendance à s’aligner sur ce qui était pratiqué à Tottenham ou l’Atlético. Sauf que l’OM n’est pas ces clubs-là. On a peut-être vu trop grand ». Selon La Provence, certains joueurs recrutés sous la précédente direction touchent jusqu’à 500 000 euros bruts par mois - des montants jugés démesurés.
Une nouvelle direction que personne ne connaît
Stéphane Richard a succédé à Pablo Longoria à la présidence. Grégory Lorenzi a pris le poste de directeur sportif. Une nouvelle équipe que les supporters peinent encore à identifier. Le silence du club agace. Habitués à une activité intense sous l’ère précédente, les fans expriment leur inquiétude sur les réseaux sociaux.
Dans l’entourage du club, on temporise: « Nous ne voulons pas nous précipiter pour éviter les erreurs du passé ».
Une stratégie opportuniste loin des attentes
La direction vise désormais des opérations « opportunistes »: des joueurs entre 2 et 5 millions d’euros - pas d’investissements massifs. Concrètement, il s’agit de cibler des profils sous-valorisés, en fin de contrat ou poussés vers la sortie par leurs clubs. Des fenêtres de tir en fin de mercato, quand les prix baissent. Une logique dictée par la contrainte DNCG et les leçons du passé: éviter les surenchères, privilégier les jeunes à potentiel, compter sur l’entraîneur pour faire progresser le groupe actuel.
Cette approche prudente tranche avec les ambitions affichées. L’idée de bâtir une équipe compétitive à moindre coût séduit sur le papier, mais elle suppose un travail de scouting affûté, des paris sportifs réussis et du temps, luxe que les supporters ne sont plus disposés à accorder.
La colère des supporters prend de l’ampleur
Sur les forums, les réseaux sociaux et dans les tribunes, le mécontentement enfle. Les supporters qualifient le mercato de « lenteur » et de « timide ». Un supporter sur X s’agace: « La direction est totalement perdue, ils ne savent pas qui vendre, qui acheter. C’est le vide total, il n’y a quasiment pas d’offres qui sont proposées à l’OM et niveau recrutement, toutes les pistes sont des joueurs qui ne valent rien vu le manque d’argent ».
Cette mobilisation ne se limite pas aux réseaux sociaux. Les forums marseillais bouillonnent de critiques, certains évoquant un risque de climat hostile dès le premier match au Vélodrome. La billetterie, elle, reste à surveiller: une saison sans qualification européenne avait déjà entamé l’enthousiasme, et un mercato décevant pourrait accentuer la désaffection. Pour la nouvelle direction, le risque est réel: perdre la confiance des supporters avant même d’avoir posé les bases de son projet.
Ce que personne ne dit: la lenteur protège aussi
Un élément échappe au récit dominant. Les supporters exigent des recrues, mais les départs tardent à se concrétiser. Or, sans ventes, pas de marge budgétaire pour acheter. L’OM a enregistré quelques arrivées comme Ismaël Koné et Lilian Brassier - mais les départs bloquent mécaniquement l’arrivée de nouvelles cibles prioritaires.
La saison précédente s’est terminée sans qualification européenne. Les fans espéraient un électrochoc, une refonte rapide pour préparer la nouvelle ère. Mais la réalité financière impose une autre logique: vendre d’abord, recruter ensuite. La direction, elle, attend que les ventes se débloquent.
Le 21 août approche. Dans trois semaines, Strasbourg. Les tribunes seront pleines. L’effectif, lui, reste à compléter.