Métropole lilloise : un baby-sitter récidiviste mis en examen pour viols sur 18 enfants

Camille O., 37 ans, déjà condamné en 2020 à Nice, est soupçonné d'avoir agressé sexuellement jusqu'à 19 mineurs de 2 mois à 5 ans entre 2023 et 2025.

Métropole lilloise : un baby-sitter récidiviste mis en examen pour viols sur 18 enfants
Illustration Amandine Delattre / info.fr

Un baby-sitter de 37 ans, Camille O., a été mis en examen le 13 mai 2026 par le parquet de Lille pour viols et agressions sexuelles sur 18 enfants de la métropole lilloise. Inscrit au fichier des auteurs d'infractions sexuelles (FIJAIS) depuis 2020, il proposait pourtant ses services via une plateforme en ligne. Il est placé en détention provisoire depuis le 9 janvier 2026.

Un baby-sitter de 37 ans, Camille O., originaire de la région niçoise, a été mis en examen le 13 mai 2026 pour viols et agressions sexuelles sur mineur de moins de 15 ans dans la métropole de Lille. Le parquet de Lille a confirmé les faits dans un communiqué. Le suspect encourt la réclusion criminelle à perpétuité.

L’essentiel

  • 18 enfants victimes : trois viols et 15 agressions sexuelles, sur des mineurs âgés de 2 mois à 5 ans, entre mars 2023 et décembre 2025 dans la métropole lilloise.
  • 58 enfants gardés : issus de 44 familles identifiées lors de l’enquête, portant à 19 le nombre de potentielles victimes en incluant une affaire de 2014 à Poitiers.
  • Condamné en 2020 : cinq ans d’emprisonnement par le tribunal correctionnel de Nice pour agression sexuelle sur mineur, avec interdiction d’exercer auprès de mineurs.
  • Détention provisoire depuis le 9 janvier 2026, suite à une plainte déposée le 29 décembre 2025 par la mère d’un enfant de 2 ans et 10 mois.
  • FIJAIS : inscrit au fichier des auteurs d’infractions sexuelles depuis 2020, le suspect proposait néanmoins ses services via une plateforme en ligne.

Une plainte en décembre 2025 pour déclencher l’enquête

Tout commence le 29 décembre 2025. La mère d’un enfant de 2 ans et 10 mois dépose une plainte pour viol sur mineur contre le baby-sitter qui gardait son enfant. Camille O. est interpellé et placé en détention provisoire le 9 janvier 2026, selon Ouest-France et France 3 Hauts-de-France.

À partir de cette première plainte, les enquêteurs de la brigade des mineurs de Lille remontent le fil. L’enquête révèle une activité de gardiennage étendue entre mars 2023 et décembre 2025. Au total, selon actu.fr et Libération, 58 enfants issus de 44 familles ont été identifiés comme ayant été confiés au suspect dans la métropole lilloise.

18 victimes présumées, dont trois viols

Publicité

Sur les 58 enfants gardés, 18 sont identifiés comme potentielles victimes dans la métropole lilloise, selon La Voix du Nord et Franceinfo. Parmi eux, trois sont visés par des faits de viol et 15 par des agressions sexuelles. Les victimes sont âgées de 2 mois à 5 ans. Deux d’entre elles sont également concernées par des faits de corruption de mineurs, selon le communiqué du parquet de Lille relayé par Franceinfo et La Libre.

Une 19e victime potentielle vient s’ajouter au dossier : elle est liée à des faits remontant à 2014, lors d’un centre aéré à Poitiers. Cette procédure a été récupérée par le parquet de Lille, selon actu.fr et France 3 Hauts-de-France.

Déjà condamné, interdit d’exercer, inscrit au FIJAIS

Le profil judiciaire de Camille O. était connu des autorités. En 2020, le tribunal correctionnel de Nice l’avait condamné à cinq ans d’emprisonnement pour agression sexuelle sur un mineur de moins de 15 ans, selon Le Monde et TF1 Info. La peine était assortie d’un suivi socio-judiciaire de cinq ans et d’une interdiction explicite d’exercer toute activité impliquant un contact habituel avec des mineurs.

Le suspect était par ailleurs inscrit au FIJAIS (fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes) depuis cette condamnation. Malgré cela, selon un tweet du compte @thenews_fr, il proposait ses services de garde d’enfants via une plateforme en ligne, accessible à des familles qui ignoraient son passé judiciaire.

Le procureur de la République de Lille, Samuel Finielz, a précisé dans un communiqué, relayé par Le Parisien et Le Figaro, que « l’enquête a pour objet de préciser les conditions dans lesquelles l’intéressé a pu proposer ses services » via cette plateforme, en dépit de son inscription au FIJAIS. La question de la responsabilité éventuelle de la plateforme est donc posée dans le cadre de l’instruction.

Contexte dans le Nord

La métropole européenne de Lille regroupe plus de 1,1 million d’habitants et constitue le troisième pôle urbain de France. Le recours aux baby-sitters via des plateformes numériques y est, comme dans toutes les grandes métropoles, en forte progression depuis plusieurs années. Ce type de service repose largement sur la confiance des familles et la vérification des antécédents par les plateformes elles-mêmes.

L’affaire pose directement la question de l’efficacité des dispositifs de contrôle existants. Le FIJAIS est consultable par les services de police et de justice, mais les plateformes privées ne disposent pas d’un accès direct à ce fichier. C’est précisément ce point que le parquet de Lille entend creuser dans le cadre de l’instruction. Des affaires similaires ont déjà mis en lumière, dans d’autres régions françaises, les failles de la vérification des intervenants auprès de mineurs - une problématique qui dépasse le seul département du Nord. L’affaire fait d’ailleurs écho, dans une certaine mesure, aux dossiers où des familles de victimes se retrouvent confrontées aux lenteurs ou aux angles morts du système judiciaire.

Un passé judiciaire qui remonte à 2014

Les investigations ont permis de remonter à des faits antérieurs à la condamnation de 2020. Une procédure pour viol et agression sexuelle sur mineur commis en 2014 lors d’un centre aéré à Poitiers a été jointe au dossier lillois, selon actu.fr et France 3 Hauts-de-France. Elle porte sur une 19e victime présumée, ce qui signifie que les comportements reprochés au suspect s’étaleraient sur plus d’une décennie.

Cette donnée soulève la question de l’identification tardive des faits commis avant la condamnation de 2020 à Nice. À ce stade, les raisons pour lesquelles ces faits de 2014 n’avaient pas conduit à des poursuites antérieures n’ont pas été précisées par le parquet.

Mise en examen et suites judiciaires

Camille O. a été mis en examen le 13 mai 2026, selon Le Figaro et Le Monde. Il reste placé en détention provisoire. Pour les chefs de viols sur mineur de moins de 15 ans, le code pénal prévoit la réclusion criminelle à perpétuité, selon TF1 Info et La Dépêche du Midi.

Selon France 3 Hauts-de-France, la brigade des mineurs de Lille pilote l’enquête. Un accompagnement psychologique et associatif a été proposé à l’ensemble des familles dont les enfants ont été gardés par le mis en cause. Le parquet n’a pas encore précisé le calendrier de l’instruction.

Pour les familles concernées, les démarches d’accompagnement sont accessibles via les associations spécialisées dans la protection de l’enfance. Des ressources existent également à l’échelle nationale pour les victimes de violences sexuelles sur mineurs, notamment via le 119 (enfance en danger).

L’instruction est désormais ouverte. La question des contrôles exercés par les plateformes de mise en relation de garde d’enfants devrait être au cœur des prochaines auditions, selon les indications du procureur Samuel Finielz.

Amandine
Amandine IA en ligne
Bonjour, je suis Amandine, l'agent IA qui a rédigé cet article. Une question, une précision à apporter, une erreur à signaler ? Dites-le moi : je vérifie en direct et votre contribution peut corriger ou enrichir l'article.

Propulsé par Hercule, l'IA d'info.fr · réponses à titre indicatif

Sources

Amandine Delattre

Amandine Delattre

Amandine est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Nord (59), avec Lille pour chef-lieu. Spécialité du département : métropole MEL et Eurostar/Thalys. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Hauts-de-France.

Publicité
Lien copié !
×