Meurtre de Chloé à Fère-en-Tardenois : le suspect de 23 ans aux aveux partiels
La collégienne de 14 ans a été poignardée au cou le 6 mai sur le chemin du collège. Julien B. a avoué avoir utilisé un couteau mais nie la préméditation.
Chloé, 14 ans, a été tuée à coups de couteau le mercredi 6 mai 2026 à Fère-en-Tardenois, dans l'Aisne, alors qu'elle se rendait au collège. Le suspect, Julien B., 23 ans, interpellé à Soissons le soir même, a reconnu l'usage du couteau. Une enquête pour assassinat est ouverte.
Chloé, collégienne de 14 ans scolarisée en troisième au collège Anne-de-Montmorency, a été mortellement poignardée au cou le mercredi 6 mai 2026 vers 8 heures, rue du 8-Mai-1945 à Fère-en-Tardenois, commune rurale de l’Aisne. Elle se rendait à pied au collège. Les secours n’ont pu la réanimer. Julien B., 23 ans, sans emploi, a été interpellé à Soissons en fin de journée et a avoué en garde à vue avoir utilisé un couteau contre elle, tout en niant la préméditation.
L’essentiel
- Date et lieu : mercredi 6 mai 2026, vers 8h, rue du 8-Mai-1945 à Fère-en-Tardenois (Aisne), à 40 km à l’ouest de Reims.
- Victime : Chloé, 14 ans, élève de troisième au collège Anne-de-Montmorency, poignardée au cou sur le chemin de l’école.
- Suspect : Julien B., 23 ans, sans emploi, domicilié chez ses parents à Soissons, possiblement l’ex-petit ami de la victime, déjà connu pour port illégal d’arme blanche.
- Qualification juridique : enquête pour assassinat ouverte par le parquet de Soissons, confiée à la section de recherches de la gendarmerie d’Amiens.
- Menaces antérieures : Julien B. avait proféré des menaces de viol et de mort par téléphone et messages environ dix jours avant le meurtre, selon Le Figaro et La Dépêche du Midi.
Un mercredi matin ordinaire, une attaque mortelle
Ce matin-là, Chloé part comme d’habitude à pied en direction du collège. Rue du 8-Mai-1945, elle croise Julien B. L’attaque est brève et violente : elle est frappée au cou avec un couteau. Les secours interviennent rapidement mais ne parviennent pas à la sauver.
Julien B. prend la fuite et rejoint Soissons, à une cinquantaine de kilomètres. La gendarmerie l’interpelle en fin d’après-midi. Dès la garde à vue, il reconnaît avoir été présent et avoir utilisé le couteau, selon 20 Minutes et Le Parisien. Il nie toutefois avoir voulu la tuer.
Le profil du suspect : un ex-petit ami jaloux aux antécédents judiciaires
Julien B., 23 ans, vivait chez ses parents à Soissons. Sans emploi, il était déjà connu de la justice pour port illégal d’arme blanche, selon Le Figaro. Il aurait entretenu une relation de près de deux ans avec Chloé, malgré la différence d’âge marquée - neuf ans - entre eux.
Selon les mêmes sources, la rupture l’avait rendu incontrôlable. Environ dix jours avant le drame, vers le 25 avril 2026, il avait contacté Chloé et une amie par téléphone et messages, proférant des menaces explicites. Les termes rapportés par La Dépêche du Midi et Le Figaro sont sans ambiguïté : « Je vais niquer vos grand-mères », « J’ai un pote qui vient de Paris avec des armes, on vous allume ». Des menaces de viol et de mort figuraient également dans ces échanges.
Selon Le Parisien, Julien B. approchait également des mineures via des messageries liées à des jeux vidéo et entretenait des contacts avec d’autres élèves du collège Anne-de-Montmorency. Ce point ne repose que sur une source unique à ce stade.
Aveux partiels et qualification juridique contestée
Le parquet de Soissons a ouvert une enquête pour assassinat - c’est-à-dire un meurtre avec préméditation. L’affaire a été confiée à la section de recherches de la gendarmerie d’Amiens, selon Franceinfo. En cas de renvoi en cour d’assises pour ce chef, le suspect encourt la réclusion criminelle à perpétuité.
Mais son avocat, Me Arnaud Miel, nuance les déclarations du parquet. Selon L’Union, il affirme que son client « n’a pas reconnu les faits d’assassinat » et rappelle la présomption d’innocence. Julien B. admet sa présence et l’usage d’une arme, mais conteste la préméditation. C’est précisément ce point - savoir s’il avait planifié l’agression - qui déterminera la qualification retenue.
Le collège sous le choc, une cellule psychologique activée
Le lendemain, jeudi 7 mai, le collège Anne-de-Montmorency a rouvert ses portes aux élèves qui souhaitaient être accueillis, selon l’AFP. Une cellule psychologique a été mise en place pour accompagner les adolescents et les équipes éducatives.
La préfète de l’Aisne s’est rendue sur place le 7 mai 2026, selon France 3 Hauts-de-France. Les témoignages recueillis par France 3 dressent le portrait d’une adolescente décrite comme « solaire », qui « avait tout le temps le sourire » et pratiquait le tir à l’arc.
Des associations de lutte contre les violences faites aux femmes qualifient ce meurtre de féminicide, et le recensent comme le 34e cas de 2026 en France, selon une publication sur les réseaux sociaux du collectif Féminicides par compagnons ou ex. Cette qualification est avancée par des associations et non par le parquet, qui retient pour l’heure le chef d’assassinat.
Contexte dans l’Aisne
Fère-en-Tardenois compte 2 881 habitants selon l’INSEE (recensement 2022), pour une densité de 141,2 habitants au km². La commune se situe à environ 40 km à l’ouest de Reims, dans un secteur rural du sud de l’Aisne. Elle ne figure pas parmi les zones identifiées à forte criminalité dans le département. Ce type d’agression mortelle y est sans précédent connu dans la période récente.
Ce drame s’inscrit dans un contexte national marqué par des interrogations récurrentes sur les violences entre mineurs et jeunes adultes. À Mayotte, un adolescent de 16 ans a été poignardé le même jour lors d’une rixe, rappelant que les violences à l’arme blanche touchent des profils et des territoires très différents. Des voix s’élèvent également pour pointer la question des relations entre adultes et mineures : à Nice, un professeur de danse a récemment été mis en examen pour agressions sexuelles sur douze élèves mineures.
À Fère-en-Tardenois, le collège Anne-de-Montmorency est le seul établissement secondaire de la commune. Il accueille des élèves de plusieurs villages environnants. La mort de Chloé y a créé un choc collectif que les équipes de l’Éducation nationale et les autorités préfectorales s’efforcent de contenir.
Prochaine étape judiciaire : la mise en examen
La garde à vue de Julien B. ayant été prolongée, une mise en examen devant un juge d’instruction du tribunal judiciaire de Soissons est attendue dans les prochains jours. C’est à ce stade que la qualification - assassinat ou meurtre - sera formellement arrêtée, et que l’éventuelle détention provisoire sera décidée. Les premières heures de l’enquête avaient établi les grandes lignes du dossier ; l’instruction judiciaire devra maintenant établir la chronologie précise et l’existence ou non d’une préméditation.
Sources
- Le Parisien : Meurtre d'une collégienne de 14 ans dans l'Aisne : le suspect aurait commencé à passer aux aveux
- Le Figaro : Le profil sombre de Julien B., principal suspect du meurtre de Chloé dans l'Aisne
- 20 Minutes : Aisne : le suspect de 23 ans a reconnu avoir tué une collégienne de 14 ans sur le chemin de l'école
- France 3 Hauts-de-France : "C'était une fille solaire" : l'émotion et le choc à Fère-en-Tardenois après la mort de Chloé