Meurtre de Thomas Cretault à Vendôme : cinq accusés jugés dix ans après

Le procès s'ouvre le 18 mai à Blois, dix ans après la mort d'un jeune mécanicien tué d'une balle dans la tempe

Meurtre de Thomas Cretault à Vendôme : cinq accusés jugés dix ans après
Illustration Isabelle Gaillard / info.fr

Thomas Cretault, mécanicien intérimaire, a été abattu d'une balle dans la tempe à Vendôme en avril 2016. Dix ans plus tard, cinq hommes comparaissent devant la cour d'assises de Blois du 18 au 22 mai 2026. Les faits s'inscrivent, selon La Nouvelle République, dans une rivalité de bandes liée au trafic de drogue local.

Thomas Cretault, mécanicien intérimaire, a été abattu d’une balle dans la tempe à Vendôme en avril 2016. Dix ans plus tard, cinq hommes comparaissent devant la cour d’assises de Blois du 18 au 22 mai 2026. Les faits s’inscrivent, selon La Nouvelle République, dans une rivalité de bandes liée au trafic de drogue local.

L’essentiel

  • Victime : Thomas Cretault, jeune mécanicien intérimaire, tué d’une balle dans la tempe à Vendôme en avril 2016.
  • Cinq accusés : deux pour meurtre (Pierre-Paul Atekpani, 31 ans, et Gilles Kitelo, 33 ans), deux pour complicité de meurtre, un pour association de malfaiteurs.
  • Procès : cour d’assises du palais de justice de Blois, du 18 au 22 mai 2026.
  • Détention provisoire : certains suspects ont été maintenus en détention jusqu’à trois ans avant d’être libérés sous contrôle judiciaire.
  • Délai : dix ans entre les faits et l’audience, selon La Nouvelle République.

Avril 2016 : une balle dans la tempe à Vendôme

Les faits remontent au printemps 2016. Thomas Cretault, jeune homme décrit comme mécanicien intérimaire, est tué par balle en pleine ville de Vendôme. Selon La Nouvelle République, le tir lui atteint la tempe. Le contexte de l’affaire pointe vers une rivalité entre bandes gravitant autour du trafic de stupéfiants local. Les circonstances précises du déroulement de la nuit des faits n’ont pas été détaillées publiquement à ce stade par le parquet de Blois.

La famille de la victime a attendu dix ans avant que l’affaire arrive en audience criminelle. Ce délai - lié notamment à la complexité de l’instruction et à l’implication de plusieurs protagonistes - est au cœur de l’attente décrite par les proches, toujours selon la même source régionale.

Cinq accusés, trois qualifications différentes

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La chambre criminelle devra statuer sur le sort de cinq hommes aux rôles distincts selon l’acte de renvoi. Pierre-Paul Atekpani, 31 ans, et Gilles Kitelo, 33 ans, répondent du chef de meurtre. Rochel Atepou, 34 ans, et Assib Massoundi, 33 ans, sont poursuivis pour complicité de meurtre. Hugo Chalumeau, 32 ans, comparaît pour association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un crime.

Tous ont connu la détention provisoire. Certains y sont restés jusqu’à trois ans, avant d’être remis en liberté sous contrôle judiciaire en raison de l’ancienneté des faits, selon La Nouvelle République. Cette durée prolongée de détention avant jugement illustre la longueur de l’instruction dans les dossiers criminels complexes, un phénomène que les juridictions françaises peinent à résorber. Des affaires similaires de violences liées au trafic de drogue ont récemment occupé les tribunaux, comme cette affaire parisienne de dette de drogue ayant abouti à sept à huit ans de prison.

Une semaine d’audience à Blois

L’audience est programmée sur cinq jours, du 18 au 22 mai 2026, devant la cour d’assises du palais de justice de Blois. Les plaidoiries des avocats de la défense et des parties civiles, ainsi que les témoignages, constitueront le cœur de la semaine. La cour devra notamment établir la chaîne de responsabilités entre les cinq protagonistes, ce qui suppose de démêler les rôles respectifs dans l’organisation du groupe et dans l’acte lui-même.

Le parquet de Blois n’a pas communiqué publiquement sur les réquisitions envisagées à ce stade.

Contexte dans le Loir-et-Cher

Le meurtre de Thomas Cretault n’est pas un fait isolé dans l’histoire judiciaire du département. En 2021, les enquêteurs du Loir-et-Cher ont démantelé un réseau de cocaïne et de cannabis impliquant cinq personnes, selon France 3 Régions. En février 2026, le tribunal correctionnel de Blois a condamné des individus à jusqu’à trois ans de prison ferme dans un dossier de trafic de stupéfiants et de détention d’armes à Vendôme, d’après La Nouvelle République.

Le phénomène dépasse largement le seul département. Selon un rapport cité par Ici France, huit communes sur dix sont désormais touchées par le trafic de drogue en France, y compris en zone rurale. Les saisies de cocaïne effectuées par la gendarmerie ont été multipliées par dix entre 2022 et 2024 au niveau national. Au total, 52 300 personnes ont été mises en cause pour trafic de stupéfiants en France en 2024 selon le ministère de l’Intérieur, contre des chiffres nettement inférieurs à l’époque des faits en 2016. Le cannabis représente 78 % de ces mises en cause.

Vendôme, sous-préfecture de 16 000 habitants, n’échappe pas à cette réalité. L’affaire Cretault a constitué, à l’époque, un choc dans une ville de taille modeste où les règlements de comptes armés restent rares. Des affaires de délinquance liées aux stupéfiants ont également mobilisé les forces de l’ordre dans d’autres territoires ces dernières années.

Dix ans : un délai qui interroge

Entre l’homicide d’avril 2016 et l’ouverture des débats en mai 2026, dix années se sont écoulées. La longueur de cette instruction - classique dans les dossiers criminels impliquant plusieurs co-auteurs et nécessitant des expertises balistiques, des interceptions téléphoniques et des auditions multiples - a pesé sur la famille de la victime, selon La Nouvelle République.

La question du délai raisonnable de jugement est récurrente devant les cours d’assises françaises. Elle n’a pas donné lieu, à ce stade, à une déclaration publique du parquet ou du président de la cour d’assises de Blois. Sur le plan national, les affaires criminelles complexes liées aux stupéfiants mobilisent des moyens d’enquête importants, ce qui allonge mécaniquement les délais d’instruction. La condamnation récente dans une affaire de féminicide jugée aux assises rappelle que ces dossiers, quelle que soit leur nature, aboutissent parfois à de lourdes peines.

Ce que la cour devra trancher

La cour d’assises de Blois devra établir la matérialité du tir, identifier le ou les auteurs directs parmi les cinq prévenus, et qualifier la part de chacun dans l’organisation. La distinction entre meurtre, complicité de meurtre et simple association de malfaiteurs emporte des conséquences pénales très différentes : de quelques années d’emprisonnement pour la dernière qualification à la réclusion criminelle à perpétuité pour la première, en cas d’aggravantes retenues.

Les débats devraient également porter sur le contexte de trafic de drogue qui, selon La Nouvelle République, sous-tend l’ensemble de l’affaire. La défense de certains accusés pourrait contester ce cadre ou discuter des éléments de preuve accumulés durant une instruction de presque dix ans.

L’issue du délibéré est attendue dans le courant de la semaine du 18 mai 2026. La famille de Thomas Cretault sera présente, constituée partie civile.

Sources

Isabelle Gaillard

Isabelle Gaillard

Isabelle est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Loir-et-Cher (41), avec Blois pour chef-lieu. Spécialité du département : châteaux royaux et ZooParc Beauval (1er parc zoo français). Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Centre-Val de Loire.

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