Moissac : condamné à 4 ans pour agression sexuelle, il invoquait une « illusion d’optique »
Le tribunal de Montauban a rendu son jugement le 4 mai 2026 contre un homme de 28 ans, sans-papiers originaire du Maroc, reconnu coupable d'agression sexuelle sur une adolescente de 16 ans.
Un homme de 28 ans, sans-papiers, a été condamné le 4 mai 2026 par le tribunal judiciaire de Montauban à quatre ans de prison ferme pour agression sexuelle sur une adolescente de 16 ans à Moissac. Tout au long du procès, il a nié les faits, parlant d'« illusion d'optique » et de complot.
Un homme de 28 ans, né à Meknès au Maroc et en situation irrégulière en France depuis plus de huit ans, a été condamné le 4 mai 2026 par le tribunal judiciaire de Montauban à quatre ans de prison ferme pour agression sexuelle sur une adolescente de 16 ans à Moissac, dans le Tarn-et-Garonne. La peine inclut un maintien en détention, une interdiction définitive du territoire français, une inscription au fichier des délinquants sexuels et 5 000 euros de dommages et intérêts à la victime.
L’essentiel
- Jugement : 4 ans de prison ferme prononcés le 4 mai 2026 par le tribunal judiciaire de Montauban.
- Victime : une adolescente de 16 ans, désignée sous le pseudonyme Ambre dans la presse.
- Accusé : un homme de 28 ans, sans-papiers, originaire du Maroc, en France depuis plus de huit ans, détenu depuis deux ans avant le jugement.
- Peine complémentaire : interdiction définitive du territoire français et inscription au fichier des délinquants sexuels.
- Dommages : 5 000 euros accordés à la partie civile.
Les faits : un squat allée Montbello
Selon La Dépêche du Midi, l’agression s’est produite dans un appartement squatté situé allée Montbello, à Moissac. L’accusé, identifié sous le prénom Ayoub dans les comptes rendus d’audience, était détenu depuis deux ans au moment du procès. La victime, une adolescente de 16 ans, est désignée sous le pseudonyme Ambre.
Le procureur Yann Casas a insisté sur la vulnérabilité de la jeune fille. « Il ne l’a pas choisie par hasard, elle est jeune et vulnérable », a-t-il déclaré à l’audience, selon La Dépêche du Midi. L’avocate de la partie civile, Me Sandrine Roca, a ajouté que « ces minutes ont été un calvaire » pour la victime.
Une défense bâtie sur le déni
Durant l’audience, l’accusé a rejeté l’ensemble des charges. Face à une photographie présentée comme élément à charge, il a avancé l’argument d’une « illusion d’optique ». Il a également évoqué un complot orchestré par des amis de la victime, affirmant « Je ne la connais pas » et « Je suis en prison pour rien depuis deux ans », toujours selon La Dépêche du Midi.
Le parquet n’a pas retenu ces arguments. Le tribunal a prononcé la culpabilité et la peine maximale réclamée.
Une peine lourde, assortie d’une expulsion définitive
Outre les quatre ans ferme, la sentence prononcée le 4 mai 2026 comprend plusieurs mesures complémentaires. L’interdiction définitive du territoire français signifie qu’à l’issue de sa peine, l’homme devra quitter le pays. Son inscription au fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes (FIJAISV) est également ordonnée. Les 5 000 euros de dommages et intérêts sont alloués à la victime via la partie civile.
À ce stade, aucune information publique ne précise si un appel a été interjeté, selon les sources disponibles.
Contexte dans le Tarn-et-Garonne
Moissac compte environ 13 500 habitants, dont près de 11 % d’immigrés selon les données INSEE de 2020, avec une présence notable de ressortissants d’Afrique du Nord. La commune est le principal pôle urbain de l’ouest du département, après Montauban et Castelsarrasin - ville où un nouveau sous-préfet a récemment été installé.
Le Tarn-et-Garonne a déjà été confronté à des affaires d’agressions sexuelles sur mineurs. En 2019, un éducateur sportif avait été mis en examen pour des attouchements sur huit fillettes âgées de 5 à 9 ans à Montesquieu, commune voisine de Moissac, selon France 3 Occitanie. Ce dossier avait mis en lumière des défaillances dans la signalisation des faits aux autorités.
Plus récemment, les tensions politiques locales ont aussi traversé le département : des fractures internes à la gauche tarn-et-garonnaise ont éclaté au grand jour ces dernières semaines. Et à Moissac même, l’actualité sportive s’est récemment illustrée avec le titre remporté par l’AS Moissac féminine lors d’un tournoi inter-départements.
Au plan national, les violences sexuelles enregistrées ont augmenté de 8 % en 2025 par rapport à 2024, selon le ministère de l’Intérieur. Sur 132 300 victimes recensées cette année-là, 58 % étaient mineures.
Lizac, Moissac : une actualité judiciaire dense dans le 82
Ce jugement intervient dans un département régulièrement confronté à des faits divers graves. Il y a quelques jours, une explosion de gaz dans une grange à Lizac avait mobilisé les secours, blessant une pompière et nécessitant l’évacuation d’un octogénaire.
Le jugement du 4 mai 2026 est définitif dans sa forme actuelle, sauf appel. La date d’une éventuelle procédure d’expulsion reste à préciser par les services préfectoraux.
Sources
- La Dépêche du Midi : C'est une illusion d'optique : à Moissac, un sans-papiers accusé d'avoir sexuellement agressé une ado de 16 ans condamné à 4 ans de prison
- France 3 Occitanie : Tarn-et-Garonne : les agressions sexuelles sur mineures d'un éducateur sportif ignorées pendant des années
- Ministère de l'Intérieur : Victimes de violences physiques et sexuelles enregistrées en hausse en 2025
- INSEE : Statistiques communales – Moissac (82112)