Montauban : un commandant menacé d’égorgement, l’assaillant criait « Allah Akbar »

L'incident du 18 avril ravive les craintes sécuritaires dans une ville déjà marquée par l'attentat de 2012.

Montauban : un commandant menacé d’égorgement, l’assaillant criait « Allah Akbar »
Illustration Jérôme Barthas / info.fr

Un commandant de l'armée a été menacé d'égorgement le 18 avril 2026 à Montauban par un individu criant « Allah Akbar ». L'affaire intervient dans une ville qui abrite le 17e régiment du génie parachutiste et qui porte encore le souvenir des tueries de Mohamed Merah. Une plainte a été déposée.

Les faits se sont produits le 18 avril 2026 à Montauban, préfecture du Tarn-et-Garonne. Un officier, commandant dans l’armée française, a été approché par un individu qui l’a menacé de l’égorger tout en criant « Allah Akbar ». L’agression est restée verbale. La qualification retenue et l’identité de l’auteur présumé n’ont pas été précisées à ce stade par les autorités locales.

Selon le Code de justice militaire, article L323-12, les outrages et menaces envers des militaires sont passibles de jusqu’à cinq ans d’emprisonnement. La procédure classique prévoit le dépôt d’une plainte au commissariat ou à la gendarmerie, suivie d’une enquête ouverte par le procureur de la République, comme le rappelle le ministère de l’Intérieur sur son site masecurite.interieur.gouv.fr.

Une ville marquée par le souvenir de 2012

Montauban n’est pas une ville anodine dans l’histoire de la menace terroriste contre l’armée française. Le 15 mars 2012, Mohamed Merah y avait assassiné trois soldats du 17e régiment du génie parachutiste, unité toujours en garnison dans la ville et composante de la 11e brigade parachutiste, selon l’Assemblée nationale. Sept personnes avaient été tuées au total dans la région lors de cette série d’attaques.

La présence permanente de militaires dans l’agglomération en fait une cible potentielle identifiée. L’incident du 18 avril réactive ce contexte mémoriel et sécuritaire, sans que les autorités aient, pour l’heure, établi publiquement un lien avec une organisation ou une idéologie structurée.

Un département où les violences progressent

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L’agression s’inscrit dans un département où la délinquance est en hausse mesurable. Selon Le Journal Toulousain, les victimes de coups et blessures dans le Tarn-et-Garonne sont passées de 842 en 2021 à 1 131 en 2025, soit une progression de 34,3 %. Les violences intrafamiliales ont, elles, bondi de 38,7 % sur la même période. Au niveau national, les violences physiques ont progressé de 5 % en 2025.

Des incidents impliquant des militaires ont déjà eu lieu dans la zone en 2025 : le 7 octobre, un individu avait agressé une femme et un militaire à Montauban avant de voler un véhicule, selon Actu.fr. Ces faits, distincts dans leur nature, témoignent d’un environnement local sous tension.

La réaction sur les réseaux sociaux a été immédiate, avec des commentaires mêlant indignation et débats sur la sécurité des militaires en dehors des bases. Le parquet de Montauban n’a pas communiqué sur d’éventuelles suites judiciaires au moment de la publication de cet article.

Prochaine étape : l’ouverture ou non d’une enquête par le procureur de Montauban déterminera la suite donnée à la plainte. Aucune date d’audience n’a été annoncée à ce stade.

Sources

Jérôme Barthas

Jérôme Barthas

Correspondant à Montauban, suit l'agriculture fruitière, les tensions sur l'eau, les débats sur la viticulture et les projets routiers. Formé à l'IJBA Bordeaux, il a grandi dans le Tarn-et-Garonne. Posture éditoriale : interroger les arboriculteurs, les syndicats agricoles, les élus, vérifier les données de consommation d'eau avant de conclure.

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