À Montbéliard, l’ESS crée des emplois là où l’industrie vacille

Dans un bassin fragilisé par la crise industrielle, les structures d'insertion et coopératives locales ont progressé de 0,5 % en 2024.

À Montbéliard, l'ESS crée des emplois là où l'industrie vacille
Illustration Céline Vasseur / info.fr

Pendant que l'économie privée perd du terrain, l'économie sociale et solidaire du Pays de Montbéliard tient. En 2024, le secteur a affiché une hausse de 0,5 % des emplois salariés dans le Doubs, portée notamment par 18 structures d'insertion actives sur le territoire.

Le chiffre est modeste, mais il tranche avec la tendance générale. Dans le Doubs, l’économie sociale et solidaire (ESS) a enregistré une progression de 0,5 % des emplois salariés en 2024, alignée sur la moyenne nationale, selon Les Echos. À Montbéliard, bassin historiquement dépendant de l’automobile, ce résultat prend un relief particulier.

Dix-huit structures pour maintenir des parcours d’insertion

Le Pays de Montbéliard Agglomération (PMA) compte 18 Structures d’Insertion par l’Activité Économique (SIAE), réparties dans des secteurs variés, selon le site officiel de PMA. Elles constituent le cœur du dispositif local. Pour orienter les demandeurs d’emploi vers ces structures, l’agglomération a mis en place l’Institut de l’Entreprise et de l’Innovation Sociale (IDEIS), opérationnel depuis 2024.

Le soutien financier est conséquent. Le Département du Doubs a mobilisé 2,5 millions d’euros via le Fonds Social Européen en 2024, dont plus de 2 millions fléchés vers les parcours d’accompagnement en SIAE. Résultat : 350 équivalents temps plein financés et 800 contrats d’insertion conclus dans l’année, selon le rapport annuel 2024 du Département. Le Salon Doubs pour l’emploi 2024 a, lui, réuni 3 000 personnes et débouché sur près de 250 recrutements, dont une part dans l’ESS.

Un modèle qui résiste mieux aux crises

Publicité

La résilience de l’ESS n’est pas propre au territoire. En France, les coopératives ont maintenu un emploi stable à 915 000 salariés en 2022, avec une croissance de 0,3 % par rapport à 2020, selon une étude publiée par The Conversation. Sur la même période, les emplois dans l’économie privée hors ESS ont reculé de 2 %, selon CoopFR.

À Montbéliard, cette stabilité structurelle s’appuie désormais sur des projets concrets. La convention GUSP 2025-2030, signée par la Ville, intègre des actions d’économie circulaire en lien avec les SIAE locales, selon le document officiel. Par ailleurs, le projet MIAM au centre social L’Envol - soutenu par la Ville et PMA - vise à développer une parcelle solidaire pour l’inclusion sociale et l’emploi durable, depuis 2025, selon le rapport d’orientations budgétaires 2026 de la commune.

Prochaine étape : la mise en œuvre opérationnelle de la GUSP 2025-2030 et l’évaluation budgétaire du projet MIAM sont attendues en 2026. Le modèle ESS montbéliardais sera alors soumis à un premier bilan d’ensemble.

Sources

Maxime Joly

Maxime Joly

Correspondant à Besançon, suit l'horlogerie, la microtechnique, les tensions sur la ligne TGV Rhin-Rhône et les débats sur la biodiversité dans le Jura. Formé à l'ESJ Lille, il a couvert plusieurs régions avant de s'ancrer dans le Doubs. Principe : connaître les PME, les syndicats, les chercheurs de l'université, vérifier les carnets de commandes avant de publier.

Publicité
Lien copié !
× Infographie agrandie