Montpellier : les avocats mobilisés ce lundi pour une journée « justice morte »
Un rassemblement est prévu à 12h devant le tribunal judiciaire pour protester contre le projet de loi SURE, dont l’examen débute le 30 juin à l’Assemblée.
Ce lundi 29 juin 2026, le Barreau de Montpellier organise une journée « justice morte » avec un rassemblement à 12h devant le tribunal judiciaire. Les avocats protestent contre le projet de loi sur la justice criminelle, porté par Gérald Darmanin, malgré le retrait récent de la mesure du plaider-coupable criminel.
L’essentiel
- Rassemblement : ce lundi 29 juin à 12h devant le tribunal judiciaire de Montpellier, à l’appel du Barreau local.
- Motif : contestation du projet de loi criminelle SURE, en discussion à l’Assemblée nationale dès le 30 juin.
- Mobilisation : toutes les audiences pénales sont renvoyées pour cette journée de grève nationale.
Un rassemblement devant le tribunal judiciaire
Ce lundi 29 juin, les avocats montpelliérains sont appelés à se rassembler à midi devant le tribunal judiciaire, place Pierre-Flotte, pour une journée « justice morte ». L’initiative émane du Barreau de Montpellier, qui a officiellement invité ses membres à cesser toute activité pénale pendant vingt-quatre heures. Concrètement, les avocats déposent des demandes de renvoi systématique pour l’ensemble des audiences pénales prévues ce jour-là, paralysant de fait l’activité du tribunal. Le mouvement est national : plusieurs barreaux, dont celui de Paris, suivent le même mot d’ordre.
La loi SURE dans le viseur
La contestation vise le projet de loi sur la justice criminelle et le respect des victimes, dit « loi SURE », porté par le garde des Sceaux Gérald Darmanin. Présenté en Conseil des ministres le 18 mars, ce texte a été adopté avec modifications par le Sénat le 14 avril. Le gouvernement a certes retiré le 10 juin la mesure controversée du « plaider-coupable » en matière criminelle, mais la profession estime que le texte reste dangereux pour les droits de la défense.
Les avocats dénoncent notamment la réforme des nullités de procédure, qui limiterait les possibilités de contester des vices de forme, l’allongement de la détention provisoire et l’extension du fichage génétique. Selon le Conseil national des barreaux (CNB), ces dispositions « portent une atteinte grave aux principes fondamentaux du procès équitable ». Le Syndicat des avocats de France (SAF) et la Ligue des droits de l’homme (LDH) soutiennent également la mobilisation.
Un mouvement national suivi localement
La journée « justice morte » s’inscrit dans un mouvement de grève lancé à l’échelle nationale. À Paris, le Barreau de Paris a également appelé ses avocats à ne pas plaider ce lundi. À Montpellier, le rassemblement de midi est destiné à montrer l’unité de la profession. « Le texte SURE reste inacceptable malgré le recul sur le plaider-coupable », indique une communiqué diffusé par l’ordre des avocats de Montpellier. Le Barreau local, l’un des plus importants de la région Occitanie, compte environ 800 avocats.
Contexte dans l’Hérault
Montpellier est le siège de l’un des principaux tribunaux judiciaires de l’Hérault, avec une activité pénale soutenue. Le département compte également des juridictions à Béziers et Lodève. La mobilisation des avocats montpelliérains s’inscrit dans une tradition de contestation des réformes de la justice : en 2023 déjà, le barreau local s’était opposé à la réforme de la carte judiciaire. Cette fois, le mouvement est amplifié par la proximité du débat parlementaire. Dans le même temps, d’autres faits marquent l’actualité régionale : un incendie nocturne a brûlé 1,5 hectare dans le Gard voisin, tandis que la campagne pour les sénatoriales 2026 se poursuit dans la région.
Prochaine étape : le débat à l’Assemblée
La journée de grève intervient à la veille d’une échéance cruciale : le lundi 30 juin 2026, l’Assemblée nationale doit entamer l’examen en séance publique du projet de loi SURE. Les avocats espèrent que cette mobilisation forcera le gouvernement à retirer les dispositions contestées. Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a jusqu’ici indiqué ne pas vouloir revenir sur le texte. La profession promet de poursuivre la contestation si ses demandes ne sont pas entendues.