Montredon-des-Corbières : un parc solaire de 4,95 MWc inauguré sur une ancienne casse dépolluée
7 500 modules, 443 000 € de financement citoyen et 670 tonnes de terres polluées évacuées la centrale est en service depuis juin 2026.
Le parc photovoltaïque Elements Montredon a été inauguré le 4 juin 2026 à Montredon-des-Corbières, dans l'Aude. Développée par le groupe Elements sur le site d'une ancienne casse automobile assainie, la centrale de 4,95 MWc doit produire l'équivalent de la consommation annuelle de 3 000 foyers.
L’essentiel
- Inauguration : 4 juin 2026, parc photovoltaïque Elements Montredon, commune de Montredon-des-Corbières (Aude, 1 477 hab. selon INSEE 2022).
- Capacité : 4,95 MWc, plus de 7 500 modules, production estimée à 6,3 GWh/an, soit l’équivalent de 3 000 foyers.
- Financement participatif : 443 000 € collectés via Lendopolis (taux 6,50 %, 4 ans, 136 investisseurs), objectif atteint à 100 %.
- Dépollution : 670 tonnes de terres contaminées, 1 388 tonnes de gravats et 11,5 tonnes de pneus évacués avant installation.
- Genèse : projet initié en mars 2022 par appel à manifestation d’intérêt de la commune.
Une inauguration officielle le 4 juin
Le sous-préfet de Narbonne était présent le 4 juin 2026 pour inaugurer la centrale solaire au sol des lieux-dits Le Moulin et Camp Auriol, à Montredon-des-Corbières. La préfecture de l’Aude a annoncé l’événement via ses canaux officiels, soulignant l’engagement de l’État pour les énergies renouvelables en Occitanie.
Le maire Jean-Marc Jansana, élu depuis 2020 et vice-président du Grand Narbonne, avait lancé le processus dès mars 2022 par un appel à manifestation d’intérêt. C’est le groupe Elements, via sa filiale SAS Soleil Elements 52, qui a remporté ce processus et porté le projet jusqu’à sa mise en service, prévue initialement mi-mai 2026 selon le promoteur.
7 500 modules sur une friche assainie
Le site retenu était une ancienne casse automobile. Avant toute installation, le groupe Elements a conduit une dépollution complète des sols : 670 tonnes de terres contaminées, 1 388 tonnes de gravats et 11,5 tonnes de pneus ont été évacués, selon les données publiées par le promoteur sur son site de suivi de chantier.
La centrale compte plus de 7 500 modules photovoltaïques pour une puissance totale de 4,95 MWc. La production annuelle est estimée à 6,3 GWh, soit l’équivalent de la consommation électrique de 3 000 foyers, hors chauffage. Maguelone Cusy, cheffe de projets photovoltaïques chez Elements, est citée comme interlocutrice principale du dossier dans les registres de l’enquête publique.
Un financement citoyen bouclé à 100 %
Le projet a fait appel à l’épargne locale et nationale via la plateforme Lendopolis. L’objectif de 443 000 € a été atteint dans sa totalité, avec 136 investisseurs au taux de 6,50 % sur quatre ans. Le projet est lauréat de l’appel d’offres PPE2 (Programmation pluriannuelle de l’énergie), ce qui lui garantit un tarif d’achat réglementé pour l’électricité produite.
Ce mécanisme de financement participatif, de plus en plus utilisé sur les projets solaires en région, permet d’associer directement les riverains et citoyens à la rentabilité d’une installation. À titre de comparaison, des projets similaires dans l’Hérault ou le Gard ont mobilisé des fourchettes comparables via les mêmes plateformes ces dernières années.
Contexte dans l’Aude
Montredon-des-Corbières compte 1 477 habitants sur 17,15 km² (INSEE 2022). La commune est située dans le vignoble des Corbières, à une quinzaine de kilomètres au sud-ouest de Narbonne. Le territoire de l’Aude bénéficie d’un ensoleillement parmi les plus élevés de France métropolitaine, ce qui en fait un terrain privilégié pour le développement solaire.
Le département accueille plusieurs projets photovoltaïques au sol depuis le début des années 2020, souvent sur des friches industrielles ou agricoles dégradées. La reconversion d’une casse automobile - site potentiellement pollué aux hydrocarbures - en centrale solaire reste un cas relativement peu fréquent dans la région, en raison des coûts de dépollution préalable. Le projet a nécessité une dérogation espèces protégées, accordée par arrêté préfectoral à SAS Soleil Elements 52, après enquête publique ouverte fin septembre 2024, comme l’avait rapporté L’Indépendant.
Pour d’autres exemples d’inaugurations portées par la préfecture en Occitanie, on peut consulter l’inauguration récente à La Ségalassière, également soutenue par un représentant de l’État.
Un parcours administratif de quatre ans
De l’appel à manifestation d’intérêt de mars 2022 à l’inauguration de juin 2026, le projet a suivi un parcours de quatre ans. L’enquête publique s’est tenue fin septembre 2024 sur le permis de construire déposé par SAS Soleil Elements 52. Les autorisations préfectorales ont suivi, avant le démarrage effectif du chantier et la mise en service début 2026.
Ce délai de quatre ans entre le lancement communal et la mise en service illustre les contraintes administratives et environnementales qui encadrent les projets solaires au sol en France, notamment lorsqu’ils impliquent une dépollution de site classé. À titre de comparaison, des projets similaires de même envergure dans l’Hérault ou les Pyrénées-Orientales ont connu des délais équivalents.
La centrale est désormais raccordée au réseau. Le groupe Elements n’a pas communiqué à ce stade sur la date de remboursement prévisionnelle pour les 136 prêteurs Lendopolis, qui court jusqu’à l’échéance des quatre ans contractuels.