Morbihan : les agriculteurs étranglés par la flambée du carburant et des engrais
Depuis le déclenchement du conflit au Moyen-Orient, le GNR a doublé à 1,20 €/litre, plombant la trésorerie des exploitations du département.
Dans le Morbihan, les agriculteurs font face à une explosion des coûts d'approvisionnement depuis février 2026. Carburant, engrais, intrants : la facture s'alourdit chaque mois. FDSEA et Jeunes Agriculteurs réclament des mesures d'urgence.
Le chiffre est parlant. Selon Nicolas Chesnin, secrétaire général de la FDSEA du Morbihan et producteur de lait à Nivillac, un agriculteur du département débourse en moyenne 1 800 euros de plus par mois qu’en 2025 en carburant. Pour ceux qui pratiquent la culture du maïs, le surcoût peut grimper jusqu’à 4 000 euros sur une campagne de 40 hectares, selon ICI Bretagne.
La cause directe : le prix du GNR (gazole non routier) a doublé depuis le déclenchement du conflit au Moyen-Orient le 28 février 2026, passant de 0,60 à 1,20 euro le litre. «Pour l’ensileuse qui récolte l’herbe, on a un surcoût de 100 euros de l’heure. Ça paraît ahurissant», a déclaré Nicolas Chesnin à ICI Bretagne.
Les engrais aussi s’envolent
Le carburant n’est pas seul en cause. Les prix des engrais azotés ont bondi de 500 à 800 euros la tonne en un mois, selon France Info. Face à cette hausse, nombre d’agriculteurs réduisent les doses appliquées - au risque de peser sur les rendements à venir. La situation aggrave une crise déjà installée : en 2025, les ammonitrates avaient déjà augmenté de 10 % et l’urée de 14 % par rapport à 2024, selon une enquête de l’AGPB.
Parlementaires en écoute, mais attente de résultats concrets
Le 17 avril 2026, la FDSEA et les Jeunes Agriculteurs du Morbihan ont tenu une réunion dans une exploitation laitière de Saint-Avé avec des parlementaires du département, selon Actu.fr. Deux demandes principales : une baisse des taxes sur le GNR et la relance des négociations commerciales sur les prix d’achat en grande surface.
Le gouvernement a annoncé le 23 mars 2026 un ensemble de mesures d’urgence - prêt carburant, reports de cotisations MSA - , selon le ministère de l’Agriculture. La ministre Annie Genevard a également évoqué un «grand plan engrais» à venir, sans calendrier précis communiqué à ce stade.
Déjà une mobilisation en janvier
Ce n’est pas la première alerte. En janvier 2026, une vingtaine de tracteurs de la Coordination Rurale du Morbihan avaient circulé sur la voie express à Ploërmel pour protester contre l’accord Mercosur et les importations à bas coût, selon Ouest-France. La crise des revenus agricoles s’étend désormais sur une troisième année consécutive.
Prochaine étape : les télédéclarations PAC pour les aides animales (bovins, ovins, caprins) restent ouvertes jusqu’au 15 mai 2026 via TéléPAC, rappelle la préfecture du Morbihan. Les exploitants du département sont invités à ne pas tarder.
Sources
- ICI Bretagne : "J'en suis déjà à 4.000 euros de surcoût" : les agriculteurs du Morbihan subissent la flambée des prix des carburants
- Actu.fr : Surcoût, taxes, actions... Que font les agriculteurs face à la hausse du prix du carburant
- Ouest-France : Dans le Morbihan, les tracteurs de la Coordination rurale manifestent sur la voie express
- Ministère de l'Agriculture : Crise de l'énergie : le Gouvernement annonce un ensemble de mesures en faveur du monde agricole