Morbihan : six ans de prison ferme requis contre un ex-gendarme inspecteur de l’enfance
Pierre Jean Mahé, 53 ans, est jugé à Lorient pour deux agressions sexuelles et cinq harcèlements sur six jeunes placées à l'ASE entre 2014 et 2018.
Le tribunal judiciaire de Lorient a examiné le 27 avril 2026 le dossier d'un ancien gendarme de Plœmeur devenu inspecteur à l'Aide sociale à l'enfance du Morbihan. La procureure a requis six ans de prison ferme contre Pierre Jean Mahé, 53 ans, pour agressions sexuelles et harcèlement sur d'anciennes bénéficiaires de l'ASE. Jugement attendu le 18 mai 2026.
Le tribunal judiciaire de Lorient a examiné le 27 avril 2026 le dossier d’un ancien gendarme de Plœmeur devenu inspecteur à l’Aide sociale à l’enfance du Morbihan. La procureure a requis six ans de prison ferme contre Pierre Jean Mahé, 53 ans, pour agressions sexuelles et harcèlement sur d’anciennes bénéficiaires de l’ASE. Jugement attendu le 18 mai 2026.
L’essentiel
- Réquisitions : six ans de prison ferme, mandat de dépôt et dix ans d’interdiction d’exercer avec des mineurs requis par la procureure Laëtitia Mirande.
- Faits retenus : deux agressions sexuelles (dont une avec abus d’autorité) et cinq cas de harcèlement sexuel sur six anciennes bénéficiaires de l’ASE, âgées de 18 à 21 ans au moment des faits.
- Procédure : enquête ouverte en juin 2018 après les premières plaintes, soit huit ans de procédure ; procès le 27 avril 2026 à Lorient.
- Jugement : décision attendue le 18 mai 2026.
- Antécédents : l’accusé avait été recruté à l’ASE en 2014 malgré deux condamnations antérieures pour violences, selon Ouest-France.
Six ans requis, mandat de dépôt demandé
À l’audience du 27 avril, la procureure Laëtitia Mirande a requis six ans d’emprisonnement ferme, assortis d’un mandat de dépôt immédiat. Elle a également demandé dix ans d’interdiction d’exercer toute activité en contact avec des mineurs. Selon Le Figaro et France 3 Bretagne, la magistrate a qualifié le comportement de l’accusé de « sexiste, mensonger et manipulateur ».
Pierre Jean Mahé, 53 ans, originaire de Plœmeur, conteste l’ensemble des accusations. Selon Le Télégramme, il évoque une « trop grande implication professionnelle » et réfute toute intention sexuelle. Son avocat a mis en avant une « faute professionnelle » sans séduction délibérée.
Six victimes, des témoignages concordants
Six anciennes bénéficiaires de l’ASE sont parties civiles. Elles étaient âgées de 18 à 21 ans au moment des faits reprochés, survenus entre 2014 et 2018. Les témoignages recueillis décrivent des comportements répétés : remarques sur leur physique, cadeaux, promesses d’aide, sollicitations. Deux dossiers ont abouti à une qualification d’agression sexuelle, dont l’un avec circonstance aggravante d’abus d’autorité, rapporte Ouest-France.
Selon Ouest-France, l’une des victimes, aujourd’hui âgée de 25 ans, a déclaré que l’accusé « a fini par la détruire » après avoir été « cassée dès le départ ». Une autre a utilisé la formule « je lui appartenais », selon Le Télégramme.
Un recrutement à l’ASE malgré des condamnations antérieures
Pierre Jean Mahé avait intégré l’ASE du Morbihan en 2014, après une carrière dans la gendarmerie à Plœmeur. Selon Ouest-France, deux condamnations pour violences figuraient alors à son casier : l’une contre son ex-femme, l’autre en 2013 pour des violences commises lors d’une interpellation en tant que gendarme. Les modalités de son recrutement malgré ces antécédents n’ont pas été détaillées lors de l’audience.
L’enquête a débuté par une garde à vue en juin 2018, après les premières plaintes. Les faits avaient initialement été qualifiés de viols avant requalification en agressions sexuelles, précise France 3 Bretagne. La procédure aura duré huit ans au total avant d’aboutir à ce procès.
Contexte dans le Morbihan
L’affaire touche directement l’ASE du Morbihan, service du Conseil départemental chargé de la protection de l’enfance. En 2023, selon les données publiées par le Département, environ 1 600 enfants et jeunes de 0 à 21 ans bénéficiaient de mesures d’aide sociale à l’enfance dans le département, avec un taux de placement de 2,0 % des mineurs, inférieur à la moyenne nationale.
Ce n’est pas la première affaire de ce type dans ce service. En 2018-2019, un autre inspecteur ASE du Morbihan avait été mis en examen pour viol sur une mineure, selon Ouest-France, provoquant une crise au sein de la protection de l’enfance morbihannaise. Le parquet de Lorient est ainsi régulièrement sollicité sur des dossiers sensibles touchant à la protection des personnes vulnérables dans le département.
Le département compte environ 750 000 habitants. Lorient, deuxième ville du Morbihan avec quelque 57 000 habitants, est le siège du tribunal judiciaire compétent pour ces affaires. La ville concentre une partie significative de l’activité judiciaire bretonne du sud.
La question du contrôle des antécédents lors des recrutements dans les services de protection de l’enfance est posée depuis plusieurs années au niveau national. Les conditions précises dans lesquelles le Département du Morbihan avait recruté Pierre Jean Mahé en 2014 n’ont pas fait l’objet d’une communication officielle à ce stade.
Des réquisitions lourdes, la défense plaide la relaxe partielle
Les réquisitions de six ans ferme se situent dans le haut de la fourchette pour des faits d’agression sexuelle aggravée, qui sont passibles d’une peine maximale de dix ans en droit français. La demande de mandat de dépôt signifie que la procureure souhaite une incarcération immédiate à l’issue de l’audience, sans attendre l’éventuel épuisement des voies de recours.
La défense de Pierre Jean Mahé n’a pas détaillé publiquement ses arguments lors de l’audience du 27 avril. L’accusé maintient sa version d’une implication professionnelle mal interprétée, selon les différents médias présents à l’audience. Le Morbihan suit ce dossier de près, alors que les institutions départementales sont directement concernées par le fonctionnement passé de leur service ASE.
Le tribunal correctionnel de Lorient rendra sa décision le 18 mai 2026. La défense dispose ensuite d’un délai légal pour faire appel en cas de condamnation.
Sources
- Le Parisien : Dans le Morbihan, de la prison ferme requise contre un ex-gendarme devenu inspecteur à l'enfance pour des agressions sexuelles
- France 3 Bretagne : De la prison ferme requise à l'encontre d'un ancien inspecteur de l'aide à l'enfance pour agressions sexuelles
- Ouest-France : Six ans de prison ferme requis contre l'inspecteur à l'enfance du Morbihan
- Le Télégramme : « Je lui appartenais » : devant le tribunal de Lorient, « la mécanique » de l'ex-inspecteur de l'ASE poursuivi pour agressions sexuelles